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11 février 2010

L'Ex Mythique

Je parle de migration d'oiseaux, de pandas et de Darwin avec l'Ex Mythique sur MSN.

Il est 3hrs45 du matin.

Des fois je me dis que j'ai vraiment le don de choisir les hommes de ma vie.

P. S : On est tous les deux à jeun.

7 février 2010

Mister O et la psychologie masculine

À propos de l'Ex,

« Il est en deuil lui aussi, c'est clair. Il se change les idées avec l'autre p'tite là, mais il voulait juste pu se sentir déchiré. Il s'est rendu compte à la fin de l'ampleur de ce qu'il perdait. On sait jamais avant d'en être arrivé là à quel point on va devoir arracher creux les racines d'une relation importante. Lui, ma belle, il voudrait juste pas renoncer à tout en même temps. Il s'accroche à quelques morceaux de ce que vous aviez. Il ment à lui-même, à toi et à l'autre fille. »
On me reprochera pas d'être malhonnête avec lui en tous cas. Il sait tout, tout, tout. On verra bien ce qu'il en fera.

15 novembre 2009

Collation des grades

C'était long, même interminable, il faisait chaud, ils nous ont fait répéter trois fois l'ordre de cérémonie avec nos grosses toges noires et nos mortiers inconfortables, j'avais mal à la tête et la musique c'était comme l'Ave Maria mais version techno.


Ça a duré presque 4 heures et j'ai passé 4 heures à faire une introspection sur moi-même, toute seule dans mon banc dans cette mare humaine grouillante, suante et toussotante.

La cérémonie se déroulait dans la salle où nous avons joué tant de pièces, tant de scènes, tant de fois. Ça faisait tout drôle. J'ai repensé à la première fois où je m'y suis assise, la première fois et on me demandait déjà de me mettre à nue en me racontant à des dizaines d'inconnus. Je ne me souviens plus ce que j'avais raconté, rien de très profond, je crois, j'étais terrorisée. C'est sur cette scène là que j'ai aussi raconté quotidiennement mes joies, mes peines, la vie, l'amour, la mort. J'y ai joué Antignone d'abord, à reculons, et durant la représentation, ça a été le déclic de ma vie : j'ai besoin de ça pour continuer, j'ai besoin du théâtre, tout de suite, là, maintenant.

Justement, j'en ai fais beaucoup par la suite. Et je me suis revue lors de la dernière pièce, fébrile, dans ma belle robe de bal bleue, avec mes cheveux scintillants, mes répliques grinçantes, et il me semble que j'étais heureuse, j'avais la vie devant moi, un amoureux hors du commun qui m'attendait dans le public, et je m'étais jetté dans ses bras, après, pour sentir son odeur, la fermeté de son corps et l'embrasser. Je croyais fermement que c'était la dernière fois que je jouais, alors j'en avais profité à fond, avec un plaisir inconnu jusqu'à maintenant.

Pendant les quatre longues heures j'ai revu mentalement les grincements de dents, les soupirs, les pleurs aussi. Quand l'amie-lumère et moi on se chicanait trop intense pour mon Pierrot Lunaire, ce gars-là qui me virait le coeur à l'envers mais dont tout le monde me faisait sentir coupable parce que j'aurais don pas du ressentir ça pour lui. J'ai souri en repensant à ses dreads et à son sourire. J'ai pensé aussi aux éclats de rire, aux beaux moments, aux instants où la justesse du jeu de mes camarades me serrait le coeur, aux scènes ratées aussi.

J'ai pensé que le théâtre c'était un peu comme ma vie, que cette salle-là me connaissait intimement, finalement.

Quand ce fut finalement mon tour d'aller chercher mon diplôme, j'ai grimpé dans les escaliers avec confiance, sans penser à rien, juste en profitant du feeling retrouvé : la salle comble, les applaudissements, les poignées de main et les accolades de mes professeurs. Oui, j'ai réussi. J'ai complété un diplome d'études collégiales en arts & lettres, mais plus que les connaissances, c'est surtout le côté humain et les expériences qui vont me rester de ces deux années-là.

J'ai presque 20 ans, je suis diplômée, je suis dans un tournant de ma vie insoupçonné il y a quelques mois, quelques semaines seulement, et j'aurai tellement eu envie que Marc soit là pour m'embrasser quand je suis descendue de la scène.

Mais il n'était plus là, il y avait par contre les visages triomphants de mes parents et de ma grand-mère, et je me suis dis que c'était sans doute le temps pour moi de continuer sans lui, et advienne que pourra.

Mais quand la violoniste et la violoncelliste ont joué What a wonderful world,, je me suis surprise à essuyer une petite larme, parce que j'aimerais don ben ça pouvoir dire ça, what a wonderful world, en le pensant vraiment, comme avant.

Mais ça s'en vient, je crois. De plus en plus, de jour en jour, ça s'en vient.

Une autre étape de ma vie sans Marc, et je crois que bientôt, j'arrêterai de m'attendre à sa présence à mes côtés.
Bientôt.

26 mars 2009

Lettre à la mer.

Allo !

