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2 mai 2009

Paul à Québec


C'est sans doute le plus beau livre que j'ai lu de ma vie, toutes catégories confondues. Ma mère m'a ramené ça de sa bibliothèque scolaire, en me disant prépare tes kleenex, j'ai passé une demie-heure aux toilettes à éponger mon mascara en finissant de lire ça !
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Le ton était donné.
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Pourtant, c'est plus que des larmes qui me restent suite à la lecture de Paul à Québec de Michel Rabagliati. Je ne connaissais pas la série des Paul, je vous l'avoue tout de suite. Ou plutôt si, mais vaguement. J'étais jadis une dévoreuse de BD mais plus maintenant. J'avoue que j'ai eu envie là, maintenant, tout de suite, de lire les tomes précédents.
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Il me reste de ce Paul un goût d'espoir en bouche. L'espoir de croire à la vie qui va, qui vient, et qui part, mais la vie qui reste, la vie qui s'entête et qui traverse la mort. Ça m'a fait penser à mon papa et surtout à mon grand-papa qui est mort pas cet été, l'autre avant. Des kilomètres de larmes, j'avais versé des kilomètres de larmes alors que lui, quelques jours avant de partir, il me disait que c'était pas grave, que c'étaient des choses qui arrive. Mon grand-papa.
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Alors voilà. Paul à Québec, c'est une histoire sur la mort mais surtout sur la vie, sur l'amour, sur la famille. Je sais pas trop quoi en dire de plus, je viens tout juste de refermer la dernière page, les lunettes buées d'avoir pleuré. Des dessins clairs, en noir et blanc, j'ai aimé que ce soit épuré comme ça. J'ai lu que c'était le style du dessinateur, j'ai hâte de lire le reste.
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Alors voilà, je vous le conseille vivement, que vous ayez un deuil à caresser ou pas, peu importe comment on aborde cet album, je crois qu'on en sort tous un peu plus grand.

20 septembre 2008

Ce que je voudrais être encore capable d'écrire

Trouvé sur son blog, La nuit de Matthieu Simard.

" Et quand l’histoire se répète, on pleure toujours autant. Comme si on avait oublié, pourtant l’oubli semble inhumain. Comme si c’était la première fois que ça arrivait, pourtant l’image de la dernière fois est trop précise dans nos paupières. Les sourires affligés, les accolades maladroites, les poignées de main transpirantes, rien ne suture les ouvertures cruellement sanglantes qui ornent notre chair. Et quand l’histoire se répète, on sursaute, on s’effondre, on souffre comme si c’était inhumain, plus inhumain que toutes les autres fois. Il y a bien quelques braises humaines, mais de nos larmes on les éteint trop rapidement pour en sentir la chaleur, trop froidement pour en saisir l’importance. Ça n’arrive pas qu’aux autres, on l’oublie trop souvent. Ça n’arrive qu’à nous, on dirait tout le temps. Et on a hâte à la nuit, à l’obscurité, que tout se fonde à tout, que les lacérations deviennent invisibles, que la douleur et les sons rejoignent le vide silencieux. Alors, les pleurs peuvent exploser, vivre seuls en pulsions musculaires, mourir en sanglots chaque seconde de chaque minute. Et quand l’histoire se répète, on se rappelle que parfois, il n’y a pas d’autre façon de respirer qu’en pleurant, la nuit, en silence. "

6 septembre 2008

Avaler la mer et les poissons

Le texte est somptueux, rentre-dedans, mouillé et lumineux. Je l'ai lu en une courte heure, assise sur ma toilette, incapable de détacher mes yeux des mots amers et douloureux d'amour et de mort hâtifs. J'ai dévoré les phrases, les virgules, l'itallique et la symbolique. Au détour d'une page, Kiki l'artiste explique simplement à Jérôme, son ami-mort avec qui elle a la chance de discuter une dernière fois de l'au-delà, son nouveau bonheur.

Et j'ai tout compris, j'ai tout compris ce que moi je tente d'écrire depuis le tout début,j'ai compris comment je me sens, j'ai compris pourquoi je me sens lasse et amoureuse à la fois, comment c'est possible de vouloir faire briller son bonheur sans pourtant vouloir blesser les uns et les autres.

J'ai rencontré un homme. Un raz-de-marée.

