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9 juillet 2010

Discussion mouillée

Je discutais avec Amie-Lumière-Médecin en barbotant dans la piscine de ma peur de ne plus jamais pouvoir aimer comme j'ai aimé Minou.

ALM - '' Tu sais, Amélie...moi, je n'ai jamais aimé comme toi. "
M - '' Hein ?! ''
ALM - '' Non, jamais. Je sais pas ce que ça fait, tsé, d'être transcendé par la passion. ''
M - '' Ben là! Ça fait 1 an que tu es avec ton chum, tu dois avoir vécu ça au moins au début ! ''
ALM - '' Non, jamais. ''
M - '' Fuck...''
ALM - '' Je sais pas, j'ai une théorie comme quoi...tsé, certaines personnes comme moi sont trop rationnelles pour se laisser emporter par ça. Un moment donné, tu te dis, eille làlà, ça suffit ! et tu arrêtes de chercher la passion à tout prix. Mon chum, je sais pas si c'est l'homme de ma vie mais pour l'instant c'est ça qui est ça alors en attendant je vis avec.

Outre ma profonde envie de pleurer, son calme et sa... sérénité m'ont presque donné envie de la jalouser d'être juste...bien avec cette idée-là.

ALM - '' Tu sais quoi ? Moi je pense que ça va te prendre un gars pas mal terre-à-terre pour te faire descendre de ton nuage, un gars en finances ou en santé ou whatever, mais un gars qui fait pas de théâtre lui non plus, juste pour que...tsé, tu te calmes les idées de passion un peu pis que tu vives de quoi de moins éphémère. ''

Seigneur.

3 mai 2010

L'appendice de Minou

En fait, il en plus d'appendice, Minou.
Depuis aujourd'hui.

C'est immanquable : chaque fois que je suis acceptée dans un truc en art dram, Minou entre d'urgence à l'hôpital. La première fois, il s'est fait frapper par un char en traversant la rue. Là, son appendice éclate.

J'ai passé la soirée avec des amies à ruminer ma colère, il ne m'a même pas appelé pour me dire qu'il était fier de moi, fuck esti, il le sait tellement en plus que c'était important, c'est ça qui me fait chier, vous comprenez! Il sait que c'est IMPORTANT. Moi je lui ferai jamais ça, jamais jamias! et la soirée à envoyer des fuckin' messages textes haineux, sérieux Minou si tu avais voulu délibérément me faire chier et me blesser, ben tu aurais pas pu choisir une meilleure façon, fuck !

Vers 11hrs, j'arrive à la maison, la tête pleine de conseil des amies, et le coeur un peu en berne, le cellulaire muet et mon envie de tuer Minou intacte. Je me couche, le téléphone sonne chez moi. Pas sur mon cell, non non, à la maison. Ma mère entre dans ma chambre, Minou au téléphone. Il a l'air bizzare.

Et pour cause. Il venait juste de se réveiller, il sortait de la salle de réveil. Je suis à l'hôpital, j'ai fait une crise d'appendice, je suis correct là, j'avais juste le goût de te parler. (J'entends déjà Meilleur Ami Hétéro faire une crise de coeur en lisant ça.)(Et sacrer aussi.)

Une demie-heure plus tard j'étais dans sa chambre.

Là je suis fatiguée, fuck, tellement fatiguée. Il faisait tellement pitié à voir, coucher au milieu du trop grand lit, emmêlé dans des maudits draps d'hôpital bleus. Je déteste les hôpitaux. Viscéralement. Probablement moins que Minou qui a passé son enfance à se faire trimballer entre deux traitements de chimio, mais je n'ai jamais, jamais, jamais été heureuse dans un hôpital, et encore moins au 7ième étage de l'hôpital de notre ville, là où mon grand-père est mort, où mon père était quand il a eu le cancer, où ma mère a eu son empoisonnement sanguin...

Ça sent, tsé, une odeur de mort.

Anyway. Il était là et on a parlé, je l'ai fait boire, je l'ai aidé - gloups - à faire pipi, malgré son orgueil, avec des mots pas ben ben rassurants - Minou ton pénis je l'ai déjà vu arrête de faire ton prude, bonjour Monsieur Pénis, long time no see ! - et on riait parce que c'était absurde, en fait, totalement ridicule. Il a fini par me chasser le temps de pisser, et on a joué un peu à « je suis sur mon lit de mort alors je me confesse » .

Minou - Des fois là...
Amélie - Oui...
Minou - Des fois j'ai l'impression qu'on est comme le couple dans Le grand Départ.
Amélie, même si je comprends que trop bien - Comment ça ?
Minou - Ben, la femme tsé, elle accepte pas le départ de son mari, pis lui ben, finalement, il part mais il se rend compte que l'exotisme de la femme plus jeune, c'pas tant hot, parce qu'à la fin y'a des jumeaux pis il a pas l'air heureux. Dans le fond là, est-ce qu'on va finir par être heureux un jour ?
Amélie - J'sais pas, Minou. Des fois j'me dis que tu sais pas trop quel rôle je joue, la femme qui peut pas te laisser partir ou l'exotisme.
Minou - Des fois j'aimerais ça être la fille qui se suicide pis c'est ça, me...
Amélie - Eille! Je vais dire à l'infirmière de débrancher ta morphine toi, mon torrieux!
Minou - T'es gentille d'être venue me voir.
Amélie - Comme si j'allais te laisser tout seul quand tu viens juste de te réveiller d'une opération comme ça, tsé.
Minou - Mais non mais, tsé,...
Amélie - Ouais, je sais.
Minou, soupirant - Crisse que ça serait plus simple si on était capable d'être juste des amis.
Amélie, soupirant - Je serai jamais ton amie, Minou, ok. Et si tu me considères comme une amie je serai peut-être mieux de partir maintenant, parce qu'une amie, ça passe pas la nuit au chevet de son ex quand elle travaille à 8hrs le lendemain.
Minou - Ah....merci,merci,merci d'être là.
Amélie - Je vais vraiment arrêter d'être gentille un jour, je te jure.
Minou - Je vais t'appeler demain...ma mère a appelé Emilie...
Amélie - Salope.
Minou - Ça serait malaisant que tu te pointes ici et qu'elle soit là, fek...je vais t'appeler avant.
Amélie - Salope, salope, salope.
Minou - J'ai même pas la force de te dire d'arrêter.
Amélie - Tant mieux. Salopesalopesalopesalopesalope.
Minou - T'es conne, bébé.
Amélie - Toi tu gâches tout.
Minou - Ouin. Toi aussi, dans le fond.
Amélie - Ah..Minou, moi je veux juste être heureuse, tsé. Avec toi.
Minou - Mais moi aussi j'aimerais ça mais, mais, à la fin, j'étais pu heureux. C'est pour ça que les gens se séparent, Amélie. Parce qu'ils sont plus heureux.
Amélie - Pis là, tu l'es vraiment plus ?
Minou - Ben non.

