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9 juillet 2010

Discussion mouillée

Je discutais avec Amie-Lumière-Médecin en barbotant dans la piscine de ma peur de ne plus jamais pouvoir aimer comme j'ai aimé Minou.

ALM - '' Tu sais, Amélie...moi, je n'ai jamais aimé comme toi. "
M - '' Hein ?! ''
ALM - '' Non, jamais. Je sais pas ce que ça fait, tsé, d'être transcendé par la passion. ''
M - '' Ben là! Ça fait 1 an que tu es avec ton chum, tu dois avoir vécu ça au moins au début ! ''
ALM - '' Non, jamais. ''
M - '' Fuck...''
ALM - '' Je sais pas, j'ai une théorie comme quoi...tsé, certaines personnes comme moi sont trop rationnelles pour se laisser emporter par ça. Un moment donné, tu te dis, eille làlà, ça suffit ! et tu arrêtes de chercher la passion à tout prix. Mon chum, je sais pas si c'est l'homme de ma vie mais pour l'instant c'est ça qui est ça alors en attendant je vis avec.

Outre ma profonde envie de pleurer, son calme et sa... sérénité m'ont presque donné envie de la jalouser d'être juste...bien avec cette idée-là.

ALM - '' Tu sais quoi ? Moi je pense que ça va te prendre un gars pas mal terre-à-terre pour te faire descendre de ton nuage, un gars en finances ou en santé ou whatever, mais un gars qui fait pas de théâtre lui non plus, juste pour que...tsé, tu te calmes les idées de passion un peu pis que tu vives de quoi de moins éphémère. ''

Seigneur.

13 mai 2010

Your song

Je chante souvent parce que les mots me manquent pour écrire.

Je reprends des airs familiers et je me laisse porter par ce qu'ils me rappelent, par l'émotion, je copie la voix et les intonations, l'espace d'un moment, je cesse d'exister, je ne suis que chanson & mélodie.

Apparement, je chante bien, mais je n'ai jamais eu envie d'en faire une passion, ou de vivre cet art, ou d'y étudier. C'est même pas un passe-temps, à vrai dire. C'est juste une partie de moi, encore plus ancrée en moi que l'écriture. C'est juste naturel, comme respirer, manger, avaler de la salive, se moucher. Je pense à rien quand je chante, j'ai pas besoin de me fouiller les tripes, je fais juste un copie-coller de mes émotions sur les paroles d'un autre et ça va, ça passe.

Je chante beaucoup ces temps-ci.
C'est un peu ma façon de fuir, j'imagine.

24 avril 2010

Man

J'ai donné un petit baiser sur la bouche à quelqu'un de précieux hier soir, alors qu'on était crissement soul et défoncé.

Au lieu de le frencher sauvagement, je lui ai donné un petit baiser.

Et je trouve ça infiniment beau, tout ce qu'il m'inspire, lui.

28 janvier 2010

L'attente

Je pense que j'ai peur de la réaction de Marc, maintenant que je sais pertinemment qu'il a lu le texte.

J'ai presque peur qu'il m'envoie un courriel haineux, un courriel de bêtises, un courriel où il me blasterait . J'ai peur qu'il prenne tout ça d'une mauvaise façon, que ça lui fasse mal, ma peine étalée comme ça aux yeux de tout le monde - parce que tsé, tout le monde qui me connait sait très bien que c'est lui, le sous-texte.

Même si je jure que la moitié et même un peu plus a été écrit avant que nous nous séparions, très longtemps avant même, on lève les sourcils et on dit, peu importe, peu importe !

Comme si on préférait croire que non, dans le fond, tsé.

De toute façon...on m'a dit aujourd'hui que si je joue la tragédie à moitié aussi bien que je l'écris, que j'allais être une grande comédienne, pleine d'émotion. On m'a dit que j'étais la Sylvie Drapeau de l'écriture et c'était un bien trop grand compliment pour que je l'accepte, d'ailleurs. Je me suis défendue, non, non, des fois je me dis que c'est un accident, quand j'arrive à écrire des textes comme ça, et tout le monde a levé les sourcils, je pense que ça a passé pour de la fausse modestie mais non, vraiment pas, c'est la vérité, c'est ce que je pense.

Je ne sais pas de quelle façon il va réagir. Ma maman m'a dit, après avoir reposé la revue sur la table, Amélie...je crois que tu vas le bouleverser, je crois que tu ne devrais pas t'attendre à ce qu'il t'en parle, ni à ce qu'il te rappelle pour un bon bout de temps, c'est beaucoup, tout ça, à digérer. C'est beaucoup.

J'étais un peu surprise, mais pourquoi ? Il dit qu'il est bien sans moi ! et elle a ri un peu, elle a souri aussi, tu vois bien qu'il n'est pas si heureux, sinon...pourquoi il aurait eu envie de lire ça, en sachant très bien que, voyons Amélie, en sachant que des homards, c'était...comme...au sein de votre couple. Voyons Amélie, il le savait que c'était sur lui, tout ça, en tous cas, que c'était disons...inspiré par lui.

J'ai protesté, peut-être qu'il veut juste être gentil, s'intéresser à ce que je fais, il était peut-être juste curieux...

Ma maman a dit que oui, ça se pouvait, mais elle avait pas trop l'air d'y croire. Et moi, j'ai vraiment peur qu'il le prenne mal.

Le prendriez-vous mal si votre ex publiait un texte dont vous savez très bien que vous êtes le...sujet ? Comment réagiriez-vous ?

J'avoue que là, j'angoisse. Et je me dis que j'ai peut-être poussé l'autofiction un peu trop loin...

Synchronicité - part 3.

Je ne suis pas allée au Lancement de la Revue, mardi soir. Pluie verglaçante, pis je reste loin de Montréal, et ma maman avait peur.

Hier, j'ai discuté de Marc avec une amie-lumière, et ça a fait du bien, vraiment.

Cet après-midi, une autre amie du bac - celle qui connait la fille dans sa vie - me dit, hey mardi soir, ton ex est venu !

Par-fucking-don ?!

Ouais, ton ex est venu. Il est entré, il te cherchait, il a demandé si tu étais là, on lui a dit que non, finalement, pluie verglaçante, trop loin, alors on lui a remis un exemplaire, et moi j'étais...jétais TELLEMENT EN CRISSE, je lui ai dis, tiens, une revue, bonne lecture, SURTOUT QUE TON EX A ÉCRIT UN TEXTE DEDANS. Il a hoché la tête, il a dit, ouais, ouais, bonne soirée... et il est parti. J'en reviens pas.

ET MOI DON !

Ma mère a dit, oh mon Dieu, il va capoter quand il va lire ça, seigneur.

À vous d'en juger : http://www.calameo.com/read/00010798876c8b6073657?authid=YWrHVMUlVE4z

:)

Mon coeur est un homard, que ça s'appelle.

27 janvier 2010

La liste

...De Jennifer Tremblay, avec Sylvie Drapeau, mise en scène de Marie-Thérèse Fortin, au Théâtre d'Aujourd'hui.

Wow, wow, wow.
Cent milles fois wow.