La pièce regorge de belles citations, que j'aurai volontairement souligné si j'avais eu un crayon à ma lecture - même si on dit qu'il ne faut jamais faire ça, je suis de l'école qui croit pourtant que c'est pas un pêché mortel. La pièce porte sur les deuils, et comme dirait Josélito, pas seulement les deuils que nous oblige la mort. Le deuil d'une amitié, qui fait souvent aussi mal que la peine d'amour, le deuil de soi, le renoncement de son art contre le bonheur, bref...On retrouve ici des thèmes qui parsèment mes écrits, mon blog, vous en conviendrez. Cette pièce a vraiment trouvé écho en moi. Et le 5 novembre, lors de la représentation à laquelle j'assisterai, je me promets le droit d'en pleurer, de pleurer sur le raz-de-marée qui m'envahit et pour qui je suis prête à accepter ses changements, ses deuils parfois profonds, de sourire aussi, parce que c'est tellement beau, quand ça nous arrive, et que je le comprends pour la première fois. Parce que je laisse quelqu'un me bouleverse en entier sans peur, sans mouvement de recul. Parce que je me suis retrouvée en cette Kiki - et non pas en la Kiki de Marie-Sissi Labrèche, quoiqu'avant...- qui a décidé de ne pas bouder le bonheur.

En vrac, des citations :

J'ai arrêté de prier, mais à chaque seconde, je me bats contre mon propre cynisme.

Ça fait du bien de s'arrêter. Même si c'est pour regarder la mort passer.

Je voudrais pouvoir absorber tout ce que vous avez dit. En faire une réserve pour tous les silences dans l'avenir. C'est...c'est un travail solitaire...mais je me sens pas seule, quand je peins.En ce moment oui. En ce moment, par contre, ici, étonnamment avec vous, je me sens vraiment très seule.

Mais y a des jours où je suis épuisée à force de tirer sur mes rêves.

J'ai été totalement en dehors de la vie.

Tu vois, des journées comme aujourd'hui, j'aimerais ça croire en Dieu. Pour sortir de moi.

Ariel...des fois c'est comme un souffle dans mon cou. Une présence.

Avant de te connaître, j'contemplais ma toile après une journée de travail, pis tout était là. Comme une preuve. C'était simple, vivant, en dehors de moi.

Ce qui goûte la mort quand on s'embrasse, c'est pas le baiser. C'est toute la vie d'avant qui
veut mourir. Qui veut faire de la place...à nous.

C'est venir à travers les yeux de quelqu'un...pour se faire croire que ça vaut la peine.

Il s'est vraiment passé quelque chose d'exceptionnel entre nous. Qu'est-ce que tu veux que je
te dise?...Pardonne-moi!

Est-ce que j'étais plus facile à aimer quand y avait juste toi pis Jérome ? Quand j'étais personne ?

Mon Dieu ! ça te fait peur que je sois heureuse ?

(En didascalie) Ariel est seule avec sa plus grande peur. Celle d'être aspirée par la mort. La sienne.

(Monologue d'Ariel qui parle à son mari décédé) C'est trop violent ça, Jérôme. Comment veux-tu que j'y crois ? Est-ce qu'il y a des abîmes que tu m'as pas racontés...lesquels? Toutes les fois où tu me regardais sortir avec le plus complice des sourires, est-ce que c'était un jeu ? Y a une peur qui s'installe...c'est mieux si tu reviens...Pas obligé d'être demain...tu peux prendre le temps que tu veux...Juste me dire quand. Me donner une date...précise...une limite...sur
laquelle j'vais pouvoir m'appuyer quand c'est trop dur...

La réalité est si brutale. Y a tellement de bruit...Toi...c'est le silence...Moi, je sais pas...

Ça a été ...fulgurant. On a été frappés par la foudre. Ça existe. Et puis ça reste Ariel. Quelque chose de fort. Je pouvais pas reculer.

Être mort, c'est quoi ça ? Même mort, on dirait que le mort apprivoise encore sa mort.

- Qui on aime quand on aime les autres comme soi-même ?
- Personne. On aime, c'est tout.

Tu le sais, j'ai jamais connu ça... être deux. Ça m'a mis à l'envers. Mais je suis courageuse.

Si je croyais en Dieu, je lui demanderais de me libérer du mal.

Après un certain temps, la mort m'a donné envie de vivre.

Kiki - Survivre, c'est vivre davantage.
Ariel - Porter les morts.
Kiki - Et vivre très fort.
Ariel - Survivre aux morts, avec les morts.
Kiki - Et vivre encore plus qu'avant leur mort.

Bon, peut-être pas si en vrac que ça, finalement...
Avec tout ça, je l'ai relu une deuxième fois, et je ne peux plus d'attendre la représentation.

24 janvier 2008

Parce que c'est ça, tout simplement.

" Je n'ai pas le tour, je sais. Mes trèfles n'ont toujours eu que trois feuilles. Un jour, ça va forcément cesser. Je finirai par faire un peu d'artisanat, falsifier mes champs et rajouter une feuille de soie au-dehors de ma vie. Un jour, ça va forcément cesser."