J'ai pris mes trucs, premièrement parce qu'il commençait à tomber de fatigue et parce que fuck, moi aussi. J'ai flatté un peu ses cheveux, ses mains, ses paumes, ses tempes, ses cuisses. Il souriait, il était beau même pleins de bandages, le visage enflé par la morphine et la fatigue.

Tu sais quoi Minou ? Ça va te forcer à prendre du repos, ce mois-là de convalescence.Et ça va te permettre d'être tout seul, de penser juste à toi, à tes petis caprices, du prendre du temps. Bonne nouvelle, non ?

Il a souri, il m'a fait bye bye de la main.

En prenant l'ascenseur, une vieille infirmière s'est jointe à moi.

Nurse - Oh, tu es Amélie, n'est-ce pas ?
Amélie, étonnée - Oui, oui. Je suis désolée, j'avais pas le droit d'être là, hein?
Nurse - Non, tu avais pas le droit, mais quand ce sont nos nouveaux patients, on laisse passer bien souvent.
Amélie - Ohh. Ben, merci. Ça m'a fait du bien de le voir.
Nurse - Ça a du lui faire du bien aussi, il marmonne votre nom depuis son réveil.
Amélie sarcastique - Oh, attention, il marmonnait peut-être Emilie aussi...
Nurse - Non, non. Amé, Amé, Amé, c'est toi ça non, Amé ?
Amélie, émue - Oui oui, c'est moi.
Nurse - Ça fait 40 ans que j'accompagne des patients qui se réveillent après des opérations. Crois-moi, il disait Amélie. Pourquoi il aurait du dire Emilie ?
Amélie - Oh ben, des fois, il est mêlé...

En démarrant la voiture, il jouait Stairway to heaven de Led Zeppelin, j'ai compte cinq araignées-du-soir-espoir et là, je vais dormir, manne.

2 mai 2010

Je suis arrivée dans le Tim Horton comme une princesse.
Je sortais du théâtre, j'étais en robe, bien coiffée, bien maquillée.
Il était tout petit dans son manteau d'hiver même s'il faisait chaud, trop chaud pour un manteau d'hiver, mais je me suis pas aperçu qu'il faisait chaud, j'ai froid tout le temps.

On a commandé, un thé miel & citron pour moi, un grand café avec quelques beignes pour lui. J'ai souri.

Le toaster faisait crissement du bruit et c'était agressant mais comme Minou et moi on a un monde à part quand on est ensemble, ben, on s'en rendait pas vraiment compte.

On a parlé longtemps de tout et de rien. Il avait un stage de clown en fin de semaine, on badinait, je lui racontais la pièce que je venais de voir, lui celle qu'il avait vu hier, sans entrer dans le vif du sujet. Puis, tout d'un coup, fuck man, pourquoi t'es gentille avec moi ? Pourquoi t'es encore là ? J'agis toujours comme le pire des salauds pis toi tu restes là ?

Esti que je le sais pas pourquoi je reste là, comme si l'amour c'était pu un argument valable tout d'un coup. J'me suis sentie tellement...fatiguée. Et ça a du paraître, parce qu'il a mis sa tête entre ses mains et qu'il marmonnait des insultes à son égard. Je sais pas pourquoi je reste là, Minou. Je peux pas m'en empêcher. Tout le monde me dit que tu changeras jamais, que si tu m'as laissé une fois t'aurais pas de scrupule à le faire encore, et encore, et encore, pis fuck, moi, je comprends rien, je reste là, je peux pas m'empêcher de vouloir te rendre heureux parce que si t'es heureux, je suis heureuse, et là je le vois que t'es pas heureux, ça me brise le coeur, je suis crissement mal faite, hein ? J'aimerais mieux pouvoir m'en calisser, honnêtement.

Il secouait toujours la tête,toujours toujours la tête, tsé quand Emilie va partir en juillet, on va enfin avoir la paix, on va pouvoir être ensemble, on va...

J'ai levé la main. Stop. Il m'a regardé avec un drôle d'air. Si tu comptes être avec moi du 1er juillet au 23 août, jusqu'à ce qu'elle revienne, si tu comptes être avec moi pour ensuite retourner la voir aussitôt qu'elle va revenir, sous prétexte qu'elle est plus mince, ben oublie ça immédiatement. Je le supporterai pas, Minou, tu comprends ? Des fois j'ai peur de me briser complètement et je sais qu'avec ça, ça serait...tsé, le summum, là, fuck. Plus que ce que je peux endurer.