Il reste quelques jours je crois, courez-y, sans hésiter, sans même vous questionner un ti-peu, tsé un monologue, on vas-tu aimer ça? Oui, oui, oui, vous allez aimer ça, vous allez jouir sur place, c'est beaucoup trop bon et beaucoup trop bouleversant.

Et j'ai vécu un moment parfait, une montée dramatique parfait, un drame, une tragédie, cet instant où elle est plaquée contre le mur, le mur rouge, et qu'elle parle, qu'elle pleure, qu'elle ... seigneur.

Je peux même pas en parler convenablement, je suis trop bouleversée encore.

20 janvier 2010

Pff.

Messemble que ça commence bien mal, tout ça.

Surtout quand je dis à des amis, oui mais j'ai dit à Mister O que je sortais d'une relation, alors si ça me tente plus, je peux clairement lui remettre ça sous le nez et m'en débarasser!

L'offre de Mister L. est pas mal plus tentante, présentement.

Rien de sérieux, juste du fun et un peu d'échappatoire.

Parce que tsé, je chiale toujours sur les relations transitoires, que je suis don ben contre ça, et blablabla, et tatati, tatata.

Que cherchais-je en ce moment même ?

Une fucking relation rebound.

Même si on utilise le terme « relation de soutien » comme dit une de mes amies-lumières, ça reste le même combat : un gars dont on se sert pour se sentir mieux après s'être fait jeté comme une vieille chaussette, littéralement.

Alors...messemble que Mister L., avec sa farouche opposition à une relation amoureuse et son avertissement clair, ben...

Tant qu'à avoir un rebound aussi bien en être un pour la personne également, non ?

Oh man.

Je me psychanalyse trop, là.

Je devrais peut-être juste vivre un peu.

Pis arrêter de penser.

Attendre qu'il se passe quelque chose de significatif et aviser ensuite.

Hhm.

2 octobre 2009

Gros coeur gros bonheur

Hier je me sentais vraiment mal.
Minou m'a passé un coup de fil - je pense sincèrement que mon coeur a raté un battement ou deux - pour me demander comment j'allais et me dire qu'il n'allait pas prendre le train ce soir avec moi - et alors ? Son cellulaire était fermé depuis deux jours et il se croyait autorisé à me téléphoner pour me dire une chose comme ça...? Ce n'était quand même pas monnaie courante que nous prenions le train ensemble, c'était arrivé une deux trois fois par hasard, et ce n'était même pas arrivé du tout, cette semaine.

Même si j'avais ressenti un immense soulagement en entendant sa voix, même si son petit on va se parler samedi ok ? m'a tordu le coeur d'une drôle de façon, même si le message texte qui a suivi aussi, j'ai quand même fondu en larmes pour la première fois du bacc devant mes nouveaux amis, c'était juste trop d'émotions en même temps, làlà, j'ai fondu en larmes dans les bras de notre amie-sourire-qui-est-aussi-une-maman, et j'avais juste vraiment besoin de ça, l'amour d'une maman - et du Gars Hétéro & Normal qui vociférait donne-moi ton cellulaire je vais lui règler son problème, à lui !
En dînant dans un petit resto vietnamien, j'avais la mine basse. Il y avait trente ou trois-cents scénarios différents qui trottaient dans ma tête, des images de Minou avec cette autre fille, des images de Minou qui l'embrasse juste avant qu'elle ne s'engouffre dans le métro - images complètement inventées par ma pauvre imagination brisée. J'avais donc la mine basse quand Jujube a pris ma main et y a dessiné un gros coeur au marqueur rose. Tu vois, nous aussi on t'aime, Amé. Pis on te laissera pas tomber.
& je me suis dis que j'allais passer quatre belles belles années.

12 mai 2009

Humeurs cégepiennes - le début de la fin

Voilà, je commence étrangement à voir le bout de ma session sans trop de panique ni d'angoisse.
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Jeudi j'aurai fini de faire cette pièce que je hais et je me sens tout de même vaguement triste.
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J'ai eu mon dernier cours d'Arts et Lettres ce matin, il ne me reste qu'un examen jeudi le 21 à 8hrs. Ça, ça veut dire que jeudi le 21 à maximum 10hrs15, j'aurai fini pour la vie mes années collégiales.
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J'ai le coeur tout croche et Minou dort, épuisé par sa session universitaire qui n'en fini plus de s'étirer en longueur, en grève du personnel de soutien et en partenaires qui ont choisi de ne pas annuler un voyage en Europe alors il va devoir y retourner en juin.
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Il me reste deux travaux à composer, deux journaux de bord à finaliser, deux ou trois pièces à lire paisiblement mercredi après-midi prochain, et après voilà, c'est tout.
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Ce qu'il va me rester de ces deux années ? Je sais pas trop encore. Des tas de souvenirs, des photos de fiesta dans une chambre à New York, des textes ici, des texte là-bas, quelques connaissances littéraires-théâtrales-de-culture-générale glandées au cours du DÉC, des lendemain de brosse presque aussi mémorables que les brosses qui les ont précédés, et une envie pressante de passer à autre chose.

2 mai 2009

Paul à Québec


C'est sans doute le plus beau livre que j'ai lu de ma vie, toutes catégories confondues. Ma mère m'a ramené ça de sa bibliothèque scolaire, en me disant prépare tes kleenex, j'ai passé une demie-heure aux toilettes à éponger mon mascara en finissant de lire ça !
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Le ton était donné.
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Pourtant, c'est plus que des larmes qui me restent suite à la lecture de Paul à Québec de Michel Rabagliati. Je ne connaissais pas la série des Paul, je vous l'avoue tout de suite. Ou plutôt si, mais vaguement. J'étais jadis une dévoreuse de BD mais plus maintenant. J'avoue que j'ai eu envie là, maintenant, tout de suite, de lire les tomes précédents.
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Il me reste de ce Paul un goût d'espoir en bouche. L'espoir de croire à la vie qui va, qui vient, et qui part, mais la vie qui reste, la vie qui s'entête et qui traverse la mort. Ça m'a fait penser à mon papa et surtout à mon grand-papa qui est mort pas cet été, l'autre avant. Des kilomètres de larmes, j'avais versé des kilomètres de larmes alors que lui, quelques jours avant de partir, il me disait que c'était pas grave, que c'étaient des choses qui arrive. Mon grand-papa.
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Alors voilà. Paul à Québec, c'est une histoire sur la mort mais surtout sur la vie, sur l'amour, sur la famille. Je sais pas trop quoi en dire de plus, je viens tout juste de refermer la dernière page, les lunettes buées d'avoir pleuré. Des dessins clairs, en noir et blanc, j'ai aimé que ce soit épuré comme ça. J'ai lu que c'était le style du dessinateur, j'ai hâte de lire le reste.
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Alors voilà, je vous le conseille vivement, que vous ayez un deuil à caresser ou pas, peu importe comment on aborde cet album, je crois qu'on en sort tous un peu plus grand.

29 avril 2009

Shut down

Je suis un peu dépassée par les évènements. Nous avons appris hier qu'une personne de notre entourage fait une dépression majeure. Honnêtement, je n'ai jamais été confrontée à ça auparavant...ou on me l'a toujours épargné, je ne le sais pas.