-Simon Boulerice, gagnant de l'édition 20o5-2006 du concours littéraire Critère, à qui je voue une admiration sans borne.

17 janvier 2008

Coming-out

Dans la vie de tous les jours, je suis une personne très distraite, et ça ne prends pas grand chose pour me faire complètement perdre le fil de mes activités. Je cours les distractions, ce blog est probablement la preuve la plus tangible de mon utilisation abusive d'Internet en période inappropriée, quand je devrais, par exemple...hum, faire des travaux, étudier, ou me préparer à partir quelque part.

Mais immanquablement, je blogue, je parcours les sites divers, je lis des blogues, je vais sur Facebook - invention du diable - et je me trouve toujours quelque chose de plus passionnant à faire... et je finis par être en retard, tant dans la vie à mes rendez-vous ou dans la remise de mes travaux.

Comme aujourd'hui, par exemple.

Je me lève plutôt tôt, dans le but de prendre ma douche, tranquillement, de déjeuner, de reprendre un beat de vie plus semblable à celui pendant la session au lieu de rester dans le mood vacances-totales...

Et je me connecte ici pour voir si quelqu'un, dans ma longue série de blogs à lire, a écrit quelque chose. Et je me dis que tiens, je peux bien faire un de mes passe-temps préféré, errer de blogue-en-blogue pour découvrir des nouveaux blogues.

Et je tombe sur ÇA.

http://simonolorange.blogspot.com/

(Dans mon incapacibilité à linker comme il faut, copie-collez dans une nouvelle page Internet, j'y peux rien, ça me prendrait un cours 101 de blogspot.)

(Pour ça et pour "barrer" des mots dans des messages)

Je m'égare.

Mais ce gars-là est fascinant! Vraiment !

La meilleure façon pour me faire partir une demie-heure en retard, les cheveux tout mouillés et avec ... mes deux bottes inversées dans mes deux pieds ?

Lire ce blog-là.

Sérieusement,le gars a une plume particulière, qui me plaît particulièrement. Un style vraiment à part, un esprit critique que j'apprécie beaucoup, bref, du bonbon, son site, du bon-bon. C'est rare que je plogue des blogues (blogs?blogues? bloges ? sibole...!) mais lui, il le mérite.

En plus, l'auteur a l'air cute, haha!

Mes amies n'ont malheureusement pas trouvé que lire la presque totalité du contenu de ce blog n'était pas une raison valable pour être encore en retard. Je ne suis vraiment pas ponctuelle, franchement, ça aurait du figurer dans mes résolutions-que-je-n'ai-noté-nul-part-parce-que-je-suis-trop-distraite.

Et mon tonifiant, libérateur, cri du coeur n'a pas aidé à ma cause : [Mode célibataire hystérique on ] " Oui mais...je veux un chum comme le gars sur le siiiiiiite que je t'ai envoyé sur Msn à matiiiiiiiiiiin ! " [Mode célibataire hystérique off ]

Réactions suscitées par mon coming-out des intellectuels ?

Hein ? De quoi tu parles, Mé ? Fuck...

Bon, ok. Mais quand même. Je me fous des sportifs, des crâneurs,des scientifiques...Amenez-moi un journaliste, un esprit critique - ma qualité d'homme préférée - doublé d'un opinioneux qui opinione comme il respire, bloggeur par surcroît, avec qui je peux avoir des discussions intelligentes et intéressantes (dans la mesure où le fameux bloggeur soit intéressant, car nous n'avons pas pu converser ensemble) et je...

Je perds les pédales !

Voilà!

Mon coming-out est fait!

Ce n'était pas exactement le but originel de mon post, mais bon...

Non, vraiment, un coup de coeur, LE coup de coeur du mois !

http://simonolorange.blogspot.com/ : )

Merci, Val (http://valderie.blogspot.com/ ) ou Cath ( http://simplementc4th.blogspot.com/ ) je crois que j'ai trouvé le lien de son blog sur un des vôtres ! : )

9 janvier 2008

Polaroïds


Voilà, j'ai commencé mon marathon de lecture avec un petit livre que j'avais envie de lire depuis bien,bien longtemps. Polaroïds, de Sophie LÉTOURNEAU.

Que j'avais même déjà loué une fois mais par manque de temps, de motivation, je n'avais pas ouvert.

Car si je l'avais fait, je n'aurais jamais pu le refermer.