Il a haussé les épaules. Je sais pas ce qui va arriver à son retour, je peux rien promettre.

J'ai pris mon sac. C'est vraiment dommage, parce que c'est justement de ça dont j'ai besoin. Des promesses. Des véritables promesses. De la confiance, genre. De l'assurance.

Il a voulu me retenir, Mais toi, t'es parfaite, c'est ça ? Toi tu doutes jamais ?

J'ai souri. Je doute pas de moi. Je doute pas que je t'aime.

Il s'est refrogné. Dis pas ça, Amé...crisse.

Il comprend rien. Tu comprends rien.

Et je suis partie.

Oui, vraiment, ne pas le voir de l'été, c'est une excellente décision.

28 avril 2010

Seigneur dieu de Jésus Christ

« J'ai pris ma décision, j'ai laissé Emilie. On vas-tu au cinéma ce soir, bébé ? »

Et moi, je suis complètement figée.

J'attends ça depuis des mois, et, pour vrai...

Je pense que ça me tente pu.

25 avril 2010

Constat de...peur

Amélie dit :
Je suis juste chicken.
Et totalement effrayée à l'idée qu'il me repousse
Tsé, j'aurai l'air de quoi?

Jessica dit :
Ouin je sais, je vis un peu la même peur.
Sauf que moi j'ai peur qu'il me repousse, et j'ai peur de ce que ça implique s'il me repousse pas. C'est encore plus pathétique.

Amélie dit :
On est pitoyable.

24 avril 2010

Pis fuck

J'en parle, parce que j'ai envie d'en parler. Parce que j'ai bu un peu trop de sangria mais j'ai aussi mangé trop de sushis, vraiment trop de sushis, j'ai mal au coeur et là, j'ai le goût d'en parler. Je sens déjà que tout ça est ridicule et que ça va nul part, alors, aussi bien alimenter mon blog.

Le P'tit Kid.

J'en ai déjà parlé une fois, cliquer sur son nom en dessous du message, vous allez voir.

En tout cas.

Il mesure 6 pieds 4, il a un coeur grand comme la terre, on fait des concours de callage de pichets de rhum & coke spicy, il m'achète des sandwichs dans un Couche-Tard parce que je suis pauvre et affamée, quand il me serre dans ses bras ça fait tellement du bien, il sent bon (god bless l'inventeur du parfum Adidas), j'ai tout le temps envie de l'embrasser mais je trouve jamais le bon moment, et je sais pas si le bon moment va arriver un jour.

Il a eu 18 ans en novembre, il a pas son permis de conduire encore, il commence le Cégep (une technique pour être infirmier), il a des drôles d'amis, des fois je trouve qu'il pourrait être un peu moins mou (il me laisse toujours choisir, il est toujours gentil et patient) mais on dirait que...

Il est parfait.

Il est merveilleusement parfait.
Une perfection tellement rassurante.

Pas une perfection, tsé, énervante. Non,non. Une crisse de belle perfection. Le genre de perfection qui fait du bien. C'est le fun, être avec lui. C'est agréable. Je me sens bien. Je me sens unique. C'est égocentrique, hein? Peut-être un peu.

Il a dit à une amie qu'il me trouvait merveilleuse, et tellement belle. Il a dit aussi qu'il partait faire un stage en Afrique, dans longtemps quand même, et pour longtemps. Il a dit, j'ai pas envie de lui faire de la peine, je suis bien tout seul en ce moment, je peux pas envisager d'être avec elle en sachant que je vais partir, arrêtez de me rappeler qu'elle est merveilleuse, svp.

Je sais pas quoi penser. Il peut pas avoir changer d'idée en une semaine. Mais quand on danse ensemble, quand il met son bras autour de mes épaules, quand je suis collée contre lui dans la foule, quand on boit des shooters, quand il s'assoit sur un tabouret pour être à ma hauteur et que je me glisse près de lui, entre ses jambes, quand on se chamaille, quand il prend soin de moi, quand il me regarde, oh.

Je sais pas quoi penser. Ça bouillonne.

Et je suis profondément persuadée que ça fonctionnera pas, parce que ça se peut pas que ça fonctionne. Ce serait beaucoup trop simple, beaucoup trop agréable, beaucoup trop magique. Je veux dire, il peut pas réaliser que je vaux la peine de faire une croix sur ses principes, fuck, l'amour,tsé. Il peut pas être amoureux de moi, ni m'aimer bien.

Moi je crois qu'il est juste fin comme ça avec tout le monde, genre, en général.

Ou alors qu'il tripe sur ma meilleure amie, ça se pourrait beaucoup ça aussi. Ça fini toujours comme ça habituellement, anyway.

J'ai eu milles occasions de le frencher sauvagemment et j'en suis incapable. J'ai envie de me promener main dans la main avec lui dans un parc, je rêve qu'il m'invite au cinéma, j'ai quatre ans et demi. J'ai envie de me réveiller avec lui le matin, d'être bien.

Juste ça. D'être bien.

Je veux pas qu'il me promette la lune, je veux même pas qu'il dise que je suis sa blonde, c'pas vraiment grave, tsé. Je veux pas penser qu'il part en Afrique, je veux pas penser que je déménage à Montréal en juillet, qu'il reste ici.

Je veux juste être bien avec lui. Jouer avec mon cousin dans la piscine, faire des folies, l'embrasser, je suis sûre qu'il embrasse bien, oh.

Je veux pas penser à Minou. Je veux pas me demander si je dois penser à Minou. Je veux pas l'utiliser comme...rebound. Je veux pas qu'il croit qu'il est ça, tsé, un rebound.

