vendredi 13 novembre 2009

Questions d'éducation

Ma cousine effectue un retour aux études au Cégep. Elle fait un AEC en éducation spécialisée. Ses profs la louangent de toutes parts, lui proposant de continuer vers l'université, lui disant qu'elle a sans l'ombre d'un doute les capacités et le talent pour faire un bac.

Elle m'envoie par courriel la semaine passée un travail d'analyse sur le film Forrest Gump , qu'elle voudrait bien que je lui corrige car elle est un peu dans le jus - construction de sa maison, pied cassé, deux adorables petites filles à s'occuper,je vous passe les détails)

J'accepte avec plaisir, et c'est aujourd'hui que je me dis, allons-y, corrigeons !

...Je suis déprimée.

Je ne sais pas si c'est la formation continue qui est moins exigeante envers ses étudiants que la formation régulière, ou si c'est - voici un jugement gratuit - les programmes techniques qui en demandent moins également, mais son travail...son travail...je n'ai pas de mots. Niveau secondaire 1 pour ce qui est de la construction de texte et de la syntaxe ? Secondaire 2 pour l'orthographe ?!

Ma cousine est une fille brillante ,elle a complété son secondaire, et fait un DEP pour devenir préposée aux bénéficiaires. Mais ...je ne comprends pas. Au Cégep, ils ne lui ont pas donné des cours de méthodologie ? Pas de cours de base pour la rédaction de travaux, la mise en page, les trucs élémentaires ?

On m'a répété pratiquement chaque jour durant mes deux ans de DÉC, et encore maintenant, de ne jamais au grand jamais citer Wikipédia dans un travail. JAMAIS. C'était, aux dires de mes profs, la plus grande insulte à l'intelligence humaine parce que Wikipédia est pas fiable, est pas une source très rigide, parce que tout le monde peut y écrire, etc, etc, etc.

Enfin, le travail de ma cousine est très, plus que médiocre et je m'interroge sérieusement sur le bien-fondé de la formation continue. Oui, on offre la chance à des adultes de retourner aux études dans le secteur technique, mais est-ce que la formation offerte est équivalente à celle que l'on offre dans le programme régulier ? Pourquoi ne pas être plus sévère ? Exercer une rigueur de correction équivalente à celle que l'on impose aux autres étudiants ?

J'ai, dans plusieurs de mes cours, des petites madames qui retournent aux études et qui , visiblement, ne comprennent rien à rien, même après presque une session. Elles sont perdues, posent des questions trois fois plutôt qu'une pour être absolument certaines d'avoir tout compris, et blablabla.

Je fais peut-être preuve de peu de tolérance mais je ne comprends pas. Pourquoi ne pas élaborer un cours de préparation aux études collégiales ou universitaires à offrir durant l'été quelques jours en intensif, ou juste deux ou trois journées de préparation avant le début des classes. Donnez les grandes lignes de base pour ceux qui auraient pu oublier comment ça fonctionne. Rassurez et cajolez ses étudiants-adultes qui ont souvent bien plus de pression qu'on ne le pense.

Et le pire c'est que...ça ralentit vraiment les cours. Pour vrai de vrai. Et c'est fatiguant pour ceux qui ont compris.

Vous me direz que plusieurs fois, ce sont des jeunes qui ne saisissent rien. Oui, c'est vrai. Mais ce que j'ai pu constater tend à me prouver que dans une proportion admirable, ce sont surtout ces personnes qui ont oublié un petit peu à quoi ressemble la vie étudiante qui ralentissent les cours.

Peut-être que ça se tasse après la première session, voire après la première année, je n'en sais rien. Je serai peut-être un jour une de ces petites madames qui retournent en enseignement après avoir échoué dans mes plans de théâtre et de littérature, mais présentement...voilà, je chiale et je l'assume.

Inscription le 26 novembre

D'ici là, 12 places dans le cours de Corpus, 1 place dans celui de danse-théâtre, 1 place dans celui de socio-critique, 46 dans le cours de méthodologie et 43 dans littérature&langage.

Je suis découragée, parce que présentement mon horaire est parfait, je le veux tellement comme ça, je veux rien modifier encore!

Je me suis rendue compte que j'étais déjà membre du centre sportif de l'UQAM et je compte rentabiliser ces 40 quelques dollars que je paie chaque session à fond pour cet hiver. Comme mes cours sont plutôt en trous de fromages, et que j'ai beaucoup - trop - de cours de soirs, je me suis schédulée des périodes de sport chaque jour, pour me motiver à aller à l'école.

De plus, selon la conférence que j'ai eu la semaine dernière, le sport favorise la concentration à l'école, et Dieu seul sait à quel point j'ai besoin d'être concentrée, surtout en hiver, quand ma motivation chute toujours sous la dangereuse barre du zéro.