- Éric, ça va pas. Un matin, après avoir dormir et mal dormi, en ouvrant les yeux, j'ai dit : " Éric." J'ai pensé qu'il fallait que je te parle. Pas qu'on s'écrive parce qu'on en vient toujours à se chicaner. Avec des mots sans voix ni visage, on ne se comprend pas. J'ai pensé qu'il fallait qu'on se rencontre et qu'après ça irait mieux.

- Qu'est-ce que tu veux me dire ?

- J'ai rien à te dire en particulier. Je pense que j'ai besoin de t'entendre. Je veux que tu me racontes l'histoire. Je me rends compte que l'histoire que je conte, cette histoire dans laquelle je souffre de toi pendant que tu ris de moi, cette histoire ne me satisfait pas. J'ai l'impression que toute ma tristesse, toute mon amertume est là, dans ce morceau-là que j'ai dans la bouche. Il y a quelque chose de pourri qui reste sur ma langue. Quelque chose que je n'arrive pas à oublier, que je ne peux pas nier et qui a besoin d'être raconté, avalé, d'une autre façon. J'ai besoin que tu me racontes, toi, pour toi, c'était quoi.


Fuck.
T'sé, au pire.
Fuck.

Jai relu tout ça deux, trois, quatre fois. J'ai remplacé les Éric par Bruno et j'ai eu le coeur gros, gros comme une mongolfière. Je faisais la paix et la haine avec lui, avec moi. C'est ça, le problème. Voilà, c'est ça. Écrit noir sur blanc, sur du papier qui sent presque le livre neuf tant personne ne l'a jamais ou presque emprunté à la bibliothèque, elle était là, la foulure, ma fracture, ma mauvaise couture.

C'est drôle, parce que j'ai souri.

J'ai fait tourner rapidement les pages du petit roman, des bouts de vie de cette auteure dont je me sentais plus proche que de mes propres amies. Et je me suis dis que j'aimerais bien écrire des petits récits comme ça, un jour. Mes bouts de vie anondins ou spectaculaire, mes fragments d'existence particulier ou plate à mort.

Peut-être parce que j'ai reconnu mon adolescence fuckée dans la sienne. Et que je me suis dis...que fuck, j'étais pas la seule. Et que fuck, ça pouvait faire un roman.

Alors fuck, je vais le faire,moi aussi.

8 janvier 2008

Carnets de lecture

C'est pour ce genre de phrases, dérobées dans un livre à peine entamé mais déjà aimé, que j'étudie en littérature.
Parce que j'en veux des dizaines, encore. Des miliers. Des petites perles cachées, que je relis encore et encore, la même phrase, pendant deux minutes, pour m'en imprégner.

Je suis comme ça,moi.

En voici une première.

" Puis tout était parti, tranquillement, sur la pointe des pieds, échine courbée, souliers à la main pour ne réveiller personne, amour, désir, émerveillement, ces globes qui teintaient tout, qui jetaient leur lueur rougeoyante sur le monde, partis à petits pas feutrés. "
- Stéphane Bourguignon, Un peu de fatigue

J'aime.

Et j'adopte.

7 janvier 2008

Défi 2008

...Pêché dans les marées lumières - je suis toujours incapable de linker correctement des sites sur mon blog, allez voir dans mes liens sur le côté.

Un défi sympatique, étalé sur un an, ce qui laisse place à beaucoup,beaucoup de temps pour en venir à bout. Pas comme le foutu Défi Santé du Journal de Montréal dont ma mère rêve tant de non seulement y participer, mais en ma compagnie en plus...

Je m'égare.

Voici les six règles à respecter et mes choix!


1. Un livre avec une couleur dans le titre : Le cahier noir, Michel Tremblay

2. Un livre avec un nom d'animal dans le titre : Les perruches sont cuites, Charles Bolduc.

3. Un livre avec un prénom dans le titre : Il faut qu'on parle de Kevin, Lionel Shriver

4. Un livre avec un nom de lieu géographique dans le titre : Les sirènes de Bagdad, Yasmina Khadra. En bonus L'attentat, du même auteur,ne serait-ce que pour la si belle citation que j'ai aposé sous ma photo, dans un concours de personnalité/talent que j'ai gagné.

5. Un livre avec un phénomène météorologique dans le titre : L'océantume, Réjean Ducharme.

6. Un livre avec un nom de plante dans le titre : Un parfum de cèdre, Anne-Marie Mcdonald.


J'ai eu beaucoup de difficulté à trouver les livres avec des couleurs et un nom de plante dans le titre, mais j'y suis finalement arrivée ! : )

On verra ce qu'on verra. : )

Et je publierai ici mes différentes critiques de ces livres. : )

En espérant que la session ne sera pas trop chargée ! :P