Je voudrais qu'il finisse de travailler à la crèmerie et qu'il vienne me rejoindre, au chaud, dans mon lit. Qu'il me donne un baiser dans le front, qu'on soit bien.

Je radote un peu, je vous rappelle que je suis un peu soule, mais le fond reste vrai.

Je sais pas si ce qui va arriver. Je multiplie les occasions de le voir mais je marche sur une corde raide, je veux pas être collante, ni énervante, il a dit qu'il était bien tout seul Amélie, il a dit qu'il était bien tout seul, alors je reste zen, je souris, je lui donne un chaste baiser sur la bouche avant de partir dormir, je danse plus loin, je le laisse venir, je m'approche, je recule, mes amies hurlent parce que je passe le trois quart de mon temps à analyser la situation, je vérifie son profil Facebook au moins 50 fois par jour, je grince un peu des dents quand une jolie fille lui parle devant moi et pourtant, je sens qu'avec lui, je serai pas jalouse, je serai pas folle, je serai pas possessive.

J'ai juste envie qu'on soit bien.

Et je sais, je sais, Minou, tu l'as encore dans la tête, Minou Minou, commence par être bien sans lui et après tu essaies d'être avec quelqu'un d'autre mais, tsé.

J'ai-envie-d'essayer-quand-même.

Alors c'est ça.

Maintenant que l'abcès est crevé, je vais en parler tout le temps, tout-le-temps, tout le temps.

Et avec ça ben, faudrait que j'aille faire dodo, j'ai encore...2 travaux à remettre avant la fin officielle de ma session, dans...deux jours. 14 pages de choses intelligentes à composer. Ehlala.

C'est beaucoup plus drôle analyser ma vie, vous en conviendrez. ;)

22 avril 2010

Jugez-moi

Un jour, genre bientôt, je vais finir par lui dire ça.

Minou, on arrête-tu de jouer, là? Viens t'en, on va aller à la SAQ, on va écouter Just Friends chez nous, ça va être cool, on va réserver une petite maison à Old Orchard ou ailleurs pour l'été, juste pour partir un peu d'ici, on va manger des homards, en septembre tu vas dormir dans mon appart à Hochelaga après les cours pis tu sais quoi ? On va juste être bien.

Pis s'il dit non, ben...

Fuck off.

Je sais plus quoi faire d'autres, sinon.
Je suis à courts de moyens, pis pour la première fois, à courts de mots.

Cette nuit j'ai rêvé que j'avais le cancer.
Dans mon livre des rêves, ça veut dire qu'on est rongé par une peine qui nous bouffe toute notre énergie.

J'aimerais ça rêver à des affaires qui veulent dire que notre vie amoureuse va aller pour le mieux.

Ouin.

18 avril 2010

C'est parce que...

Coach de vie a dit commence don par vivre tes histoires de l'intérieur, après tu les écriras ici.

Je trouve que c'est une maudite bonne idée, des fois.

Promis, aussitôt que j'ai frenché, je vous raconte tout, calisse.

Mais j'essaie de l'écouter un peu, par moments.

15 avril 2010

Je vous parle plus du Hippie depuis bout parce que...

1. Je suis en fin de session pis j'ai pas tant le goût de me torturer émotionnellement.

Et surtout...

2. Quand je l'ai croisé aujourd'hui, s'il avait pu devenir invisible et disparaître, je crois qu'il l'aurait fait sur-le-champ.

Je comprends pas.
Je comprends rien.

Pis sérieux, je pense que je m'en calisse.
Allez-y, soyez tous déçus en coeur!

D'après moi le blog me porte malheur. Faudrait que j'arrête de parle de mes petits flirts ici, chaque fois c'est catastrophique ! (Mister O, Mister Love, le Hippie maintenant ! ) (j'inclus pas Minou parce que god, le seul avec qui ça a marché c'est lui pis j'en avais pas parlé sur le blog avant de le frencher, crisse. )

Hier encore

J'ai vu mes anciens beaux-parents hier. Ils étaient en voiture, ils ont passé devant moi, j'ai baissé la tête un peu, mais je savais bien qu'ils reconnaîtraient la voiture. J'allais justement chercher Minou, on allait s'assoir un peu au bord de l'eau, tu peux venir chez moi si tu veux, mes parents sont pas là. J'ai flatté le petit chien qui,excité, a grafigné la peinture de ma voiture et mes mollets. Faut croire qu'il me reconnaissait, le petit cabot. J'imagine que lorsque tu lèches la face de quelqu'un pendant un an et demi à chaque matin, ça vient à créer des liens.

On a parlé de cet été, encore et encore, on a retourné tout ça dans tous les sens inimaginables, je vous jure. Faut créer une belle chimie, faut vraiment arrêter de se disputer tout le temps. J'ai grimacé. Arrête de jouer au gars heureux pis ça va bien aller. Il a grimacé à son tour. Mais, des fois, je suis heureux.

Je suffoquais. J'ai crié. Longuement. Longtemps. Des mots durs, il a baissé la tête à son tour, et moi je rougissais de colère. Une semaine ça va pas bien tu reviens pleurer contre mes seins en me suppliant de maigrir, après je sais pas, vous devez baiser mais après c'est le bonheur, alors je compte sur mes doigts le nombre de jours avant que tu ne reviennes me voir en larmes et en me suppliant. Sérieux Minou, je suis pu capable, sois tu sors de ma vie complètement, sois tu arrêtes de faire comme si vous viviez une histoire idyllique toi pis ta crisse de folle prétentieuse.

Il a rien dit. Je l'ai fixé. Je pense que je l'ai blessé. Ça vaut bien pour toutes les fois où il m'a fait sentir comme ça. Moi je joue jamais avec toi, je sais pas pourquoi tu te sens obligé de mettre ce masque-là quand on est ensemble.