Je sais que tu vas bien, tu sais que je vais bien, alors on peut peut-être se passer de ça, t'sé. Merci Facebook, merci la technologie. Tes photos de voyage sont belles, tu as sans doute vu ma nouvelle couleur de cheveux et tu t'es dis, enfin elle a réussi à trouver le bon blond !
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Quand j'ai regardé la date d'expiration de mon yogourt, hier, j'ai pensé, ah bin maudit, bin oui, c'est vrai. C'est le printemps, le 28 mars s'en vient, faudrait bien que je lui écrive un petit mot, à lui. Ça me fait pas mal moins souffrir qu'avant, penser à toi, à cette journée-là, penser à mes petits ébats de petite fille qui savait pas qu'elle allait arrêter de l'être cette journée-là. Bin, pas complètement, t'sé. Quand mon chum me traite de p'tite fille, ça me fait rire. Je suis plus tellement une petite fille depuis le 28 mars d'il y a longtemps.
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Ça fait quoi, 4 ans ? Ouais, 4 ans je pense. Quatre ans que ça m'a pris avant d'arrêter d'avoir des chatouilles dans mon ventre quand j'effleurais le 28 mars de mes pensées. Quatre ans pour retrouver les chatouilles dans les bras d'un autre. C't'une bonne moyenne. Quand on sait quel pas immense j'ai franchi entre temps !
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On peut pas dire que j'ai changé du tout au tout, pourtant. J'ai laissé tomber un petit peu le mélo-dramatique pis les grosses larmes, juste un petit peu. On dirait que c'est ancré en moi, ça. Je cherche encore la formule du bonheur parfait, même si on me surnomme ces temps-ci Amélie Bonheur. Je trouve ça drôle, ça me fait sourire. Je suis encore stressée, pis hystérique, pis mon chum me traite de folle en riant, des fois. J'ai laissé tomber Babe pis les blogs de mots sanglants, j'ai un nouveau blog tout lumineux, en blanc et bleu, où j'alimente le Bonheur de mon surnom. Ça fait du bien. J'écris de la poésie, j'écris des fictions, j'écris des trucs où ce n'est pas moi, le personnage principal. Je dois être moins égocentrique, je sais pas.
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J'ai l'impression d'avoir bien plus que mes 19 ans pas-si-nouveaux-que-ça, je pense que je t'ai aimé assez sans même savoir pourquoi pour emplir toute une vie. J'aime toujours autant, mais ça me fait pas mal moins mal. J'aime toujours autant mais là, je voudrais que ça dure toute une vie, toute ma vie. C'est pas mal différent. Au début j'avais peur que, comme toutes les autres fois dans ma vie où je m'étais entichée de quelqu'un, j'avais peur qu'il te ressemble un peu trop, que ça finisse par me contaminer, que je m'en lasse. Tellement pas. Tellement,tellement pas. Ça aussi, ça fait du bien.
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Au début, j'avais peur aussi de me laisser tomber, j'avais peur d'abandonner mes défenses. Je l'ai rencontré juste après t'avoir revu toi, à la banque, out of nowhere. J'pense bien que ce jour-là, j'ai tout compris. J'ai compris que ça pourrait jamais marcher, toi pis moi. Que t'étais comme un grand arbre centenaire pis que moi, j'étais plus genre...un peuplier, quelque chose qui bouge à la moindre brise. Un roseau. Peu importe.
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Mon nouvel amoureux, en plus d'avoir l'incroyable qualité de m'aimer même avec mes travers pis mes blessures de l'âme, il s'en fout un peu, de mon poids. Il a pas honte de me tenir par la main, il a pas honte de prendre le métro avec moi, même si mes cheveux sont pas coiffés à la perfection. Il ne m'a jamais traité de grosse baleine échouée, jamais. Quand je repense à ça, je sais pas comment j'ai fais pour endurer tout ça pendant tellement longtemps. J'étais tellement petite, jeune, et aveuglément amoureuse de toi. Mon nouvel amoureux, il m'aide à maigrir. Si tu me voyais...Je suis tellement belle. Je ne me suis jamais sentie aussi belle que présentement. Surtout dans ses yeux à lui, mais de plus en plus dans mon miroir aussi.
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Je suis quand même contente de t'avoir connu, de t'avoir aimé, de t'avoir pleuré. D'avoir eu mal à en mourir un peu, parfois. Quand j'ai rencontré Marc, j'étais prête. J'avais été brisée, j'avais essayée de me réconforter un peu partout, mais là, j'étais prête. Je m'étais dis le prochain, ça sera le bon. Y'a plus d'en attendant, y'a plus de juste pour ce soir ou cette semaine, y'en aura plus. Le prochain, il va aimer le théâtre, la bouffe thaïlandaise et il va me faire rire jusqu'à ce que j'ai mal aux joues. Je l'ai trouvé.
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Je sais pas trop où toi t'en est rendu dans ta vie, je regarde parfois vos photos, toujours sur Facebook, merci la technologie. Ça me fait drôle, de te voir soûl encore comme ça, de te voir pareil à il y a longtemps, pareil comme quand tu ouvrais grands tes bras pour que je m'y jette à la dérive. Je pense que je me suis retrouvée. Je pense que sans toi, je ne me serai pas perdue, mais ça fait du bien, un détour à l'intérieur de soi. J'ai dis pas plus tard que hier à mes beaux-parents que j'avais eu une adolescence difficile, haha. Je riais toute seule en y repensant. Ça serait cool si tu me donnais de tes nouvelles de temps en temps, je pense pas qu'on puisse être amis mais c'est pas grave, on pourrait quand même aller prendre un café.
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Mais merci quand même. T'as été mon salaud, t'as été mon ange, t'as été la roche sur laquelle je me suis souvent appuyé quand je n'avais plus personne sur qui compter, tu m'as laissé toute seule dans des moments que je ne te pardonnrais jamais, mais je ne voudrais pas que ce fut un autre que toi qui m'est fait vivre tout ça. Merci d'avoir été mon salaud, je n'aurais pas supporter que le titre revienne à mon nouvel amoureux, si jamais ça se termine un jour entre nous deux.
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Ça fait que c'est ça. On est le 26 mars pis j'ai pensé à toi deux jours avant le temps. Je pense que maintenant, je suis libérée des 28 mars. Merci, babe.

27 février 2009

J'avais huit ans. J'avais douze ans. J'ai dix-neuf ans.

J'avais huit ans, des lunettes comme celles d'Harry Potter et j'étais toujours trop grosse sur les photos de scolaires.

J'avais douze ans, des lunettes carrées, déjà des boutons en plein milieu du front, et j'étais encore trop grosse, même si les photos de groupe, ça n'existe plus, au secondaire.

J'avais huit ans, les cours d'éducation physique étaient mes pires cauchemars, je me sentais tellement seule que je suppliais mes parents de m'acheter un chat, je refusais de me départir de ma vieille couverture, ma doudou, ma mimi. C'était ma seule amie. On m'appelait la baleine bleue dans les cours sur les mammifères, la grosse torche un peu plus tard, champ de fraise et Frankestein quand j'ai eu mes broches. Bin oui, esti. La petite grosse à lunettes et avec des broches. Je n'avais rien pour moi, hein. J'avais déjà lu la trilogie des Harry Potter, je m'attaquais