Alors ce sera aqua-jogging, abdos-cuisses-fesses (haha) et un midi d'aérobique dansée.

C'est juste une habitude à avoir, me dit-on tout le temps, me répétait ad nauseum Minou. Ben je vais l'expérimenter. Je rentre ces plages-là dans mon horaire et je les considère dès lors comme des cours. Il faut que je me rende au bout, sinon je vais échouer.

Ouhla...c'est encore loin, encore 12 jours avant l'inscription. Et ma mère me dit, ne t'en fais pas, si le cours de danse-théâtre est pour toi, cette place-là ne se comblera pas.

Et moi je vais invariablement vérifier chaque jour si la place est prise. Ehlala...ehh misère.

jeudi 12 novembre 2009

Ma belle bague en boutons

Ça faisait longtemps que je l'avais pas mis, ma belle bague en boutons.

J'avais acheté ça sur un coup de tête, moi je porte jamais de bagues.

J'ai frisé mes cheveux un peu mais pas comme quand on sort dans un bar, juste ondulés, juste beaux, comme ma belle bague.

C'est une bague tout croche, un peu trop grande, avec un grand bouton irrégulier rose, et des plus petits blancs et bleus qui font comme si c'était une fleur.

Je la mettais plus ben ben, ma belle bague. C'était pas trop...ça cadrait pas tellement avec la nouvelle Amélie sérieuse et responsable, future enseignante au primaire, amoureuse d'un homme terne mais merveilleux.

La vraie Amélie, elle met des grosses bagues achetées sur un coup de coeur, elle porte deux foulards en même temps, elle va à la brasserie du coin les jeudi soir boire une grosse Alexander Keith Red pis elle aime ça, la vie, même si c'est pas facile, même si ça serait don ben plus simple parfois d'être une Catherine ou une Andréanne ou une Marie-Ève.

Ma belle bague en boutons elle me rappelle d'où je viens, qui je suis, et pourquoi je peux pas jouer trop longtemps à être une autre dans la vie quotidienne.

Nonnnn....

Il ne reste plus qu'une seule place pour le cours de Danse-Théâtre.

Et il me reste encore 12 ou 13 longs jours avant de pouvoir m'inscrire.

Je ferai mieux de lui dire dès maintenant...adieu.

mercredi 11 novembre 2009

La fois où j'ai vu deux personnes tomber en amour dans le métro sous mes yeux attendris

Ça m'est arrivé tantôt. Je lisais passionnément une pièce de théâtre, et je regardais du coin de l'oeil un drôle de garçon qui lisait une pièce lui aussi, en biais de mon siège. Il était blond, il était beau, avec une barbe qui me fait craquer, et je me rappelle, je me suis dis, wow, j'oserai jamais aborder quelqu'un comme ça dans le métro, mais maudit que ça me tenterait.

Puis cette fille-là est entrée, une fille pas spécialement jolie, pas spécialement laide non plus, avec des grands vêtements amples et beaucoup de tuques de laine. Elle s'est assise devant lui, a fait un grand sourire et a sorti un cahier de dessin et un crayon. Elle s'est mis à crayonner, à tracer, à effacer.

Elle dessinait le drôle de garçon qui lisait une pièce dans le métro.

Il l'a regardé longtemps, assez pour qu'elle lève les yeux et qu'elle lui demande, est-ce que ça te dérange si je te dessine ?
Il a ri, il avait un rire vraiment charmant, il a dit, non non mais je débarque à la station Guy-Concordia, il faut que tu te dépêches !

Il a débarqué à Charlevoix, finalement.

Je les ai perdu de vue dans les gens qui sont entrés à Lionel-Groulx mais de l'autre côté de la masse d'humains, j'entendais encore le gars rire & rire & rire.

Quand il est sorti du métro, il a dit, ne t'inquiète pas, Julie du Métro, on va se revoir bientôt.

Et la fille a rangé son calepin, l'air satisfaite.

J'avais envie de lui serrer la main en guise d'admiration.
Je lis des pièces drôlement bonnes à voix haute dans ma chambre en me prenant déjà pour ces personnages dont je ne connais encore que la surface.

J'écoute le nouvel album de Daniel Bélanger avec un sourire de béatitude.

J'ai pris une longue,très longue douche en chantant si fort mes chansons préférées dans le creux du mur, là où ça résonne vraiment bien.

Je me suis mise en pyjama, je vogue sur le net et je me sens drôlement bien, comme ça.

Un peu seule, mais doucement seule. Pas seule comme dans ça me fait mal, juste seule, et ça va être correct comme ça.

Ouais.

mardi 10 novembre 2009

Un de mes cours est complet, damn !

Voilà.

Adieu cours de Littérature & Psychanalyse !

Maintenant je dois refaire mon horaire au cas où.

Et il reste juste deux places dans le cours de danse-théâtre,god damn.