Il a haussé les épaules. Je le porte à longueur de journée, à longueur de semaine, ce masque-là, comme tu dis.

J'ai démarré la voiture. Ça semble pas peser trop lourd puisque tu t'entêtes à rester là...

Son cellulaire a sonné, sa maman, tu es avec Amélie ?! Invite-la à souper, c'est ma fête ce soir, oh, je t'en prie !

Il m'a regardé de biais, j'ai secoué la tête. J'ai articulé sans parler travail de session et il a dit que non,non, une autre fois maman, ok ?

Quand je l'ai déposé chez lui, j'ai fait des grands signes de main à sa mère par la fenêtre et je me suis dit qu'une grosse partie de mon coeur était resté dans cette cuisine-là, avec sa mère fragile et tous nos éclats de rire.

Crisse que je m'ennuie.

Et le soir, je faisais des travaux dans un Tim Horton, il faisait frette, le monsieur à côté de moi puait, il était 23 heures et j'ai texté à Minou, sacrament, veux-tu ben me dire où est-ce que j'ai gaffé pour me ramasser ici, à ce moment-là de ma vie ? Je comprends pas. Il m'a répondu déroule ton rebord, on sait jamais.

J'ai ri, et j'ai gagné un beigne.

Je cherche encore l'interprétation de ce signe.

14 avril 2010

Justement.

Juste comme Elaine, alias Coach de vie, me dit durant ton entrevue, mise sur ce qui est vrai : tu es plus stable qu'avant par rapport à lui, ben le téléphone sonne.



Minou, évidemment.



M - Comment tu te sens, pour cet après-midi?

A - Calissement stressée. Je pense que je me sens comme si j'allais disputer un match de boxe, genre.

M - Ben là...

A - Eille, tu réalises pas! Faut que je leur fasse voir que je suis saine, équilibrée, que je peux gérer de travailler avec toi cet été, que ça va être sweet à l'os, PIS JE LE CROIS MÊME PAS MOI-MÊME.

M - Sacrament, moi non plus je le crois pas.

A - Rappelle-moi pourquoi on veut travailler encore ensemble.

M - (silence) Je sais pas, on peut juste pas s'en empêcher.

A - Réponse absolument pas recevable dans le cadre d'une entrevue!

M - Je sais ben!

A - Mais je mise sur le fait que tsé, dans le fond, je suis pas une mauvaise employée, j'ai juste laissé...mon problème personnel...parfois...interférer avec...ma qualité de travail.

M - Je veux pas être défaitiste mais c'est précisément la raison pour laquelle elle hésite à te reprendre, Amé.

A - ESTI DE SIBOIRE, C'EST JUSTE HUMAIN, LÀ!

M - Calme-toi !

A - Non mais là, sacrament. T'es supposé m'encourager!

M - Ben, let's go let's go, crisse. Qu'est-ce que tu veux que je te dise?

A - Je sais pas, esti. Faut que je te laisse, làlà, je vais essayer de trouver comment m'habiller.

M - Ok.

A - Je vais t'appeler après.

M - Ben non, viens me voir à la maison...


ET ÇA RECOMMENCE.

Constat de...vêtements

Je sais comment m'habiller pour aller à une entrevue.
Je sais comment m'habiller pour aller à une audition.
Je sais comment m'habiller pour aller à une première date - en montrer juste assez mais pas trop, tsé, pour suggérer.
Je sais comment m'habiller pour aller manifester.
Je sais même comment m'habiller pour me fondre dans la masse de gens stylés lors d'un Lancement de Revue littéraire.

Mais ce matin...

Comment on s'habille pour aller à une entrevue avec ses anciens patrons, pour revendiquer son poste qu'on occupe depuis les deux dernières années, et les convaincre qu'ils peuvent nous engager sans se soucier de gérer nos problèmes sentimentaux avec un autre membre du staff et surtout, les persuader que le professionnalisme ne sera pas remis en question durant l'été ?

Hein ?

Comment les persuader que ça va bien aller alors que moi-même, je doute? Alors que je ne sais même pas si les vraies raisons qui me poussent à retourner travailler là-bas sont les bonnes ? (Lire ici, je crois par moments que je veux retourner à mon ancien emploi juste pour Minou.)

Seigneur.

J'imagine qu'il faut mettre quelque chose qui respire le bonheur, le bien-être, la confiance.

Pire bullshit ever.

J'ai frisé mes cheveux avec une montagne de spray-net et je pratique mon sourire.
Damn.

13 avril 2010

Dans un rond de fumée

Autour de la shisha, hier. On était assis sur des coussins indiens, il faisait un peu chaud, il y avait des drôles de chant qui sortaient d'on ne sait pas trop où, des hauts-parleurs bien cachés. J'avais mis mes jambes contre moi alors qu'il étendait les siennes sous la table. Je me recroquevillais dans le moment, mes babouches assorties à mes vêtements - comme toujours, comme toujours.

Il m'a dit, alors, c'est vrai ou pas que tu as quelqu'un dans ta vie?, et j'ai pensé au Hippie qui est si gentil, au Hippie qui reste éveillé très tard la nuit à boire du thé et à disserter en japonais ou en arabe, et j'ai souri un peu. Je sais pas trop, c'est compliqué. J'ai fait un geste de la main, et il a ri. Tu peux m'en parler, si tu veux. Non, je veux pas vraiment t'en parler. J'ai haussé les épaules. Il a ri encore. Ah, tu sais quoi ? Je sais pas si j'ai vraiment envie d'entendre ça, anyway.

J'ai souri un peu, encore, moi aussi.