J'avais douze ans, je n'étais en paix que dans le cours d'histoire, parce que le prof m'aimait bien, je connaissais par coeur le chapitre sur l'Égypte ancienne et je m'intéressais à tout ce qu'il disait. On me fichait la paix devant lui. Merci, Serge. Le reste du temps, je mangeais seule assise sur une toilette, dans le cabinet des filles, parce que bon, les garçons peuvent pas venir ici. Mais c'est pas grave, on arrivait quand même à me retrouver, et à me lancer du jambon par dessus la porte. Amélie, mon gros jambon, haha ! Hein AM, HAM ! GROS JAMBON ! C'est arrivé une fois qu'un de ces garçons a détaché sa ceinture, me l'a mise autour du cou en criant qu'il l'avait attrapé, le gros cochon sauvage. C'est bon pour l'estime de soi.
*
J'avais huit ans. Je croyais naïvement que dans quelques années, j'allais être libéré d'eux, même si les insultes étaient moins pires que celles qu'on lançait à Andrew, tiens, Andrew le petit garçon mal adapté, qui puait toujours un peu plus que tout le monde et qui avait les cheveux gras, ou moins pires que celles qu'on lançait à Stéphanie, qui arrivait en plein mois de février avec une robe d'été, les jambes rougies par le froid, Stéphanie qui sentait le moisi et le fond de sous-sol.
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J'avais douze ans et un couteau de cuisine contre mon poignet. Aujourd'hui on m'a lancé dans une rangée de casier, on m'a griffé, on m'a dit que tout le monde serait bien mieux si moi, j'étais morte. Aujourd'hui, j'ai envie de les écouter. Demain, je ne veux plus aller à l'école - je ne peux plus. J'essaie de m'entailler le bras pendant que mes parents font l'épicerie et que je suis seule ici mais je n'y arrive pas, je me blesse à peine, et pendant que je fonds en larmes, le téléphone sonne. C'est qu'aujourd'hui, entre deux jambettes et trois fois à ramasser mes livres qu'on a fait tomber dans les escaliers, je me suis fait une amie, et elle m'appele pour me demander si demain, demain auquel je me refuse de penser, si demain ça me dirait de venir au cinéma avec elle et ses amies.
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J'avais huit ans et même si on irait de moi, on ne riait pas trop fort, parce que j'étais du genre à relancer des boules de neige et à foncer dans la marmaille les poings serrés. J'étais du genre grosse et grande, pour une gamine de huit ans. J'avais des lulus et de l'ambition. Un jour, quelqu'un a traité mon père, mon petit papa tout mince et musculaire, de l'homme le plus gros de la planète pour avoir mis au monde la fille la plus grosse de la terre. J'ai regardé le petit gars minuscule droit dans les yeux et je lui ai dis, je m'en souviens si bien, toi tu me fais mal avec des mots mais attends de voir ce que moi je peux faire avec un bureau. Et je lui ai lancé mon pupitre en espérant qu'il meurt.
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J'avais douze ans et j'ai craché au visage de la mère de mon bourreau, celle-là même qui le protégeait, qui me suivait partout pour me crier des insultes, celle-là même qui a essayé de s'attaquer à ma mère, une fois. Je lui ai dis ma grosse criss de viking, tu me fais pas peur osti de folle, j'vas te tuer avant que tu fasse mal à ma mère ! Je suis allée chez le directeur et je lui ai tout dis, je lui ai tout déballé mon lot de haine et d'insultes, je lui ai montré mes poignets et je lui ai dis, à lui aussi, si vous faites pas quelque chose pour que ça arrête j'le tue, j'vas le tuer pis j'vas rire de son cadavre après. Ma mère est venue, mon père a crié, le directeur a convoqué le garçon à qui j'ai répété tout ça, et j'ai ajouté pis en plusse, criss, chu ceinture brune en karaté, ça fait que ça va t'faire mal si j'te frappe. Du jour au lendemain, on m'a respecté.
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J'avais treize ans et je me suis fais une autre amie, une amie qui lisait du Victor Hugo, qui avait une caméra numérique et qui me montrait le monde d'une autre façon, une amie avec qui j'ai commencé à boire de l'alcool, avec qui j'ai chanté Bumbo,bumbo, petite automobileuh pour la première fois, une amie avec qui j'ai affronté les marées et les tempêtes, une amie hors norme, une amie qui ne cadrait pas dans la marge, pas parce qu'elle était grosse ou boutonneuse, mais parce qu'elle avait bien compris que ces gens-là n'en valaient pas la peine. Une amie avec qui j'ai découvert Adomonde, un forum de discussion où j'ai compris, moi aussi, que ça existait partout, des gens différents, des gens qui aimaient lire, écrire et discuter. Je n'hésite pas une seconde à affirmer qu'à cette époque, c'est Hélène et Internet qui m'ont sauvé la vie.
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J'avais quinze ans, on m'écoeurait encore dans les corridors de la polyvalente mais c'était moins pire, j'avais pris ma place. Il était une fois un grand garçon, un grand garçon de dix-sept ans qui est entré dans ma vie, qui m'a embrassé devant les p'tits criss de morveux qui m'avaient lancé des cennes pour que j'aille m'acheter des amis et qui m'a protégé, l'espace de quelques semaines. Ça n'allait pas durer, c'était écrit. Après ça, il a ressorti lui-même l'insulte de la baleine bleue et ça, ça a fait plus mal que jamais avant. C'était comme si on me fourrait du jambon dans les yeux dans les oreilles dans la bouche et dans le coeur.
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J'avais quinze, seize, dix-sept ans. Je me suis accrochée à toutes les miettes d'affection que je pouvais récolter un peu ici et un peu par-là. J'ai empoisonné la vie de tous ceux que j'aimais. J'ai ramassé toutes les insultes que j'avais entendues dans ma vie, qu'on m'avait élégamment adressé à différentes périodes de celle-ci, et je me suis trouvée un souffre-douleur, une fille un peu trop grande, qui ressemblait à une cheval. Je lui ai dis va te faire enculer par un cheval osti de pute ! et j'espère que t'as mal à la noune après t'être fait dévierger par Lou, osti de salope de criss. J'ai eu plus d'amies et moins mal, un peu, parfois. On me dévisageait, on me disait que je changeais, les autres amies des premiers temps me trouvaient vulgaire et déplacée. J'avais besoin d'attention, j'avais besoin d'être celle qu'on regardait, celle qui brillait. J'étais toujours soûle, ou gelée, ou les deux à la fois. Je buvais comme on boit de l'eau de la vodka, à la paille en plus. Je collectionnais les peines d'amour, je collectionnais pas les baisers mais les frenchs et quand un homme a voulu me ramener chez lui, j'ai paniqué, j'étais de nouveau la petite fille de huit ans qui aimait Harry Potter et Legolas à la folie, la petite fille qui écoutait du Lorie et qui jouait avec son chat et sa maman.
*
J'avais dix-huit ans. Je me sentais parfois comme une vieille âme, comme une femme de quarante ans enfermée dans le corps maladroit et graisseux d'une jeune fille-femme qui ne sait pas trop où elle va, ni vers quoi elle avance. Mais j'avançais. Je n'ai jamais reculé, ou hésité, après le jour où j'ai menacé de tuer quelqu'un. Parce que je le pensais, fuck, je le pensais tellement. Si on m'avait dit oui vas-y, tu peux le tuer, tu n'iras pas en prison, personne ne va t'en vouloir, vas-y, tue-le, je ne me serai pas rendu à la fin de la phrase. J'arrivais au Cégep et j'avais envie d'enfin être libérée par toutes ces années de misère. J'étais en Arts et Lettres, je montais sur la scène en trimballant ma personnalité un peu brisée, mon hystérie collective et mes montées de lait. Je ne me suis jamais laissé marcher sur les pieds après cette heure passée dans le bureau du directeur. Il y avait quelque chose dans ses yeux qui m'ont commandé de ne jamais courber l'échine. J'arrivais au Cégep, j'avais des foulards multicolores, pleins d'anecdotes amusantes à vivre et je ne me suis pas privée pour en profiter. Je frenchais encore autant, je m'étais fais une solide réputation après quelques semaines à peine. Yo, Amé, t'as tu vraiment frenché Jérémie hier ? Nice shot, j'suis jalouse !