Mon copain, jadis, a déjà souffert d'une dépression majeure, mais c'était bien longtemps avant cet été, du style assez longtemps pour que je crois que je jouais sans doute encore aux Barbies quand c'est arrivé.

Je ne sais pas quoi faire, comment réagir, où me placer par rapport à la situation. C'est beaucoup d'informations à gérer en même temps. La personne va arrêter de travailler - elle me donne tout ce qu'elle a accumulé en 32 ans de carrière d'enseignement au primaire, on a appris hier aussi que mon beau-frère allait sans doute déménager prochainement et que mes beaux-parents vont vendre leur deuxième voiture - qui est celle de mon chum et de son frère, et c'est tout juste s'ils ne nous annonçaient pas qu'ils mettaient Minou à la porte en septembre.
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Mon chum était complètement à terre. Il est allé promener son chien rageusement tout seul et moi, je suis restée assise à la table de cuisine, j'avais envie d'être partout sauf chez Minou.
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On a pas assez d'argent pour partir en appartement en septembre, et ça me ferait chier qu'il parte vivre en colocation chez un de ses amis sans moi. Je sais pas ce qu'on va faire. J'ai mon entrevue tantôt, je songe à accepter le poste de guide plate mais plus payant que comédienne. Je sais pas. Je sais plus. En même temps, je pense pas qu'ils vont vraiment le mettre à la porte, mais ça me fait un peu peur, tout ça.
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Et puis, comment on se comporte avec une personne dépressive ? Je suis tellement maladroite en général, imaginez maintenant. Elle est tellement fragile, tellement petite, j'aurai envie de la prendre dans mes bras et de la transporter hors de sa maladie, mais je ne peux pas. Je sais très bien qu'elle doit s'en sortir toute seule, comme une grande, même si la vie lui a rentré dedans, même si elle pense que son rouleau est à bout et qu'il n'y a pas de recharge possible.
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Au moins dehors, le soleil brille.

26 mars 2009

Lettre à la mer.

Allo !

Je sais que tu vas bien, tu sais que je vais bien, alors on peut peut-être se passer de ça, t'sé. Merci Facebook, merci la technologie. Tes photos de voyage sont belles, tu as sans doute vu ma nouvelle couleur de cheveux et tu t'es dis, enfin elle a réussi à trouver le bon blond !
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Quand j'ai regardé la date d'expiration de mon yogourt, hier, j'ai pensé, ah bin maudit, bin oui, c'est vrai. C'est le printemps, le 28 mars s'en vient, faudrait bien que je lui écrive un petit mot, à lui. Ça me fait pas mal moins souffrir qu'avant, penser à toi, à cette journée-là, penser à mes petits ébats de petite fille qui savait pas qu'elle allait arrêter de l'être cette journée-là. Bin, pas complètement, t'sé. Quand mon chum me traite de p'tite fille, ça me fait rire. Je suis plus tellement une petite fille depuis le 28 mars d'il y a longtemps.
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Ça fait quoi, 4 ans ? Ouais, 4 ans je pense. Quatre ans que ça m'a pris avant d'arrêter d'avoir des chatouilles dans mon ventre quand j'effleurais le 28 mars de mes pensées. Quatre ans pour retrouver les chatouilles dans les bras d'un autre. C't'une bonne moyenne. Quand on sait quel pas immense j'ai franchi entre temps !
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On peut pas dire que j'ai changé du tout au tout, pourtant. J'ai laissé tomber un petit peu le mélo-dramatique pis les grosses larmes, juste un petit peu. On dirait que c'est ancré en moi, ça. Je cherche encore la formule du bonheur parfait, même si on me surnomme ces temps-ci Amélie Bonheur. Je trouve ça drôle, ça me fait sourire. Je suis encore stressée, pis hystérique, pis mon chum me traite de folle en riant, des fois. J'ai laissé tomber Babe pis les blogs de mots sanglants, j'ai un nouveau blog tout lumineux, en blanc et bleu, où j'alimente le Bonheur de mon surnom. Ça fait du bien. J'écris de la poésie, j'écris des fictions, j'écris des trucs où ce n'est pas moi, le personnage principal. Je dois être moins égocentrique, je sais pas.
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J'ai l'impression d'avoir bien plus que mes 19 ans pas-si-nouveaux-que-ça, je pense que je t'ai aimé assez sans même savoir pourquoi pour emplir toute une vie. J'aime toujours autant, mais ça me fait pas mal moins mal. J'aime toujours autant mais là, je voudrais que ça dure toute une vie, toute ma vie. C'est pas mal différent. Au début j'avais peur que, comme toutes les autres fois dans ma vie où je m'étais entichée de quelqu'un, j'avais peur qu'il te ressemble un peu trop, que ça finisse par me contaminer, que je m'en lasse. Tellement pas. Tellement,tellement pas. Ça aussi, ça fait du bien.
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Au début, j'avais peur aussi de me laisser tomber, j'avais peur d'abandonner mes défenses. Je l'ai rencontré juste après t'avoir revu toi, à la banque, out of nowhere. J'pense bien que ce jour-là, j'ai tout compris. J'ai compris que ça pourrait jamais marcher, toi pis moi. Que t'étais comme un grand arbre centenaire pis que moi, j'étais plus genre...un peuplier, quelque chose qui bouge à la moindre brise. Un roseau. Peu importe.
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Mon nouvel amoureux, en plus d'avoir l'incroyable qualité de m'aimer même avec mes travers pis mes blessures de l'âme, il s'en fout un peu, de mon poids. Il a pas honte de me tenir par la main, il a pas honte de prendre le métro avec moi, même si mes cheveux sont pas coiffés à la perfection. Il ne m'a jamais traité de grosse baleine échouée, jamais. Quand je repense à ça, je sais pas comment j'ai fais pour endurer tout ça pendant tellement longtemps. J'étais tellement petite, jeune, et aveuglément amoureuse de toi. Mon nouvel amoureux, il m'aide à maigrir. Si tu me voyais...Je suis tellement belle. Je ne me suis jamais sentie aussi belle que présentement. Surtout dans ses yeux à lui, mais de plus en plus dans mon miroir aussi.
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Je suis quand même contente de t'avoir connu, de t'avoir aimé, de t'avoir pleuré. D'avoir eu mal à en mourir un peu, parfois. Quand j'ai rencontré Marc, j'étais prête. J'avais été brisée, j'avais essayée de me réconforter un peu partout, mais là, j'étais prête. Je m'étais dis le prochain, ça sera le bon. Y'a plus d'en attendant, y'a plus de juste pour ce soir ou cette semaine, y'en aura plus. Le prochain, il va aimer le théâtre, la bouffe thaïlandaise et il va me faire rire jusqu'à ce que j'ai mal aux joues. Je l'ai trouvé.
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Je sais pas trop où toi t'en est rendu dans ta vie, je regarde parfois vos photos, toujours sur Facebook, merci la technologie. Ça me fait drôle, de te voir soûl encore comme ça, de te voir pareil à il y a longtemps, pareil comme quand tu ouvrais grands tes bras pour que je m'y jette à la dérive. Je pense que je me suis retrouvée. Je pense que sans toi, je ne me serai pas perdue, mais ça fait du bien, un détour à l'intérieur de soi. J'ai dis pas plus tard que hier à mes beaux-parents que j'avais eu une adolescence difficile, haha. Je riais toute seule en y repensant. Ça serait cool si tu me donnais de tes nouvelles de temps en temps, je pense pas qu'on puisse être amis mais c'est pas grave, on pourrait quand même aller prendre un café.
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Mais merci quand même. T'as été mon salaud, t'as été mon ange, t'as été la roche sur laquelle je me suis souvent appuyé quand je n'avais plus personne sur qui compter, tu m'as laissé toute seule dans des moments que je ne te pardonnrais jamais, mais je ne voudrais pas que ce fut un autre que toi qui m'est fait vivre tout ça. Merci d'avoir été mon salaud, je n'aurais pas supporter que le titre revienne à mon nouvel amoureux, si jamais ça se termine un jour entre nous deux.
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Ça fait que c'est ça. On est le 26 mars pis j'ai pensé à toi deux jours avant le temps. Je pense que maintenant, je suis libérée des 28 mars. Merci, babe.

