Affichage des articles dont le libellé est L'Art. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est L'Art. Afficher tous les articles

9 janvier 2010

Tant qu'à lire 30 romans, aussi bien les commenter!

Je viens tout juste de termier mon premier roman de la session, je me sens complètement exaltée et don ben heureuse. J'espère juste que la motivation va continuer comme ça tout au long de la session ! : )




Tout avait commencé avec la peur. Tout finirait avec elle.

C'était ça, le premier roman. L'empire des loups, de Jean-Christophe Grangé. Je m'attendais pas vraiment à un thriller noir comme première lecture en Études Littéraires, ben coudon. C'était bon, mais c'était surtout...très, très bien réussi pour l'intrigue. J'ai commencé un peu à reculons et après cent pages, j'étais complètement happée par le mystère autour de Anna Heymes, jeune épouse d'un haut fonctionnaire français, subissant des pertes de mémoire presque quotidienne, ne reconnaissant plus son mari.

La prof nous a vaguement dit qu'il serait question d'analyser la trame narrative du roman, et je pense que l'ampleur de la tache sera vaste...et intéressante, j'imagine!

Je devrais sans doute me lancer sous peu dans la lecture du prochain roman pour ce cours, Prochain épisode d'Hubert Aquin, mais je vais entrecouper mes lectures par une pièce de théâtre, je vous en redonne des nouvelles, hihi ! :)

12 mai 2009

Un gros gachis

Le spectacle est rodé - ou presque. On est à quelques heures - si peu - de la première et certaines personnes ne connaissent toujours pas leur texte. On fait des italiennes qui finissent toujours en séance de conneries.
1
Et surtout...je pense que certains d'entre nous ont atteint la limite de leur potentiel théâtral, et ce n'est pas à la hauteur. Et une des scènes que j'ai écris en souffre. Je suis triste et fâchée qu'on salisse mes mots ainsi, je n'ai plus envie d'y être associée. Après avoir travaillé encore et encore sur le texte - dont j'aurai voulu réécrire quelques parties une dernière fois - je ne comprends pas comment ces personnes qui le jouent se présentent sur une scène, portant avec elles le drame de juifs assassinés, drame raconté en personne par un survivant de l'Holocaust dont je me suis inspirée, et le jouent d'une façon aussi...plaquée, fausse, peu travaillée.
1
Le but de ma scène était de montrer que l'art a été une bouée, que les gens, parfois, s'accrochaient à l'art, vivait leur art jusqu'au bout, parce qu'ils ne pouvaient être certains qu'ils allaient encore être vivant demain, en tous cas, je sais pas, mais bref. Ils sont complètement passé à côté de ce que j'avais en tête, et je n'ai pas eu mon mot à dire sur la question. Ni dans le choix des ''comédiens'', ni dans la direction artistique.
1
Ou je suis peut-être juste snobe, aussi.

20 septembre 2008

Ce que je voudrais être encore capable d'écrire

Trouvé sur son blog, La nuit de Matthieu Simard.

" Et quand l’histoire se répète, on pleure toujours autant. Comme si on avait oublié, pourtant l’oubli semble inhumain. Comme si c’était la première fois que ça arrivait, pourtant l’image de la dernière fois est trop précise dans nos paupières. Les sourires affligés, les accolades maladroites, les poignées de main transpirantes, rien ne suture les ouvertures cruellement sanglantes qui ornent notre chair. Et quand l’histoire se répète, on sursaute, on s’effondre, on souffre comme si c’était inhumain, plus inhumain que toutes les autres fois. Il y a bien quelques braises humaines, mais de nos larmes on les éteint trop rapidement pour en sentir la chaleur, trop froidement pour en saisir l’importance. Ça n’arrive pas qu’aux autres, on l’oublie trop souvent. Ça n’arrive qu’à nous, on dirait tout le temps. Et on a hâte à la nuit, à l’obscurité, que tout se fonde à tout, que les lacérations deviennent invisibles, que la douleur et les sons rejoignent le vide silencieux. Alors, les pleurs peuvent exploser, vivre seuls en pulsions musculaires, mourir en sanglots chaque seconde de chaque minute. Et quand l’histoire se répète, on se rappelle que parfois, il n’y a pas d’autre façon de respirer qu’en pleurant, la nuit, en silence. "

6 septembre 2008

Avaler la mer et les poissons

Le texte est somptueux, rentre-dedans, mouillé et lumineux. Je l'ai lu en une courte heure, assise sur ma toilette, incapable de détacher mes yeux des mots amers et douloureux d'amour et de mort hâtifs. J'ai dévoré les phrases, les virgules, l'itallique et la symbolique. Au détour d'une page, Kiki l'artiste explique simplement à Jérôme, son ami-mort avec qui elle a la chance de discuter une dernière fois de l'au-delà, son nouveau bonheur.