*
J'avais encore dix-huit ans. Puis ça a fini par arriver. On m'a invectivé comme ça, quand j'allais monter les escaliers vers mon cours d'anglais, malade, au bout de mon rouleau. La blonde d'un gars que j'avais frenché. Ça, ça reste un mystère, hein, pourquoi je frenchais autant maintenant alors qu'avant on m'avait craché dessus et collé des gommes dans les cheveux. J'étais une originale, faut croire. La fille s'est mis à crier, à me dire que j'étais laide, t'es yink une ostie de grosse torche tu mérites pas de vivre, t'es laitte pis y'a personne qui t'aime. Wo minute, tabarnack. Je l'ai pris par les cheveux, ses maudits cheveux blonds frisés tout croches, pis je lui ai parlé dans le blanc des yeux, douze osties d'années de rancoeur pis de frustration accumulées ont passé sur elle. Je lui ai fais peur. Je lui ai dis je touche pas à ton esti de chum tabarnack, tu vas calmer tes nerfs pis aller passer ta frustration ailleurs, si tu suces moins bien que moi, c'pas d'ma faute, fek en attendant, décalisse, scram, pis caliss moi patience avec tes crises de nerfs. La prochaine fois, ça va faire ben plus mal que ça.
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Aujourd'hui, j'ai dix-neuf ans. J'ai rencontré un homme qui me berce le soir, quand tout ça est encore trop lourd à porter. J'ai rencontré un homme qui a accepté ma différente, mes angoisses et qui apaise mes crises. J'ai rencontré un homme qui a vécu la différence, à un différent degré mais quand même, un homme qui peut comprendre pourquoi je pleure en pensant à Cynthia des Invincibles.
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Un homme qui n'a pas ri quand je lui ai dis que je voulais maigrir une bonne fois pour toute, pour me débarasser de tout ça, cette graisse qui m'a pourrie la vie depuis ma naissance. Un homme qui s'entraîne avec moi, qui se prive de Mcdo et qui mange de la salade en ma présence, pour m'encourager. Un homme qui m'aime, ça m'aura pris tant de jours, tant de baisers, tant de larmes essuyées pour le réaliser. Un homme qui m'a amené sur les plages d'Old Orchard et qui a tenu ma main devant les milliers de touristes qui affluaient vers nous.
*
Un homme qui va au cinéma dans ma petite ville avec moi et qui garde la tête haute et son bras autour de ma personne quand on croise les petits morveux qui ont fini par vieillir, qui ont fini par baisser les yeux en ma présence, parce que si moi j'ai encore mal de leurs insultes, je crois qu'ils ont mal eux aussi en souvenirs de ce qu'ils ont été. Enfin, certains d'entre eux. Mon principal bourreau n'a pas de regrets, je le sais, je le vois dans ses yeux quand il me croise au Cégep. Et moi, même si c'est mal, j'attends toujours qu'un dix-huit roues ou même juste une petite sunfire lui roule sur le corps. Ça me ferait sourire.
*
J'ai été chanceuse dans ma malchance. J'ai rencontré au bon moment des gens qui ont su me garder en vie, qui m'ont montré qui j'étais et qui ont contribué à forger celle que je suis devenue. Je me sens en dette envers ceux qui ont pu voir qui j'étais vraiment, qui m'ont tendu la main, même si parfois ce fut pour la mordre ensuite. Maintenant je regarde les spécialistes qui débattent sur le cas de David Fortin et je me dis, caliss qu'ils comprennent rien. Ça vaut rien la prévention, les programmes de sensibilisation. Je me dis que caliss, Jean-François Mercier a raison quand il dit que la violence se règle en utilisant la violence. Ou la fuite, comme le petit David. Mais certainement pas la prévention dans les écoles.
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Vous irez faire dessiner des coeurs sur des feuilles blanches aux petits monstres qui m'ont traîné dans la boue si longtemps. Vous irez leur dire que non non, ce n'est pas bien de dire qu'un de ses amis est gros, il est seulement différent.
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Vous devriez plutôt vous attaquer à la famille de ses p'tits criss-là, allez voir la mère, le père, le grand frère de ces enfants-là. Allez voir dans leur petit cocon familial si la mère a des tresses de viking et un air de boeuf, si elle est un peu folle, ou dépressive, si elle aime ça, agresser la maman d'une petite fille différente à la sortie d'un cours de karaté. Allez voir si le papa boit son café et baisse les yeux devant les bêtises de son fils, allez voir comment il réagit quand vous lui dites, à votre caisse d'un Canadian Tire, vous, vous allez passer à une autre caisse que la mienne parce que je vous plante votre tourne-vis entre les deux yeux, juste pour voir si ça va faire mal à votre fils autant qu'il m'a fait souffrir. Allez voir comment il prend son tourne-vis, conscient de la vérité des paroles, mais allez-y, allez voir comment le grand frère encourage le plus petit à faire des jambettes à son souffre-douleur, allez-y juste un peu pour comprendre que ÇA NE CHANGERA JAMAIS.
*
Je n'ai aucune réponse à ça. Peut-être que ça prendrait des prof qui ont plus de guts, des profs qui punissent, qui sévissent, qui parlent avec les parents, qui vont voir dans les maisons et qui s'insurgent. Des ostis de bons profs, qui empêchent les enfants de dix ans de parler avec la méchanceté de toute une vie. Des profs qui savent mettre leur limite, qui ne ferment pas leurs yeux parce qu'ils sont trop blasés, parce qu'ils savent comme moi que rien ne va changer. Si même les parents n'y peuvent rien, peut-être que les profs peuvent changer quelque chose, j'en sais rien. Dans mon cas, c'est arrivé quelques fois que des profs m'ont tendu la main, qu'ils m'ont aidé. Un d'entre eux m'a très certainement sauvé, une fois.
*
Je n'ai pas de réponse, et pour moi, après la nouvelle de la disparition de David Fortin, je pense que plus rien ne va changer. Y'a pas de solution. Les humains sont méchants. Fuck Rousseau, fuck la nature humaine qui est bonne à la base, fuck fuck fuck. Tout le monde est méchant et c'est aux parents de déterminer avec les enfants ce qui est acceptables ou pas. Y'a des gens qui ne devraient pas avoir le droit d'enfanter des merdes comme ça, des merdes qui brisent la vie des petites filles qui lisent Harry Potter et qui se retrouvent dans le personnage principal, et qui pleurent le matin de leur onze ans parce que non, Hagrid ne vient pas les arracher à leur quotidien gris sale et puant, parce que non, Poudlard ça n'existe pas, et que Voldemort est assis à côté de leur pupitre, derrière elles, devant aussi, chaque jour, chaque matin, et que chaque soir, elles reviendront en pleurant et en essayant quand même d'y croire, à Poudlard et à ce jour où toute la douleur cessera.
*
Vous êtes même pas obligés d'avoir lu tout ça, moi ça m'a fait du bien en criss. Et si jamais je le croise, David Fortin, je vais tellement le prendre dans mes bras, je lui dirais viens t'en, on s'en va au pays des merveilles, tu vas voir, y'a des feux d'artifices pis des gros coussins pour s'asseoir, tu vas voir, on peut lire, gratter la guitare et avoir les cheveux longs sans que personne ne s'en étonne.
*
Ouin.
*
Pis je lui mentirai pas, oh non. Je lui dirai ça va pas arrêter de faire mal du jour au lendemain, même si tu t'en vas au bout du monde, y'aura toujours quelqu'un pour te faire passer pour plus laid que tu l'es, pour plus nul que tu l'es, même dans dix ans, tu vas t'en souvenir, de ces moments-là. Tu vas passer devant des enfants et tu vas frémir, tu vas passer devant des adolescents pis tu vas avoir la gorge nouée. Tu vas p't'être bin hésiter avant de t'inscrire à l'université dans des programmes d'enseignement, parce que tu sais pas si tu vas pouvoir être assez fort devant des enfants. Parce qu'une fois que t'es différent, tu peux pas t'en sortir, jamais. Faut apprendre à vivre avec, pis rentabiliser ta différence. Tu vas voir, le Cégep, c'est beau,c'est grand, c'est le salut. Tu vas voir, tu vas trouver toi aussi pour quoi ta différence est faite, pourquoi t'es comme ça, ohh oui.
*
En attendant, viens faire un tour sur Adomonde, on va jaser.