27 février 2009

J'avais huit ans. J'avais douze ans. J'ai dix-neuf ans.

J'avais huit ans, des lunettes comme celles d'Harry Potter et j'étais toujours trop grosse sur les photos de scolaires.

J'avais douze ans, des lunettes carrées, déjà des boutons en plein milieu du front, et j'étais encore trop grosse, même si les photos de groupe, ça n'existe plus, au secondaire.

J'avais huit ans, les cours d'éducation physique étaient mes pires cauchemars, je me sentais tellement seule que je suppliais mes parents de m'acheter un chat, je refusais de me départir de ma vieille couverture, ma doudou, ma mimi. C'était ma seule amie. On m'appelait la baleine bleue dans les cours sur les mammifères, la grosse torche un peu plus tard, champ de fraise et Frankestein quand j'ai eu mes broches. Bin oui, esti. La petite grosse à lunettes et avec des broches. Je n'avais rien pour moi, hein. J'avais déjà lu la trilogie des Harry Potter, je m'attaquais

J'avais douze ans, je n'étais en paix que dans le cours d'histoire, parce que le prof m'aimait bien, je connaissais par coeur le chapitre sur l'Égypte ancienne et je m'intéressais à tout ce qu'il disait. On me fichait la paix devant lui. Merci, Serge. Le reste du temps, je mangeais seule assise sur une toilette, dans le cabinet des filles, parce que bon, les garçons peuvent pas venir ici. Mais c'est pas grave, on arrivait quand même à me retrouver, et à me lancer du jambon par dessus la porte. Amélie, mon gros jambon, haha ! Hein AM, HAM ! GROS JAMBON ! C'est arrivé une fois qu'un de ces garçons a détaché sa ceinture, me l'a mise autour du cou en criant qu'il l'avait attrapé, le gros cochon sauvage. C'est bon pour l'estime de soi.
*
J'avais huit ans. Je croyais naïvement que dans quelques années, j'allais être libéré d'eux, même si les insultes étaient moins pires que celles qu'on lançait à Andrew, tiens, Andrew le petit garçon mal adapté, qui puait toujours un peu plus que tout le monde et qui avait les cheveux gras, ou moins pires que celles qu'on lançait à Stéphanie, qui arrivait en plein mois de février avec une robe d'été, les jambes rougies par le froid, Stéphanie qui sentait le moisi et le fond de sous-sol.
*
J'avais douze ans et un couteau de cuisine contre mon poignet. Aujourd'hui on m'a lancé dans une rangée de casier, on m'a griffé, on m'a dit que tout le monde serait bien mieux si moi, j'étais morte. Aujourd'hui, j'ai envie de les écouter. Demain, je ne veux plus aller à l'école - je ne peux plus. J'essaie de m'entailler le bras pendant que mes parents font l'épicerie et que je suis seule ici mais je n'y arrive pas, je me blesse à peine, et pendant que je fonds en larmes, le téléphone sonne. C'est qu'aujourd'hui, entre deux jambettes et trois fois à ramasser mes livres qu'on a fait tomber dans les escaliers, je me suis fait une amie, et elle m'appele pour me demander si demain, demain auquel je me refuse de penser, si demain ça me dirait de venir au cinéma avec elle et ses amies.
*
J'avais huit ans et même si on irait de moi, on ne riait pas trop fort, parce que j'étais du genre à relancer des boules de neige et à foncer dans la marmaille les poings serrés. J'étais du genre grosse et grande, pour une gamine de huit ans. J'avais des lulus et de l'ambition. Un jour, quelqu'un a traité mon père, mon petit papa tout mince et musculaire, de l'homme le plus gros de la planète pour avoir mis au monde la fille la plus grosse de la terre. J'ai regardé le petit gars minuscule droit dans les yeux et je lui ai dis, je m'en souviens si bien, toi tu me fais mal avec des mots mais attends de voir ce que moi je peux faire avec un bureau. Et je lui ai lancé mon pupitre en espérant qu'il meurt.
*
J'avais douze ans et j'ai craché au visage de la mère de mon bourreau, celle-là même qui le protégeait, qui me suivait partout pour me crier des insultes, celle-là même qui a essayé de s'attaquer à ma mère, une fois. Je lui ai dis ma grosse criss de viking, tu me fais pas peur osti de folle, j'vas te tuer avant que tu fasse mal à ma mère ! Je suis allée chez le directeur et je lui ai tout dis, je lui ai tout déballé mon lot de haine et d'insultes, je lui ai montré mes poignets et je lui ai dis, à lui aussi, si vous faites pas quelque chose pour que ça arrête j'le tue, j'vas le tuer pis j'vas rire de son cadavre après. Ma mère est venue, mon père a crié, le directeur a convoqué le garçon à qui j'ai répété tout ça, et j'ai ajouté pis en plusse, criss, chu ceinture brune en karaté, ça fait que ça va t'faire mal si j'te frappe. Du jour au lendemain, on m'a respecté.
*
J'avais treize ans et je me suis fais une autre amie, une amie qui lisait du Victor Hugo, qui avait une caméra numérique et qui me montrait le monde d'une autre façon, une amie avec qui j'ai commencé à boire de l'alcool, avec qui j'ai chanté Bumbo,bumbo, petite automobileuh pour la première fois, une amie avec qui j'ai affronté les marées et les tempêtes, une amie hors norme, une amie qui ne cadrait pas dans la marge, pas parce qu'elle était grosse ou boutonneuse, mais parce qu'elle avait bien compris que ces gens-là n'en valaient pas la peine. Une amie avec qui j'ai découvert Adomonde, un forum de discussion où j'ai compris, moi aussi, que ça existait partout, des gens différents, des gens qui aimaient lire, écrire et discuter. Je n'hésite pas une seconde à affirmer qu'à cette époque, c'est Hélène et Internet qui m'ont sauvé la vie.
*
J'avais quinze ans, on m'écoeurait encore dans les corridors de la polyvalente mais c'était moins pire, j'avais pris ma place. Il était une fois un grand garçon, un grand garçon de dix-sept ans qui est entré dans ma vie, qui m'a embrassé devant les p'tits criss de morveux qui m'avaient lancé des cennes pour que j'aille m'acheter des amis et qui m'a protégé, l'espace de quelques semaines. Ça n'allait pas durer, c'était écrit. Après ça, il a ressorti lui-même l'insulte de la baleine bleue et ça, ça a fait plus mal que jamais avant. C'était comme si on me fourrait du jambon dans les yeux dans les oreilles dans la bouche et dans le coeur.
*
J'avais quinze, seize, dix-sept ans. Je me suis accrochée à toutes les miettes d'affection que je pouvais récolter un peu ici et un peu par-là. J'ai empoisonné la vie de tous ceux que j'aimais. J'ai ramassé toutes les insultes que j'avais entendues dans ma vie, qu'on m'avait élégamment adressé à différentes périodes de celle-ci, et je me suis trouvée un souffre-douleur, une fille un peu trop grande, qui ressemblait à une cheval. Je lui ai dis va te faire enculer par un cheval osti de pute ! et j'espère que t'as mal à la noune après t'être fait dévierger par Lou, osti de salope de criss. J'ai eu plus d'amies et moins mal, un peu, parfois. On me dévisageait, on me disait que je changeais, les autres amies des premiers temps me trouvaient vulgaire et déplacée. J'avais besoin d'attention, j'avais besoin d'être celle qu'on regardait, celle qui brillait. J'étais toujours soûle, ou gelée, ou les deux à la fois. Je buvais comme on boit de l'eau de la vodka, à la paille en plus. Je collectionnais les peines d'amour, je collectionnais pas les baisers mais les frenchs et quand un homme a voulu me ramener chez lui, j'ai paniqué, j'étais de nouveau la petite fille de huit ans qui aimait Harry Potter et Legolas à la folie, la petite fille qui écoutait du Lorie et qui jouait avec son chat et sa maman.
*
J'avais dix-huit ans. Je me sentais parfois comme une vieille âme, comme une femme de quarante ans enfermée dans le corps maladroit et graisseux d'une jeune fille-femme qui ne sait pas trop où elle va, ni vers quoi elle avance. Mais j'avançais. Je n'ai jamais reculé, ou hésité, après le jour où j'ai menacé de tuer quelqu'un. Parce que je le pensais, fuck, je le pensais tellement. Si on m'avait dit oui vas-y, tu peux le tuer, tu n'iras pas en prison, personne ne va t'en vouloir, vas-y, tue-le, je ne me serai pas rendu à la fin de la phrase. J'arrivais au Cégep et j'avais envie d'enfin être libérée par toutes ces années de misère. J'étais en Arts et Lettres, je montais sur la scène en trimballant ma personnalité un peu brisée, mon hystérie collective et mes montées de lait. Je ne me suis jamais laissé marcher sur les pieds après cette heure passée dans le bureau du directeur. Il y avait quelque chose dans ses yeux qui m'ont commandé de ne jamais courber l'échine. J'arrivais au Cégep, j'avais des foulards multicolores, pleins d'anecdotes amusantes à vivre et je ne me suis pas privée pour en profiter. Je frenchais encore autant, je m'étais fais une solide réputation après quelques semaines à peine. Yo, Amé, t'as tu vraiment frenché Jérémie hier ? Nice shot, j'suis jalouse !