On ne parlait pas, on se contentait d'essayer de faire des ronds de fumée avec plus ou moins de succès. On était assis nonchalament près l'un de l'autre, le thé faisait des volutes de fumée lui aussi, il était brûlant, je venais d'en renverser partout sur lui, je savais que tu allais faire un dégât, calisse ! et le soleil filtrait à travers les rideaux perlés.

J'ai eu envie d'être ailleurs, vraiment en Inde, ou juste ailleurs, pas obligé que ça soit aussi exotique, juste un endroit où être avec lui sans que ce soit compliqué. Tu penses à quoi ? qu'il m'a demandé. Je pense « je t'aime, je t'aime, je t'aime » et il a ri, tu ne peux pas m'aimer, tu ne t'aimes pas toi-même, tu ne peux pas m'aimer et j'ai ri, comme si tu t'aimais, comme si tu t'aimais! et on a ri encore plus fort parce que fuck, on le sait tellement qu'on s'aime.

De quoi tu as envie? qu'il a dit, même s'il connaissait la réponse. Je sais pas, Marc. J'ai envie de choses que tu ne peux plus m'offrir. Il a eu l'air perplexe. Comme quoi ? J'ai souri. Comme un baiser, comme une main, comme ta barbe dans mon dos en me réveillant, comme...

Je sais pas si c'était la vapeur de la shisha ou quoi, comme mon pénis bien dur pour commencer une journée du bon pied et j'ai ri, ri, ri, arrête de faire ton matcho insensible, gros bébé, ça marche pas.

On était juste bien, comme ça, pis j'ai pensé que oui, tsé, j'aimerais ça faire l'amour avec Marc encore. Il essaie toujours de me questionner sur ça et j'évase, j'évite, je fais un blocage. Pourquoi tu ne veux pas me parler des autres gars ? Et qu'est-ce que vous voulez que je réponde, tsé? Je veux pas parce que chaque fois je fini par imaginer que c'est toi.

Il a rien dit, il a baissé les yeux, a bu une gorgée de thé. Penses-tu qu'on va être capable de travailler ensemble cet été ?

Honnêtement, non. Il a rien dit. Moi non plus, je crois pas. Je n'ai pas bougé, j'ai écrasé mes jambes contre mon ventre, je crois que j'ai oublié de respirer. Alors, on fait quoi ?

Il a soupiré. Je sais pas. On dit que oui, oui, on va être capable, on fait comme si on se croyait et un jour on va sûrement finir par y croire. On est des comédiens, crisse.

Un temps.

Oui mais moi, avec toi, je ne joue pas.

Un autre temps.

Ah non, tu fais quoi ?

J'ai déposé doucement ma tasse contre la céramique de la table basse et j'ai posé mes jambes endolories sur les siennes. J'ai pensé à cette belle phrase-là, je sais pas trop pourquoi Marguerite Duras m'a poppé dans la tête, je fais même pas de travail sur elle, mais « je n'ai jamais écrit, croyant le faire, je n'ai jamais aimé, croyant aimer, je n'ai jamais vraiment rien fait qu'attendre devant la porte fermée. »

Il s'est levé. La shisha était éteinte et moi aussi, un petit peu.

Amé...tu ouvres des portes partout où tu passes.

J'ai souri encore, encore, encore, encore.

Crisse que je t'aime.

Dans une toilette

Mon cellulaire sonne. Très fort, la sonnerie de Minou.
Je réponds, éblouie.
Allo?
Il chuchote, allo, j'ai vu ton message texte, est-ce que ça va ? Es-tu correcte ?
Je comprends rien.
Oui oui, je t'ai juste dit de m'appeler quand tu aurais le temps, j'ai eu des nouvelles de la job, la directrice est partie imagine-toi don, et blablabla...

Après 5 minutes, je réalise qu'il chuchote encore. Voyons, pourquoi tu chuchotes ?
Léger malaise.
Je suis chez Emilie, je me suis cachée dans la toilette quand j'ai vu ton message texte, avant qu'elle puisse le lire. Je voulais t'appeler sur le champ.
Incompréhension totale et envie de rire.
Ben là, franchement, ça pressait vraiment pas tant que ça.

Léger malaise, encore.
Je sais ben, en tout cas, je peux pas te parler plus que ça, mais...je voulais surtout te dire bonne nuit. Bonne nuit.
Incompréhension totale et envie de rire.
Bonne nuit, Minou.
Légère hésitation.
Je...
Interrogation.
Quoi?
Soupir.
Oh, rien.

Il a raccroché.
J'ai soupiré à mon tour et j'ai continué à faire semblant de faire mes travaux de session.

Je sais pas si ça va avoir de nouveau un sens, cette histoire-là, un jour.
Je le sais tellement pas...

7 avril 2010

Il est trop gentil

Il est venu me rejoindre au Lancement de la Revue, ce soir.

Crisse qu'il est sweet.

Nos amis communs comprennent rien, man c'est trop pas son genre de faire ça, d'habitude il s'en va quand y'a trop de monde, il est vraiment vraiment réservé.

Il s'assoit face à moi et pendant qu'une fille over talentueuse lit un poème tellement tellement bon et genre tragique, j'avais juste le goût de sourire.

Quand il me regarde, on dirait que je suis la seule fille qui existe.

Fek...il est très gentil, trop gentil pour que j'essaie pas. Malgré mes préjugés, malgré mes craintes, malgré la longue et douloureuse période d'abstinence qui se profile...

Quand il me regarde, on dirait que je suis la seule fille qui existe.

Et mon égocentrisme totalement brisé réclame encore et encore sa présence apaisante à mes côtés.