12 novembre 2008

Jeux d'enfants

C'est par tant de fois que je fus ici, et même en y pensant très bien, je n'ai pas souvenirs d'y avoir été heureuse. Le sable qui crisse sous mes bottes, les grands sapins devant nous qui ne meurent pas, eux non plus. Je sens encore l'odeur de la sève sur leur tronc robuste et le couinement imaginaire des fourmis à leurs pieds quand nous détruisions leurs nids. L'école primaire de mes premiers instants, là où on me prédisait un avenir brillant d'astronaute, de médecin, d'un métier altruiste et gratifiant. Je serai une grande personne qui serait quelqu'un, m'affirmait-on, sans que je ne comprenne trop pourquoi certaines grandes personnes n'arrivaient à n'être que quelconque.

Petit sourire amer à ce vieux souvenir; maintenant je fais de l'art égoistement, pour me sauver moi-même, de moi-même, me sauver sans doute des récréations passées ici à déjà savoir que dans ma différence, j'étais une exception. J'imagine que je rêvais dès lors du jour où je remettrais les pieds ici avec lui, prouvant à la gamine que j'étais qu'elle avait raison.

J'ai eu une petite pensée à l'adresse d'une ancienne camarade, partageant ma différence corporelle : elle étudiait maintenant en chimie, avait toujours garder son aigreur et était désormais lesbienne. Petit frisson. Une autre pensée pour la meilleure amie de l'époque, qui avait peur de tout et de rien, et qui marche présentement à mes côtés, en théâtre et en folie. Qui l'aurait cru...

On a fait rouler des cocottes de pin qui s'étaient perdues par hasard jusqu'au milieu du terrain asphalté. J'ai eu l'impression, dans ce froid, emmitouflée avec sa présence réconfortante, que c'était un moment important, sans pouvoir dire exactement pourquoi. Le genre de moment où je regarde partout, un peu naïvement, en étant consciente d'être en train de vivre ce qui allait devenir un nouveau souvenir. Un nouveau souvenir doux.

Quand il a grimpé dans le module de jeux malgré sa jambe blessée, j'ai su tout de suite qu'il voudrait que j'en fasse de même, et je me suis revue tant de fois au pied de ce module coloré, regardant les autres enfants grimper, se balancer, même se blesser. J'aurai tellement aimé tomber du bas de ce module ! Mais mon petit corps déjà trop gos et malhabile n'a jamais osé s'y aventurer, de peur d'y rester coincé.

Allez viens, viens, mon bébé, qu'il me dit, sans savoir que je suis pétrifiée devant ce vestige de mon passé. Je me revois, en leggings, les cheveux courts - heureusement que mes parents ne m'ont pas choisi un prénom trop masculin - et les grands chandails pour oublier mon petit ventre trop gros. J'ai revu mes souliers à velcro et mon casque de vélo mauve. Allez, petit bébé, c'est facile, qu'il me répétait, alors qu'il était déjà au sommet. Je suis le roi du monde, tandis qu'il lâchait ses mains et se laissait aller contre le fer du module. J'ai eu peur, puis j'ai traîné mes bottes jusqu'à l'escalier et j'ai traversé le pont de corde prudemment. J'ai toujours été trop prudente, trop vieille, trop fânée, même à la petite enfance. Je n'ai jamais été piqué par un taon ou une abeille ou une guêpe, je n'ai jamais brisé mon bras ou ma jambe ou les deux, jamais vomi et presque pas saigné du nez. Pas de risques, pas de pont en cordes, pas de vélo sans casque, surtout pas de rollerblade, ni de camp de jour. Surtout pas.

Après avoir posé mes deux pieds sur la structure métallique et surtout, solide, il était là, il m'attendait, souriant, dans la noirceur, avec sa tuque qui lui donne l'air d'avoir l'âge de mes souvenirs, les bras grands ouverts. Quand je m'y suis glissée, pour la première fois en ces lieux, je m'y suis sentie aimée.

On est resté comme ça longtemps, immobile, en silence. J'observais le ciel étoilé à travers mes lunettes buées, et je l'ai senti frissonné contre moi. Il fait froid, hein ? Oh,tu sais ... Il a pris mon visage entre ses doigts gantés. Non, je sais pas. Dis-moi-le. J'ai rougis un peu. Quand je suis avec toi, je n'ai jamais froid.

Doucement, il m'a entraîné vers le bout du module, là où se trouve le mat que je n'ai jamais osé monter, ni descendre, le mat dont je ne me suis jamais approchée. C'est le temps de vaincre ses peurs, bébé. Allez!

En joignant le geste à la parole, il descendit agilement du module, et me tendit la main. Je vais te guider, te dire où mettre tes pieds, tu vas tellement être fière de toi après.

J'ai levé la tête vers le ciel et j'ai dis merci, à qui, je sais pas, mais merci, de m'être rendue ici, là, présentement, avec l'homme le plus formidable et imparfait de la terre, qui complète tellement la femme d'exception et de défauts que je suis. À deux on a nos qualités qu'individuellement, on ne peut trouver soi-même.

J'ai posé ma grosse botte maladroite sur la spirale de fer verte et j'ai respiré, longtemps. J'ai pensé à Mickey Mouse, aux Babysitters, et même à Harry Potter. J'ai pensé aux garçons qui me jettaient du sable dans les cheveux du haut de ce module sur lequel j'avais rageusement grimpé sans jamais me résoudre à toucher au mat, et j'ai eu envie de pleurer, un peu. J'ai dix-neuf ans, et j'ai encore mal à la fillette que j'étais.