*
J'avais encore dix-huit ans. Puis ça a fini par arriver. On m'a invectivé comme ça, quand j'allais monter les escaliers vers mon cours d'anglais, malade, au bout de mon rouleau. La blonde d'un gars que j'avais frenché. Ça, ça reste un mystère, hein, pourquoi je frenchais autant maintenant alors qu'avant on m'avait craché dessus et collé des gommes dans les cheveux. J'étais une originale, faut croire. La fille s'est mis à crier, à me dire que j'étais laide, t'es yink une ostie de grosse torche tu mérites pas de vivre, t'es laitte pis y'a personne qui t'aime. Wo minute, tabarnack. Je l'ai pris par les cheveux, ses maudits cheveux blonds frisés tout croches, pis je lui ai parlé dans le blanc des yeux, douze osties d'années de rancoeur pis de frustration accumulées ont passé sur elle. Je lui ai fais peur. Je lui ai dis je touche pas à ton esti de chum tabarnack, tu vas calmer tes nerfs pis aller passer ta frustration ailleurs, si tu suces moins bien que moi, c'pas d'ma faute, fek en attendant, décalisse, scram, pis caliss moi patience avec tes crises de nerfs. La prochaine fois, ça va faire ben plus mal que ça.
*
Aujourd'hui, j'ai dix-neuf ans. J'ai rencontré un homme qui me berce le soir, quand tout ça est encore trop lourd à porter. J'ai rencontré un homme qui a accepté ma différente, mes angoisses et qui apaise mes crises. J'ai rencontré un homme qui a vécu la différence, à un différent degré mais quand même, un homme qui peut comprendre pourquoi je pleure en pensant à Cynthia des Invincibles.
*
Un homme qui n'a pas ri quand je lui ai dis que je voulais maigrir une bonne fois pour toute, pour me débarasser de tout ça, cette graisse qui m'a pourrie la vie depuis ma naissance. Un homme qui s'entraîne avec moi, qui se prive de Mcdo et qui mange de la salade en ma présence, pour m'encourager. Un homme qui m'aime, ça m'aura pris tant de jours, tant de baisers, tant de larmes essuyées pour le réaliser. Un homme qui m'a amené sur les plages d'Old Orchard et qui a tenu ma main devant les milliers de touristes qui affluaient vers nous.
*
Un homme qui va au cinéma dans ma petite ville avec moi et qui garde la tête haute et son bras autour de ma personne quand on croise les petits morveux qui ont fini par vieillir, qui ont fini par baisser les yeux en ma présence, parce que si moi j'ai encore mal de leurs insultes, je crois qu'ils ont mal eux aussi en souvenirs de ce qu'ils ont été. Enfin, certains d'entre eux. Mon principal bourreau n'a pas de regrets, je le sais, je le vois dans ses yeux quand il me croise au Cégep. Et moi, même si c'est mal, j'attends toujours qu'un dix-huit roues ou même juste une petite sunfire lui roule sur le corps. Ça me ferait sourire.
*
J'ai été chanceuse dans ma malchance. J'ai rencontré au bon moment des gens qui ont su me garder en vie, qui m'ont montré qui j'étais et qui ont contribué à forger celle que je suis devenue. Je me sens en dette envers ceux qui ont pu voir qui j'étais vraiment, qui m'ont tendu la main, même si parfois ce fut pour la mordre ensuite. Maintenant je regarde les spécialistes qui débattent sur le cas de David Fortin et je me dis, caliss qu'ils comprennent rien. Ça vaut rien la prévention, les programmes de sensibilisation. Je me dis que caliss, Jean-François Mercier a raison quand il dit que la violence se règle en utilisant la violence. Ou la fuite, comme le petit David. Mais certainement pas la prévention dans les écoles.
*
Vous irez faire dessiner des coeurs sur des feuilles blanches aux petits monstres qui m'ont traîné dans la boue si longtemps. Vous irez leur dire que non non, ce n'est pas bien de dire qu'un de ses amis est gros, il est seulement différent.
*
Vous devriez plutôt vous attaquer à la famille de ses p'tits criss-là, allez voir la mère, le père, le grand frère de ces enfants-là. Allez voir dans leur petit cocon familial si la mère a des tresses de viking et un air de boeuf, si elle est un peu folle, ou dépressive, si elle aime ça, agresser la maman d'une petite fille différente à la sortie d'un cours de karaté. Allez voir si le papa boit son café et baisse les yeux devant les bêtises de son fils, allez voir comment il réagit quand vous lui dites, à votre caisse d'un Canadian Tire, vous, vous allez passer à une autre caisse que la mienne parce que je vous plante votre tourne-vis entre les deux yeux, juste pour voir si ça va faire mal à votre fils autant qu'il m'a fait souffrir. Allez voir comment il prend son tourne-vis, conscient de la vérité des paroles, mais allez-y, allez voir comment le grand frère encourage le plus petit à faire des jambettes à son souffre-douleur, allez-y juste un peu pour comprendre que ÇA NE CHANGERA JAMAIS.
*
Je n'ai aucune réponse à ça. Peut-être que ça prendrait des prof qui ont plus de guts, des profs qui punissent, qui sévissent, qui parlent avec les parents, qui vont voir dans les maisons et qui s'insurgent. Des ostis de bons profs, qui empêchent les enfants de dix ans de parler avec la méchanceté de toute une vie. Des profs qui savent mettre leur limite, qui ne ferment pas leurs yeux parce qu'ils sont trop blasés, parce qu'ils savent comme moi que rien ne va changer. Si même les parents n'y peuvent rien, peut-être que les profs peuvent changer quelque chose, j'en sais rien. Dans mon cas, c'est arrivé quelques fois que des profs m'ont tendu la main, qu'ils m'ont aidé. Un d'entre eux m'a très certainement sauvé, une fois.
*
Je n'ai pas de réponse, et pour moi, après la nouvelle de la disparition de David Fortin, je pense que plus rien ne va changer. Y'a pas de solution. Les humains sont méchants. Fuck Rousseau, fuck la nature humaine qui est bonne à la base, fuck fuck fuck. Tout le monde est méchant et c'est aux parents de déterminer avec les enfants ce qui est acceptables ou pas. Y'a des gens qui ne devraient pas avoir le droit d'enfanter des merdes comme ça, des merdes qui brisent la vie des petites filles qui lisent Harry Potter et qui se retrouvent dans le personnage principal, et qui pleurent le matin de leur onze ans parce que non, Hagrid ne vient pas les arracher à leur quotidien gris sale et puant, parce que non, Poudlard ça n'existe pas, et que Voldemort est assis à côté de leur pupitre, derrière elles, devant aussi, chaque jour, chaque matin, et que chaque soir, elles reviendront en pleurant et en essayant quand même d'y croire, à Poudlard et à ce jour où toute la douleur cessera.
*
Vous êtes même pas obligés d'avoir lu tout ça, moi ça m'a fait du bien en criss. Et si jamais je le croise, David Fortin, je vais tellement le prendre dans mes bras, je lui dirais viens t'en, on s'en va au pays des merveilles, tu vas voir, y'a des feux d'artifices pis des gros coussins pour s'asseoir, tu vas voir, on peut lire, gratter la guitare et avoir les cheveux longs sans que personne ne s'en étonne.
*
Ouin.
*
Pis je lui mentirai pas, oh non. Je lui dirai ça va pas arrêter de faire mal du jour au lendemain, même si tu t'en vas au bout du monde, y'aura toujours quelqu'un pour te faire passer pour plus laid que tu l'es, pour plus nul que tu l'es, même dans dix ans, tu vas t'en souvenir, de ces moments-là. Tu vas passer devant des enfants et tu vas frémir, tu vas passer devant des adolescents pis tu vas avoir la gorge nouée. Tu vas p't'être bin hésiter avant de t'inscrire à l'université dans des programmes d'enseignement, parce que tu sais pas si tu vas pouvoir être assez fort devant des enfants. Parce qu'une fois que t'es différent, tu peux pas t'en sortir, jamais. Faut apprendre à vivre avec, pis rentabiliser ta différence. Tu vas voir, le Cégep, c'est beau,c'est grand, c'est le salut. Tu vas voir, tu vas trouver toi aussi pour quoi ta différence est faite, pourquoi t'es comme ça, ohh oui.
*
En attendant, viens faire un tour sur Adomonde, on va jaser.