4 avril 2010

L'appartement

La fin de semaine de Pâques tire à sa fin et je n'ai toujours pa dit à mes parents que je pars en appartement.

Je sais plus quoi faire pour leur dire, je songe presque à laisser traîner le bail, genre.

Pourtant c'est facile.

« Papa, maman, j'ai décidé de partir en appartement pour l'automne. Je me suis arrangée, j'ai ouvert un compte à la Caisse Desjardins, à cause de mon bon crédit - oui oui - ils m'ont accordé une marge de crédit. Je vais travailler cet été, et je vais garder mon emploi aussi durant la session scolaire, alors...je suis capable de payer tout. Je veux pas que vous soyez frustrés mais je trouve ça dur et fâchant de ne pas être à Montréal, il faut que vous compreniez que pour le moment, dans mon domaine, c'est là-bas que ça se passe. Je vais revenir chaque fin de semaine vous voir, je veux pas que vous pensiez que je vous aime pas. Je m'en vais en appart avec une fille vraiment gentille qui a si hâte de vous rencontrer, ça fait 5 ans qu'elle est partie de chez elle, on va être dans le même bloc que Cathou et Princesse P et on connait aussi notre future voisine et ayez pas peur, on fera pas toujours le party pas plus qu'on le fait maintenant, mais j'ai vraiment envie, j'ai besoin de ça, pouvez-vous comprendre ? J'ai besoin de changer d'air, ça presse, ça urge. C'est pas contre vous c'est juste pour moi. Et fuck, j'ai besoin que vous m'appuyez là dedans, je veux magasiner les couleurs des murs de ma chambre avec toi Maman, je veux aller chez Ikea, je veux que tu rencontres Allison que tu viennes voir l'appart à Cathou parce que c'est le même!, je veux que tu sois rassurée, je veux que tu rencontres la mère de Alli aussi, je veux que tu m'achètes un panier à linge qui fite avec la couleur de ma future couette, je veux juste tsé...ton appui, même si c'est un deuil mais c'est un deuil pour moi aussi, tsé. Sauf que j'ai pas le choix de le faire un jour. Et je veux dire...c'est pas cool que j'ai signé sans vous en parler mais en fait... vous m'avez appris à être qui je veux sans faire de compromis, si je réussis à foncer dans la vie sans m'arrêter et à retomber les deux pieds sur terre c'est parce que vous m'avez appris la valeur de mon existence et je crois vraiment que là, là là, j'en suis rendue là. »

Ouin.

C'est ça que je voudrais leur dire, dans le fond.

Précision

1. Dans la mesure où le Hippie aussi, ça lui tente d'essayer.

2. Mais s'il me parle sur le chat Facebook depuis une heure, j'imagine que ça augure bien (bis).

3. Hihihi.

15 mars 2010

J'ai la tête entre deux lignes d'un cahier où j'écris compulsivement une histoire pas trop jolie, une histoire pour que des gens la disent, la scandent, une histoire de catharsis, une histoire inventée ou presque, comme dirait Anna, ou quelque chose comme ça.

La date limite approche, faut que j'envoie mes brouillons de mots à l'École Nationale bientôt, bientôt.

Et mon histoire a pas encore vraiment l'air d'une histoire, encore moins d'une « courte pièce de théâtre de 45 minutes. »

Je sais pas trop de quoi ça parle, ça parle d'amour je pense, de tristesse, pis d'espoir. Je voudrais pas que ça aille une happy ending par exemple.

Même si présentement, devant mon écran, je jubile.

Via Facebook, « '' Blonde à Minou '' s'en va en Europe du 1er juillet à la fin août ! »

Aucune mention de la présence de Minou, Minou lui-même m'en a pas parlé, Minou m'en aurait parlé s'il partait tout l'été en Europe, il capoterait pas avec nos boss qui nous rappelent pas encore, Minou...

Minou reste ici. Elle là-bas. Moi ici.

Fuck that.

L'été va être digne d'un soap américain, again & again.

7 mars 2010

La question du jour

François... dit :
Pourquoi tu t'acharnes à gérer ta vie sur des coups de tête quand c'est justement le moment de pas se tromper?

Ouin.
Bonne question.
Ça concernait plus spécifiquement l'appartement, mais messemble que ça s'applique à l'ensemble.

Ouin.
Maudite bonne question...

Bon, bon, bon. Petite correction, après que François eut lu ceci.


François... dit :
J'ai plugué ça pendant qu'on parlait d'appart, mais je parlais bel et bien de + qu'une chose :P

Of course, of course.
Pour une fois que je saisis les sens cachés et les messages subliminaux... ;)

Minou et encore des mots

Quand Minou a fini par reprendre un peu sa contenance, sa première réaction a été ouin, je peux pas faire ça, lui mentir comme ça...je vais aller la voir.

Je me suis contentée d'hausser les sourcils, et on a éclaté de rire. On a démarré ma voiture et on est parti vers le théâtre, ma main dans ses cheveux, encore. Sa main à lui contre ma cuisse. On s'est perdu à Montréal parce que tsé, hein. Merci à mon légendaire sens de l'orientation.

Et c'était...juste...si naturel, d'être comme ça, ensemble. De se taquiner doucement, Minou tu sais même pas où on est, avoue-le donc, c'est pas grave si tu as pas le gêne masculin de l'orientation, on peut demander dans une station-service, hihihi !

On a descendu - ou monter, je sais pas - la Ste-Catherine au complet, il est loin le théâtre Denise-Pelletier, il est vraiment loin de la civilisation - hahaha. Comme on était en retard, on a évidemment trouvé un stationnement à deux pas de l'endroit en deux secondes, comme si la vie était de notre côté, pour une fois - et c'est même pas sarcastique !