Mes doigts glacés s'accrochaient au métal comme si ma vie en dépendait. Mes pieds, petit peu par petit peu, se sont laissés guider par la voix douce et chaude de mon amoureux, et en moins de deux minutes, j'étais sur la terre ferme, à sautiller avec chéri, à pleurer franchement, à caresser Amélie la gamine et à lui donner un sac de deux piasses de bonbons mental.

Il m'a pris par la main, tu vois que c'étais pas si pire, je t'ai dis qu'ensemble on vaincrait toutes tes peurs, et quand nous sommes ressortis de la cour de récréation en passant près des structures de ballon-poires, il me semblait qu'enfin...enfin...

J'avais fais la paix avec mon passé.

2 octobre 2008

Morphée

Je dors souvent chez mon copain, ces temps-ci, pour prendre soin de lui, et tout simplement parce qu'avec son accident, il ne peut plus se déplacer chez moi. J'étais toujours mal à l'aise, je dormais mal, je me réveillais le matin aussi fatiguée que la veille, avec des courbatures, à 5hrs AM. Je ne sais pas pourquoi mon corps réagissait comme ça, comme s'il n'était pas d'accord, comme si le pourtant très confortable lit ne suffisait pas à me faire oublier tout le stress et le poids des dernières semaines.

Hier soir, tout fier de lui, l'Homme m'a avoué avoir fait des exercices toute la semaine pour pouvoir se déplacer, se positionner en conséquence, et hum...enfin, pour mettre fin à notre période d'abstinence. Alors hier soir, après ça , je me suis endormie comme un petit bébé, j'ai lâché prise, et j'ai tellement bien dormi, pouah ! Ça m'a fait un bien fou, de m'endormir dans ses bras, comme avant. De me faire réveiller par lui, qui m'enlance. De faire l'amour au dodo et au réveil, deux fois en quelques heures, et de sentir tout son corps emboîté sur le mien.

C'est sûr, ce n'est pas très intime chez lui. Nous deux, ses deux parents, son frère et sa blonde, en plus de sa soeur et son chum parfois, ça commence à faire "du monde à la messe" ! Au moins son lit ne craque pas et nos silences sont bien plus chargés d'amour que des cris d'animaux. Nous ne baisons pas chez lui, nous faisons l'amour. Et ça fait du bien, de me sentir aimée comme ça, après les moments de stress, de peur, de découragement, de pleurs...Ça fait du bien, de me retrouver comme ça avec lui, liés et si près l'un de l'autre. Lui balancer en plein visage que je l'aime et que je ne l'abandonnerai jamais, lui qui pleure de...joie? D'un trop plein de bonheur durable ? Nous construisons notre vie à deux de plus en plus solide, avec l'habileté d'un briqueleur qui comprend son nouveau métier après des tentatives plus ou moins réussies.

Et je l'aime. J'en suis si certaine, ça pop en moi à tout moment, je l'aime de la tête et du coeur. Je l'aime. Et ça fait du bien, ça aussi. Une certitude ancrée en moi, une certitude qui me fait avancer avec lui dans mon ombrage, une certitude, enfin. Depuis le temps ! Je n'ai pas peur qu'il me quitte ce soir, je n'ai pas peur qu'il me trompe, je n'ai pas peur qu'il me rejette. Même si parfois je dois lutter contre les mauvaises habitudes du passé, ce n'est plus trop dur de les relèguer à mon tiroir L'Ex dans les confins de ma mémoire. Je souris en naviguant sur le Facebook de ce dernier, parce que même en me forçant beaucoup, je n'arrive plus à me souvenir pourquoi je l'aimais. Et même en relisant vieux blogs et textes, je n'y arrive plus. Et je suis heureuse.

Et j'aime.

Et rien ne pourrait être plus beau que cette certitude où je suis enfin arrivée.

20 septembre 2008

Cachez ce saint ce que je ne saurai voir !

Parfois je tourne des pages de ma vie sans le savoir, sans même m'en apercevoir. Je ne suis pas en train de me dire continuellement " Tiens, voilà cette étape qui se termine pour moi ! " Habituellement, la rupture est faite, nette et cicatrisée, et je constate ensuite qu'il n'y a pas eu les dégâts escomptés.

Ce fut le cas pour Bruno - mon ex mythique - et c'est le cas pour...le Saint.

Ce night-club où je sortis jadis chaque vendredi durant deux années de façon assidue. Cet endroit où j'ai viré des brosses mémorables, où j'ai rampé par terre, où j'ai faili me faire battre une fois - oui, oui ! - où j'ai pleuré, où j'ai aimé, où j'ai embrassé de parfaits inconnus pour me prouver à moi-même que malgré mes kilos en trop, je pouvais le faire, moi aussi. Ce bar où j'ai bu des centaines de litres d'alcool, où j'ai échappé des verres de Sex on the beach sur les souliers de mes amies, où j'ai attendu dehors des heures dans le froid glacial de la nuit pour y entrer par des soirées trop achalandées.

Ce bar que plusieurs amis et connaissances fréquentent encore assiduement, et où je suis fréquemment invitée. Hey, viens-tu au Saint ce soir ? Ce bar qui, dans mon temps,était l'endroit où aller le vendredi, est maintenant le spot des samedi, délaissé au profit des vendredi Chez Mau', un autre bar où l'on sollicite souvent ma présence.

Cette époque où j'étais la première à être coiffée, maquillée et ivre semble résolue - elle l'est. Je devais sortir à Montréal ce soir ; j'ai préféré rester sagement ici, à faire des devoirs, à écrire sur mon blog quelque peu abandonné, à vaguer sur Internet, en sachant que plus tard, l'Amoureux allait revenir de son spectacle avec son école et qu'on allait dormir ensemble, au chaud, juste bien.

Le changement s'est opéré graduellement, je ne l'ai pas vu venir. Ça coule de source, maintenant, passer des soirées avec Marc plutôt qu'aller me soûler dans un bar. Je n'ai pas envie du tout de faire ça de nouveau. Ça ne me manque pas, mais vraiment pas. C'est étrange, hein ? C'est tellement étrange...

Et je regarde les photos de ces gens à ce bar, soûls, heureux, libertins, et je regarde sur mon desktop la photo de Marc et moi à Old Orchard, sur la plage, le matin, et ... mon choix se fait naturellement, sans dilemme douloureux, sans regrets, sans regards vers le passé.

Cette époque n'est plus, et c'est tant mieux.


27 février 2008

No day but today

Ma nouvelle hymne à la vie, tirée directement de la comédie musicale Rent, sur Broadway. J'avais dis, en janvier, que je ne ferais pas de résolutions auxquelles assurément, je désobéirais après quelques semaines, voire quelques jours.