20 mai 2008

Le poème magnifique

Je l'ai trouvé, à la page 21, comme me l'a si gentiment déniché May. Merci beaucoup. : ) C'est un extrait de Le souffle de l'harmattan, un roman que je n'ai pas lu,mais que je me promets de lire cet été. Voici la transcription exacte de ce poème qui est venu m'illuminer, me toucher, me remuer les entrailles, hier soir. Je l'adore encore plus, à sa relecture, presque autant que lorsque mon amie Virginie le lut, hier soir, mots dorés et véritables sortant de sa bouche trop petite, me semblait-il, pour un texte de cette grandeur (bien qu'elle fut à sa hauteur.) Enfin...voici.

Je vieillard d'amertume
et je m'alaise dans la nuit
Je suis la solitude
dans les champs effleurés de vent
Ondées de cris des fétiches
dans les jardins de ma mort
Et ma mémoire est creuse
comme la terre froide
Et je m'élancolique le chemin blond
de ta brûlure bénie
Ô douleurs de toute une vie
il pleut sur la maison renoncée
Mais hier encore
j'aujourd'huissais à jamais
Et voilà que je m'ensonge
et que je ne voudrais ne pas souffrir
Mais il faut tuer
tous ceux que je fus sans y croire
Sauf celui que tu aimas
et seul digne d'être cru et qui me survivra
Ce mendiant de pain brûlé
qui adorait ton songe et ton dieu
Ah! j'aujourd'hui comme un fou
qui s'effondre d'une vision d'éternité
Et j'infini le souffle et la majesté
des astres flambés dans ta bouche
Mon il a besoin d'elle
et mon île a besoin d'ailes
Et le premier soleil s'est levé
quand tu m'as fait voir ta gloire
C'était un matin d'odeurs et de murmures
et je me souviens de la fraîcheur des bruits
Mais la main née de ta caresse
fut une journée encore plus neuve
Oh, j'au loin de ce monde
et j'autrefois d'un éblouissement
Je m'agnifique tes yeux d'or brûlé
et j'amour ton visage qui n'est plus
Et mes derniers jours sont des pluies d'injures
qui me saignent
Tandis que monte à l'orient
le soleil de ma névrose
Mais c'est la mort qui se lève ainsi
dans l'éclair d'une vie
Et je pleure tout ce que tu fus
et tous les miracles qui coulaient de ta main
Mais en pleurant je brille
comme une larme de gemme
Oui en pleurant
je brille de mon silence et de mon secret
J'étincelle de tous ces chants
qui tombent sur moi en grâces de feu
Et je suis pur enfin je suis pur
et je suis pardonné d'avoir vécu
Ô saintes plaies vous me sacrez
d'un sang de femme et m'exaucez
Je suis pur enfin
pur à jamais d'avoir été aimé.