La pièce était...étrange. Profondément déprimante. On est resté scotché à nos sièges, un peu terrassé, je crois. Une petite mort. Quand on est sorti, on ne parlait pas, la tête pleine de cette froideur, quand Minou a dit... Ouin. Messemble que je m'ouvrirai les veines, viens-tu ?

Cascades de rire, sortie de la torpeur, avec mon ventre qui commençait à crier famine, parce que rappelez-vous, nous avons escamoté le souper au profit d'une séance de thérapie, fausse barbe de Freud incluse. Dans l'auto, Minou remarque que nous sommes à...hum, à peu près deux rues de l'appart de sa «blonde». Je devrais vraiment aller la voir...

Ce à quoi j'ai répondu, tiens, regarde, l'embranchement pour la 20 est ici !

Regards complices, il prend l'autoroute, et me dit C'est pas avec elle que j'avais envie d'être ce soir...est-ce que c'est grave ? Je hausse les épaules, le coeur qui manque un battement, littéralement. Ben...oui, c'est grave. Mais pas pour moi. Une main sur ma cuisse. Merci.

On parle de tout et de rien, main dans les cheveux encore et encore. Son parfum qui prend toute la place dans le petit habitacle de ma voiture. Je suis si proche de lui que je sens l'odeur de sa barbe que j'aimais tellement, et c'est encore tellement naturel.

Sont venues ensuite les petites confidences. Je suis pas mal distant avec elle ces temps-ci, pis elle me mets encore plus de pression quand elle s'aperçoit que je suis distant...Je sais pas, je pense que j'ai besoin de temps.

Je n'en pouvais plus. Je me suis raidie, et c'est sorti tout d'un coup : Minou, es-tu vraiment surpris que ça arrive ? Sérieusement...quand on s'est laissé pour la première fois en juillet, tu avais besoin de temps, on en a jamais pris. En octobre, quand tu t'es décidé à finir ça pour de bon, la première chose que tu as trouvé à faire, c'est de commencer une histoire avec elle ! Tu as JAMAIS pris le temps, Minou ! JAMAIS ! Et tu t'étonnes que ça foire comme ça ?!

Petit regard surpris de mon ex. Faut dire que...bon, c'est pas trop dans mes habitudes de dire des trucs comme ça, vous en conviendrez. Mais un moment donné...crisse, ça suffit !

Ben non...je suis pas vraiment surpris...mais tu le sais...aussitôt que je suis tout seul, je m'ennuie d'elle, alors...

Attends un peu, là. Tu t'ennuies d'elle ou tu es juste pas capable d'être tout seul ? Tu t'ennuies vraiment d'elle ou simplement d'avoir quelqu'un à côté de toi ? Parce que je crois pas que ce soit spécifiquement d'elle que tu t'ennuies...

Rire sarcastique de la part de Minou. Si tu savais de quoi je m'ennuie...

J'ai choisi d'ignorer la dernière réplique. Commence don par être bien avec toi-même, tout seul, à juste vivre avec toi-même, et après tu penseras à t'investir dans une relation, siboire!

Sur les entrefaits, nous arrivions chez lui. J'en profitais donc pour demander des nouvelles de sa famille - qui me manque tellement. Gros gros pincement au coeur quand il me dit que sa maman ne va pas mieux, qu'en fait elle va bien pire.

Il se stationne près de chez lui, puis est-ce que je peux allumer la lumière dans ta voiture?

...Euh oui, pourquoi?

Aveuglement causé par l'ouverture brutale de la lumière au plafond. J'ai juste envie de te regarder deux minutes.

Et pendant deux minutes, on s'est regardé, les yeux dans les yeux, mes yeux pleins d'eau, et je jurerais que les siens aussi. Puis, sans un mot, il a pris son sac et s'est apprêté à sortir de ma voiture quand...(je rougis encore de ma stupidité chronique)

Amélie - Ben là, bébé ! Mon bi !

Eh oui. Je lui ai réclamé un baiser.

...

...

MAIS FUCK. Je veux dire ! J'ai aucune excuse. C'est sorti de nulle part, probablement des fins fonds de moi, de l'Amélie qui, l'espace d'une seconde, a véritablement cru que c'était une ellipse temporelle. Toute la soirée, se parler, se toucher, s'appeler par nos petits noms... J'ai été mystifiée.

La réaction de Minou a été instantanée : il s'est assis de nouveau dans la voiture, a claqué la porte et a dit mais,mais, Amé! Je peux pas te donner un bi ! On est pu ensemble !

Balbutiements totalement ridicules, mais non mais je sais ! Je sais ! Quand je parle de bi, euh, je veux dire, bec ! Un bec ! EUH non, ben pas un bec mais plutôt deux becs, tsé deux becs comme deux amis se donnent quand ils se voient ?

Ton interrogatif inclus.

Il s'est approché doucement et...

Vous savez, la scène finale, dans Amélie Poulain ? Celle où ils s'embrassent un peu partout, à des endroits ciblés, et que c'est juste trop beau pour que ça soit vrai ? Ben, remake dans ma voiture en ce jeudi 11 février 2010.

Sauf pour le vrai de vrai baiser, évidemment.

Après ce petit moment volé, il s'est pris la tête entre les mains, Mais je t'aime pu Amé...

Yeah, right. Fuckin' right.

C'est correct, Minou, c'est correct.

Il a levé la tête, et Ah, je suis tellement mêlé...

On s'est quitté sur un prends-soin de toi, ok ? Promets que tu vas prendre soin de toi. Je pars pas avant d'avoir une promesse.

Je l'ai regardé marcher vers sa maison, et j'ai même pas éclaté en sanglots. Je crois que j'étais juste...over les larmes.