Et j'ai tout compris, j'ai tout compris ce que moi je tente d'écrire depuis le tout début,j'ai compris comment je me sens, j'ai compris pourquoi je me sens lasse et amoureuse à la fois, comment c'est possible de vouloir faire briller son bonheur sans pourtant vouloir blesser les uns et les autres.

J'ai rencontré un homme. Un raz-de-marée.

La pièce regorge de belles citations, que j'aurai volontairement souligné si j'avais eu un crayon à ma lecture - même si on dit qu'il ne faut jamais faire ça, je suis de l'école qui croit pourtant que c'est pas un pêché mortel. La pièce porte sur les deuils, et comme dirait Josélito, pas seulement les deuils que nous oblige la mort. Le deuil d'une amitié, qui fait souvent aussi mal que la peine d'amour, le deuil de soi, le renoncement de son art contre le bonheur, bref...On retrouve ici des thèmes qui parsèment mes écrits, mon blog, vous en conviendrez. Cette pièce a vraiment trouvé écho en moi. Et le 5 novembre, lors de la représentation à laquelle j'assisterai, je me promets le droit d'en pleurer, de pleurer sur le raz-de-marée qui m'envahit et pour qui je suis prête à accepter ses changements, ses deuils parfois profonds, de sourire aussi, parce que c'est tellement beau, quand ça nous arrive, et que je le comprends pour la première fois. Parce que je laisse quelqu'un me bouleverse en entier sans peur, sans mouvement de recul. Parce que je me suis retrouvée en cette Kiki - et non pas en la Kiki de Marie-Sissi Labrèche, quoiqu'avant...- qui a décidé de ne pas bouder le bonheur.

En vrac, des citations :

J'ai arrêté de prier, mais à chaque seconde, je me bats contre mon propre cynisme.

Ça fait du bien de s'arrêter. Même si c'est pour regarder la mort passer.

Je voudrais pouvoir absorber tout ce que vous avez dit. En faire une réserve pour tous les silences dans l'avenir. C'est...c'est un travail solitaire...mais je me sens pas seule, quand je peins.En ce moment oui. En ce moment, par contre, ici, étonnamment avec vous, je me sens vraiment très seule.

Mais y a des jours où je suis épuisée à force de tirer sur mes rêves.

J'ai été totalement en dehors de la vie.

Tu vois, des journées comme aujourd'hui, j'aimerais ça croire en Dieu. Pour sortir de moi.

Ariel...des fois c'est comme un souffle dans mon cou. Une présence.

Avant de te connaître, j'contemplais ma toile après une journée de travail, pis tout était là. Comme une preuve. C'était simple, vivant, en dehors de moi.

Ce qui goûte la mort quand on s'embrasse, c'est pas le baiser. C'est toute la vie d'avant qui
veut mourir. Qui veut faire de la place...à nous.

C'est venir à travers les yeux de quelqu'un...pour se faire croire que ça vaut la peine.

Il s'est vraiment passé quelque chose d'exceptionnel entre nous. Qu'est-ce que tu veux que je
te dise?...Pardonne-moi!

Est-ce que j'étais plus facile à aimer quand y avait juste toi pis Jérome ? Quand j'étais personne ?

Mon Dieu ! ça te fait peur que je sois heureuse ?

(En didascalie) Ariel est seule avec sa plus grande peur. Celle d'être aspirée par la mort. La sienne.

(Monologue d'Ariel qui parle à son mari décédé) C'est trop violent ça, Jérôme. Comment veux-tu que j'y crois ? Est-ce qu'il y a des abîmes que tu m'as pas racontés...lesquels? Toutes les fois où tu me regardais sortir avec le plus complice des sourires, est-ce que c'était un jeu ? Y a une peur qui s'installe...c'est mieux si tu reviens...Pas obligé d'être demain...tu peux prendre le temps que tu veux...Juste me dire quand. Me donner une date...précise...une limite...sur
laquelle j'vais pouvoir m'appuyer quand c'est trop dur...

La réalité est si brutale. Y a tellement de bruit...Toi...c'est le silence...Moi, je sais pas...

Ça a été ...fulgurant. On a été frappés par la foudre. Ça existe. Et puis ça reste Ariel. Quelque chose de fort. Je pouvais pas reculer.

Être mort, c'est quoi ça ? Même mort, on dirait que le mort apprivoise encore sa mort.

- Qui on aime quand on aime les autres comme soi-même ?
- Personne. On aime, c'est tout.

Tu le sais, j'ai jamais connu ça... être deux. Ça m'a mis à l'envers. Mais je suis courageuse.

Si je croyais en Dieu, je lui demanderais de me libérer du mal.

Après un certain temps, la mort m'a donné envie de vivre.

Kiki - Survivre, c'est vivre davantage.
Ariel - Porter les morts.
Kiki - Et vivre très fort.
Ariel - Survivre aux morts, avec les morts.
Kiki - Et vivre encore plus qu'avant leur mort.

Bon, peut-être pas si en vrac que ça, finalement...
Avec tout ça, je l'ai relu une deuxième fois, et je ne peux plus d'attendre la représentation.