Par un soir de beuverie assortie...

J'ai écris pas mal, et longtemps. Jusqu'à 4 heures du matin, des mots que jamais je ne lui montrerai, je crois. Mais je peux bien le faire ici, ça va m'épurer, je crois.

Une seule page, recto-verso. J'étais saoule, j'étais...droguée, ouais, je l'étais. J'étais fatiguée et vaguement blessée, vaguement triste. Mon écriture est itallique, si seulement c'est possible. Je tanguais, je devais être penchée sur ma feuille, sur ma vie, sur la sienne, la nôtre. Enfin, c'est ce que ça donne - sans retouches, sans ajouts, sans rien d'autre.


D'habitude, quand je prends de la drogue, je pense à lui avant de le reste. Ça me vrille l'estomac, jusqu'à ce qu'il m'ordonne, en me serrant les épaules, d'arrêter. Je n'arrête jamais vraiment, mais ça me fait plaisir, d'occuper ses pensées. Il dit que je pense trop...tu crois probablement la même chose. C'est sans doute vrai.

Ce soir, j'ai pensé à toi, pendant que je sentais mon cerveau se ramollir et mes sens se déculper. Ça m'a fait un peu bizzare de perdre un si veux réflexe, ça me contrariait, et ça me calmait. Tu as souvent cet effet-là sur moi. Ça m'a fait sourire, un peu. Quand je m'étouffais, j'imaginais quelles intonations auraient pris tes éclats de rire, si tu m'avais vu. J'ai compris que tu ne me trouves pas belle, mais amusante : je t'avoue que j'abuse de drôleries devant toi, pour ne jamais cesser de voir tes yeux s'illuminer, mais ça commence à devenir quétaine, et c'est sans importance, en fait.

J'ai pourtant laissé vagabonder ces idées pendant un moment, et puis j'ai eu envie de te voir, là, tout de suite. Je commençais à avoir l'esprit embrumé, mais pas les yeux, ni totalement le coeur. Je m'étais souvent demandé, bien des fois avant aujourd'hui, quelle tête j'avais quand je lui parlais. À voir la tienne, quand j'ai voulu te retrouver sur cette terrasse emplie de gens insoucieux de mon état et encore moins du tien, j'ai compris. Réplique exacte de cette expression muette de douleur que je connaissais trop bien, pour lui avoir fréquemment tenu la main.
J'ai figé. Je n'avais pas l'habitude de lire si facilement le visage de quelqu'un. C'est peut-être parce que j'ai si souvent guetté tes moindres mimiques, je ne me souvenais pas celles-là, mais c'était aussi comme si je les avis cotoyées toute ma vie.

Le reflet de cette souffrance ancienne, apaisée mais bien présente, me fit lever les yeux au ciel. Fallait-que tu ressentes ça aussi ? Fallait-il que tu te perdes dans un amour que je devinais tortueux pour enfin trouver la paix, aussi relative soit-elle ? Aussi précaire la mienne était-elle ?

J'ai compté pendant trois ans chaque seconde passées sans lui, j'ai conté chaque instant où il m'effleurait de sa présence. Je l'ai aimé en me questionnant sur tout, sauf sur l'amour irrationnelle que je lui portais, que j'éprouvais. Je l'ai aimé, et c'est cliché, du premier regard au dernier, quand je fus assez forte pour l'embrasser sans céder.

Je voyais enfin le visage du...désespoir, un visage déserté par ces sentiments qui nous font croire, un visage qui essayait de recoller les pots cassés et qui ignorait où étaient les petits morceaux - logés dans tes orteils, avais-je envie de lui dire. Et il fallait que ce soit sur ton...tu m'excuseras, beau visage, que s'affichent ma vie passée, les angoisses et les pleurs. C'était injuste, c'est ce qui m'a traversé l'esprit en regardant les étoiles, tentative vaine de te laisser ta douloureuse intimitié avec elle. Elle avait l'air gentille, et tu avais l'air conquis. Je me sentais plus mal encore que si j'avais surpris un baiser.

Il m'était dur de détacher mes yeux de toi. J'aurai voulu prendre sa place et te le dire. Te dire que parfois, quand une peine nous enveloppe tout entier, te le dire, que le temps n'arrangera pas tout. Te dire que vivre sans elle, eh bien...C'est comme n'importe quoi, on fini par s'habituer, mais on ne peut remplir ce genre de trous dans l'âme. J'en fus désolée.

Je n'ai pas eu envie de t'arracher à elle comme je l'avais d'abord cru. Même maintenant, gourmandises gênantes, les instants que lui et moi partagions étaient sucrées, elles m'appartenaient, elles m'appartiennent, et je me serai battue comme une furie pour rester avec lui. J'avais envie de te dire tout ça avec ces mots-là, parce qu'à défaut d'être très beaux, ils avaient le mérite d'être absolument vrais. Tristes et esseulés, mais vrais. J'ai eu envie que tu saches l'ampleur de ma peine, afin de comprendre que peu importe la scène finale, on ne peut en sortir indemne.


J'avais les pensées plutôt claires, en me relisant. Je sais qu'il ne lira jamais ça, mais...humf. Il le faudrait peut-être. Il me semble que mon soleil des dernières semaines s'est quelque peu assombri, maintenant.

13 mars 2008

Décision,sion,sion...

Je suis effrayée, je suis pressée, je suis épuisée, je ne devrais pas faire ça mais plutôt étudier pour mon immense examen demain, mais...

Je change de programme à la session d'août pour m'en aller en profil majeur théâtre, et j'ai l'impression que tout va mieux, maintenant.

Souhaitez-moi bonne chance...

Je vous reviens avec plus ample détails demain !

10 mars 2008

NYC boys



J'ai passé une fin de semaine mémorable à New York, une ville dont je suis tombée éperduement amoureuse. Son béton vibrant, ses bruits assourdissants, ses lumières du soir, ses couleurs éblouissantes...



Son art. Broadway, Greenwich Village et ses monuments, le spectacle expérimental de danse multimédia auquel nous avons assisté, le Whitney Museum et son art contemporain américain qui m'a profondément décoiffé (mon meilleur moment de la fin de semaine). Son art partout, instantanée, éphémère. Ses grands arbres qui jetent de l'ombre sur la rue quand le soleil s'y pointe un peu, le ciel que nous devinons, caché derrière les buildings qui s'empilent. Ses passants pressés et fascinants, la surprise d'y croiser quelqu'un de connu. New York, c'est beau, c'est grand, c'est sale ; j'aime ça.



Je savais que j'aimerais ça, je n'avais qu'à transposer ma passion, mon obsession pour Montréal à une plus grande échelle ! Déambuler dans les rues sans but précis, sans savoir où les trottoirs vont me mener, être entourée de quelque chose d'infiniment plus grand que moi, des étoiles dans les yeux et la bouche entrouverte. C'était ça, ma fin de semaine.