Mais là, présentement, maintenant, je suis prête.

Ça s'échalonne sur un an, quand même, ma résolution. En fait, c'est pas vraiment une résolution, c'est plus un but, un objectif, un ce-que-vous-voudrez, mais c'est à réaliser. C'est quelque chose qui me tient à coeur, vraiment. Ça fait longtemps que j'aurai du m'y mettre.

Je vais...perdre du poids.

Bon, c'est dit. Reste plus qu'à mettre tout ça en oeuvre, en action, en place ! Avec ma mère, on est allée voir une nutritionniste. En un an, qu'elle a dit. Un an pour atteindre mon poids santé, ou presque. Un an. Un an de privation, de sacrifices, un an sobre. Mais ça ira, je crois. Ça ira.

Un an dans une vie, c'est presque rien. Un an pour me remettre sur pied avant de partir pour l'université. Un an pour laisser mon ancienne vie ici et débarquer à Montréal fraîche et dispo' pour l'avenir.

C'est ce que je veux plus que tout au monde. Plus que la gloire, plus que gagner des concours littéraires, plus que d'avoir une Cote R merveilleuse, c'est mon seul souhait.

Je le fais pour moi, et pour personne d'autre. Je me le dois bien.

En attendant...

There is no future
There is no past
Thanks God this moments not the last

There only us
There only this
Forget regrets
Or life is yours to miss

No other road
No other way
No day but today.

25 février 2008

Le syndrome de la page blanche

Ça fait quelques jours déjà que je suis en panne sèche d'idées, pour l'écriture. Je regarde mon cahier de textes du coin de l'oeil et je soupire, parce que ça ne vient vraiment pas. Et je désespère, parce que la date d'inscription au concours Critère approche drastiquement et je n'ai toujours rien pondu qui puisse ressembler à un texte sur la haine.

Et pendant le cours d'anglais, ça y était . Une phrase, quelques paragraphes, pour me remettre dans le bain. Et puis une autre idée, des nouveaux mots, quelques larmes qui s'éparpillent sous mes lunettes et je donnais vie à une ébauche d'histoire, comme ça, dans la marge de mon cahier d'exercices. Un peu de moi, un peu des autres en elle, ma nouvelle elle, comme toutes les autres femmes écorchées par leur existence à qui je permets de s'exprimer à travers mon stylo.

Mais celle-là, je la sens bien, bien, bien.

On verra.

Au moins, je n'ai plus l'impression d'être une grosse coquille vide de sens et d'émotions.

Et ça, ça me plaît bien.

24 janvier 2008

Parcours inachevé

Je n'ai pas terminé mes années au P.E.I, par manque de motivation, peut-être, mais surtout par absence de talent notable - ou plutôt par non-existence de talent - en sciences. Ma dernière année au secondaire a été probablement la plus belle et je n'ai jamais regretté ma décision de ne pas faire mes mathématiques en cours d'été pour pouvoir rester au sein de cette...secte de l'excellence scolaire.

Je ne dis pas que le P.E.I est une mauvaise chose en soi, je crois simplement que certaines de ses politiques devraient être remaniées. C'est une préparation extraordinaire au Cégep, et je ne pense pas que j'excellerai comme ça naturellement sans avoir développé des mécanismes d'apprentissage spécifique à ce programme-là...mais bon.

Toujours est-il que les gens du P.E.I de ma polyvalente sont généralement snobs - à part mes amies, et encore là... - et j'en ai eu la preuve sur les photos de leur remise de diplôme d'hier, soirée à laquelle je pouvais assister, je crois. Je n'ai pas eu d'invitation formelle mais on m'a dit que ma présence était sollicitée et que mon absence avait fait jaser.

Ah,oui. Ah,bon.

Pourtant, je ne suis plus au P.E.I. et je ne vois pas pourquoi je me serai pointée à mon ancienne polyvalente dans laquelle j'entre avec appréhension, au cas où on m'y enfermerait de nouveau pour cinq longues et pénibles années. Mon secondaire, c'est le bel album hypocrite qui traîne quelque part dans une bibliothèque, entre deux ou trois autres albums de photos, c'est des visages sans nom, des amitiés de passage, des gens qui m'auront fait comprendre que l'important, au fond, c'est d'être bien avec soi-même, avec ce que nous sommes et d'en assumer les conséquences.

Les gens de ma ville n'ont jamais été très, très forts sur les arts, la culture en général. La vie socioculturelle étant presque nulle, les sports ayant toutes les subventions, j'étais plutôt marginale ; affirmer qu'on aime la lecture et que le théâtre constitue un de nos passe-temps préféré, c'était pas la meilleure recette pour avoir mon ticket V.I.P au sein de la communauté campivalencienne léthargique cérébralement et fière de son ignorance...

Alors voilà, je suis heureuse d'être au Cégep et de ne plus avoir de liens indésirables quelconque avec ces personnes qui, supposément la crème de l'intelligence, m'aparaissent bien insipides à comparer aux gens que je fréquente désormais dans mes cours, ou plutôt, en général au Cégep.

Merci pour cette capsule défoulatoir du soir !

14 janvier 2008

Un questionnaire de filles

Parce qu'on aime ça, vraiment.
Et parce que c'est pas si fi-fille que ça en a l'air, parce que ça peut être profond, et que ce le sera.
Pêché sur le blog de Kariann http://xsomex.skyrock.com , que je viens de rajouter à mes lectures, croyant qu'elle y était déjà!
Alors,alors...


Je n'ai jamais appris...à doser mes émotions.

Quand j'avais cinq ans...j'étais pleine d'imagination et je me questionnais sur l'avenir de la terre, en dessinant une planète qui explosait dans la poussière près de ma porte d'entrée.

Le secondaire c'etait... et c'est toujours une période de ma vie que j'ai rangé dans une armoire, avec l'album des finissants, et à laquelle j'essaie de penser le moins souvent possible ; c'était un passage obligatoire vers le Cégep.

Je n'oublierai jamais... les blessures passées, parce que c'est grâce à la façon dont je m'en suis guérie que je suis rendue où je suis.

Il y a ce type... qui a partagé ma vie pendant deux ans, qui a rythmé mes peines comme mes joies, et qui semble être un inconnu maintenant. Le pire, c'est que c'est mieux ainsi.

Une fois dans un bar... j'ai écrit sur le mur des toilettes que nous serions notre nous si merveilleux pour la vie, et j'ai cité les Spice Girls pour définir notre amitié.

A midi... je me suis réveillée chez Cathoune parce que les filles riaient de ma moue de sommeil.

La nuit derniere... j'ai ri, j'ai parlé, j'ai presque pleuré, et surtout, j'ai aimé.

Si seulement... j'étais milionnaire!

La prochaine fois que j'irai a l'église... ce ne sera pas de mon plein gré, mais plutôt pour un évènement formel : funérailles,baptème ou mariage.