Découvrir les gens qui peuplent ma vie, aussi. Les découvrir vraiment, et réaliser qu'ils ont des défauts inattendus, et décider aussi d'apprendre à vivre avec eux, parce que ça ne se fait pas, d'abandonner comme ça.



S'en rapprocher, aussi. Créer des liens spéciaux avec eux, je pense ici à une personne en particulier. Regardez des tableaux d'arts abstraits en sa compagnie, main dans la main, et y voir, au fond, son reflet. On vit un moment, Amélie. Tu l'as dis...j'en vivais même un double. Être heureuse, être émue, être fière, tout ça à la fois, sans ordre de préférence. Se sentir spéciale, se sentir...bien. J'étais choyée, j'en suis consciente. Cet homme m'a marqué dès les premiers moments où j'ai fais sa connaissance et il m'a définitivement renversée durant la fin de semaine. Rébecca n'avait pas si tort, quand elle lui a dit " Si tu veux trouver un chum pour Amélie, trouve un gars qui te ressemble. "



En fait elle avait trop raison, c'est sûrement ça, ma colère. Parce qu'un homme comme lui, ça n'existe pas. Un homme intelligent, cultivé, passionné, humble, avec un accent si charmant, attentionné, patient, qui te regarde dans les yeux en parlant, qui échappe quelques compliments au gré de ses fantaisies, avec un imaginaire comme le sien... Non, franchement, j'ai redéfini mes standards ; mon homme idéal, c'est mon professeur d'histoire du théâtre.





Je parlais de quoi moi déjà ? Ah oui, New York !



Ma mère trouve que je suis revenue plus énergique, moins fatiguée et plus belle ; c'est sans doute vrai. J'ai l'impression qu'on m'a shooté de la vie en bloc dans les veines pendant trois jours. Au fond je suis épuisée, mais c'est tellement plus que de la fatigue que...je continue chaque matin à me lever comme si j'avais dormi douze heures sans m'interrompre.




Maintenant, je termine ce message-ci pour en commencer un autre parce que je suis trop excitée, iiiiiiiiih !

27 février 2008

No day but today

Ma nouvelle hymne à la vie, tirée directement de la comédie musicale Rent, sur Broadway. J'avais dis, en janvier, que je ne ferais pas de résolutions auxquelles assurément, je désobéirais après quelques semaines, voire quelques jours.

Mais là, présentement, maintenant, je suis prête.

Ça s'échalonne sur un an, quand même, ma résolution. En fait, c'est pas vraiment une résolution, c'est plus un but, un objectif, un ce-que-vous-voudrez, mais c'est à réaliser. C'est quelque chose qui me tient à coeur, vraiment. Ça fait longtemps que j'aurai du m'y mettre.

Je vais...perdre du poids.

Bon, c'est dit. Reste plus qu'à mettre tout ça en oeuvre, en action, en place ! Avec ma mère, on est allée voir une nutritionniste. En un an, qu'elle a dit. Un an pour atteindre mon poids santé, ou presque. Un an. Un an de privation, de sacrifices, un an sobre. Mais ça ira, je crois. Ça ira.

Un an dans une vie, c'est presque rien. Un an pour me remettre sur pied avant de partir pour l'université. Un an pour laisser mon ancienne vie ici et débarquer à Montréal fraîche et dispo' pour l'avenir.

C'est ce que je veux plus que tout au monde. Plus que la gloire, plus que gagner des concours littéraires, plus que d'avoir une Cote R merveilleuse, c'est mon seul souhait.

Je le fais pour moi, et pour personne d'autre. Je me le dois bien.

En attendant...

There is no future
There is no past
Thanks God this moments not the last

There only us
There only this
Forget regrets
Or life is yours to miss

No other road
No other way
No day but today.

La pluie

En fait, il neige.
Mais hier, en revenant du match d'improvisation, en plein coeur de la tempête, avec des essuie-glaces rebelles qui ne fonctionnaient pas, un peu au bord de la panique, j'ai allumé la radio et c'était mon disque de Tricot Machine qui jouait.
La pluie.
Alors, j'ai pleuré,parce que je n'avais rien de mieux à faire.
J'ai appelé Julien, qui ne répondait pas sur son cellulaire. Je lui ai laissé un message un peu...hystérique, en pleurant et en baragouinant des mots pas beaux, des mots honnis, des mots auxquels je ne devrais pas penser.
Cette chanson n'évoque rien de particulier en moi, ne serait-ce que parce qu'elle est incroyablement touchante et éloquente. Je n'ai jamais vécue une situation pareille,mais presque à chaque écoute, je pleure. Quelques larmes ou la totale, mais je pleure.

Alors hier soir j'ai pleuré.
Et j'ai parlé avec mes parents, longtemps.
Et ça a fait...du bien.
Vraiment, que du bien.



La pluie - Tricot Machine

Dimanche après-midi
Il pleut encore
Il fait un temps à faire l'amour

Je mets de la musique
J'attends que ça passe
J'ai pas mon humeur
Des beaux jours

Je suis fatiguée de paresser
Je devrais me lever
Mettre mon imper

Je veux pas sortir
J'ai pus de plaisir
On dirait que tout
Me tombe sur les nerfs

J'ai un secret
Quand je change de pièce
Eh ben c'est chez toi que j'arrive

Au creux de ton lit
Tout endormie
Des restants de rêves
Au coin des yeux

Un océan entre nous deux
Sais-tu ce que c'est
Que de débouler

Un escalier
Tout énervée
Pour débarrer

La porte d'entrée

Mais va pas croire
Que je m'ennuie
Je sais rester forte
Malgré la pluie

Ok c'est vrai
C'est des menteries
Donne-moi de la force
Mens-moi aussi

Dimanche après-midi
Il pleut tu aussi à Paris ?



Finalement...
Ça résume vraiment bien mon état d'âme des dernières semaines.
Sauf l'histoire de Paris, évidemment.
Mais le reste...
Vraiment.

25 février 2008

Le syndrome de la page blanche

Ça fait quelques jours déjà que je suis en panne sèche d'idées, pour l'écriture. Je regarde mon cahier de textes du coin de l'oeil et je soupire, parce que ça ne vient vraiment pas. Et je désespère, parce que la date d'inscription au concours Critère approche drastiquement et je n'ai toujours rien pondu qui puisse ressembler à un texte sur la haine.

Et pendant le cours d'anglais, ça y était . Une phrase, quelques paragraphes, pour me remettre dans le bain. Et puis une autre idée, des nouveaux mots, quelques larmes qui s'éparpillent sous mes lunettes et je donnais vie à une ébauche d'histoire, comme ça, dans la marge de mon cahier d'exercices. Un peu de moi, un peu des autres en elle, ma nouvelle elle, comme toutes les autres femmes écorchées par leur existence à qui je permets de s'exprimer à travers mon stylo.

Mais celle-là, je la sens bien, bien, bien.

On verra.

Au moins, je n'ai plus l'impression d'être une grosse coquille vide de sens et d'émotions.

Et ça, ça me plaît bien.