J'aime bien... être seule, chez moi, en tête-à-tête avec mon chat ronronneur.

Quand je tourne ma tête a gauche... Je vois des disques et des bouteilles d'eau, mon téléphone et une paire de boucles d'oreilles.

Quand je tourne ma tête a droite... je vois le boîtier de mes écouteurs de iPod, des formes géométriques à coller et des trombones.

Tu sais... que parfois, j'ai peur de ce que les autres pensent de moi, mais que je m'oblige à foncer quand même ? À y être indifférente ? À passer outre les commentaires parce que je sais, du plus profond de moi, que ce n'est pas en me freinant que j'atteindrais mes buts.

Au Cégep... j'ai enfin eu le sentiment d'être exactement là où je devais être, au bon moment, au bon endroit. Enfin.

Le même jour l'an prochain... j'attendrai mon horaire avec impatience, j'aurai la tête encore plus pleine de projets,d'appartements, d'amitiés et qui sait, peut-être d'amour. Mais je serai aussi heureuse que présentement, j'en suis certaine.

Le pseudo qui m'irait le mieux... Vengeresse, ça me colle à la peau depuis si longtemps que je ne peux pas le renier. Meleia aussi.

J'ai du mal a comprendre... certaines personnes pour qui la vie n'est que superficialité, matérialisme et bitchage. Moi, je ne conserve que le bitchage de ce mode de vie.

Si je retourne a l'ecole demain matin, lundi... je serai tellement heureuse, et je me sentirai vraiment dans mon élément !

Tu sais que je t'aime bien... ouais, j'aimerais bien aimer bien un nouveau garçon. Pour l'instant, je me sens plutôt froide.

Si je gagne un prix... littéraire, je serai incommensurablement fière de moi.

Suivez mon conseil... soyez vrais. En tout temps. Avec tout le monde.

Le meilleur des repas... c'est avec des amis, entourés de rires et de complicité, peu importe la nourriture ingérée.

La chanson que j'adore... Wish you were here, Pink Floyd.

Si vous visitez ma ville natale... vous comprendrez pourquoi j'ai si hâte de vivre à Montréal! Valleyfield, ville de snobs et d'imbus de leur propre personne.

Pourquoi personne... ne lit mon blog ?! Haha.

Si vous passez la nuit chez moi... on se chuchotera des mots plein d'avenir, des plaisanteries et des rires jusqu'à très tôt.

Le monde peut très bien se passer... de Britney Spears. Sérieusement, si elle meurt, qui pleurera ? Les paparazzis ? Le gars freak Leave Britney alone ? Les potineurs de ce monde ? Elle est un déchet humain, come on ! Le monde peut très bien se passer de Caroline Lamonde, aussi. Huhu. Je suis méchante.

Le mieux... c'est d'être heureux, peu importe la façon dont on y arrive, même s'il faut tasser des gens ou piler sur des pieds pour y arriver.

Et au fait... je ne me suis jamais sentie si bien depuis très, très longtemps.

10 janvier 2008

Ça change rien, mais...

Je doute que des gens passent par ma page Facebook pour venir lire mon blog.

Toutefois, au cas où vous le feriez - et ce même discrètement, sans que je ne le sache - je veux juste aviser la terre entière que je vais retirer immédiatement après ce post le lien que j'y avais fait.

Pas que je n'en vois plus l'utilité, au contraire je trouvais que c'était une belle visibilité pour mon petit espace à moi, mais je crois que, malgré ce que j'ai pu avancer dans le passé, je n'assume pas encore tous les propos tenus à l'égard de mon ancien petit copain qui vient miraculeusement de s'updater à la technologie Facebook et, pour l'avoir vécue dans le passé, la présence sur mon blog de lui et ses amis a été très...dévastatrice, disons.

Alors voilà. Je sais que ça ne change strictement rien, mais j'avais envie de l'écrire ici, parce que ça le concerne, mon blog, ce site que je considère presque comme une entité à part. Je n'ai plus envie qu'il soit intime - je parle de Bruno - avec moi comme on l'était avant. Je n'en vois plus la nécessité, ni l'importance. C'est mon bout de vie privée, que je veux bien partager avec tout le reste du monde s'il le faut, mais pas avec lui.

Plus avec lui.

J'ai du changer de blog, d'adresse, d'univers virtuel la dernière fois. Perdre mes contacts, mes liens, mes lecteurs. Vous n'êtes pas beaucoup mais je vous apprécie énormément, et j'apprécie encore plus ma lecture de vos propres blogs, alors no way, pas question, pas ça une deuxième fois.

Amélie en mots troubles ne sera donc plus accessible sur mon Facebook.

Et voilààà !

Si jamais par contre vous voulez m'adder comme friends, gâtez-vous ! :P Je suis totalement maniaque de Facebook, le meilleur outil aidant la procrastination depuis l'invention de MSN.

Amen.

9 janvier 2008

Polaroïds


Voilà, j'ai commencé mon marathon de lecture avec un petit livre que j'avais envie de lire depuis bien,bien longtemps. Polaroïds, de Sophie LÉTOURNEAU.

Que j'avais même déjà loué une fois mais par manque de temps, de motivation, je n'avais pas ouvert.

Car si je l'avais fait, je n'aurais jamais pu le refermer.

- Éric, ça va pas. Un matin, après avoir dormir et mal dormi, en ouvrant les yeux, j'ai dit : " Éric." J'ai pensé qu'il fallait que je te parle. Pas qu'on s'écrive parce qu'on en vient toujours à se chicaner. Avec des mots sans voix ni visage, on ne se comprend pas. J'ai pensé qu'il fallait qu'on se rencontre et qu'après ça irait mieux.

- Qu'est-ce que tu veux me dire ?

- J'ai rien à te dire en particulier. Je pense que j'ai besoin de t'entendre. Je veux que tu me racontes l'histoire. Je me rends compte que l'histoire que je conte, cette histoire dans laquelle je souffre de toi pendant que tu ris de moi, cette histoire ne me satisfait pas. J'ai l'impression que toute ma tristesse, toute mon amertume est là, dans ce morceau-là que j'ai dans la bouche. Il y a quelque chose de pourri qui reste sur ma langue. Quelque chose que je n'arrive pas à oublier, que je ne peux pas nier et qui a besoin d'être raconté, avalé, d'une autre façon. J'ai besoin que tu me racontes, toi, pour toi, c'était quoi.


Fuck.
T'sé, au pire.
Fuck.

Jai relu tout ça deux, trois, quatre fois. J'ai remplacé les Éric par Bruno et j'ai eu le coeur gros, gros comme une mongolfière. Je faisais la paix et la haine avec lui, avec moi. C'est ça, le problème. Voilà, c'est ça. Écrit noir sur blanc, sur du papier qui sent presque le livre neuf tant personne ne l'a jamais ou presque emprunté à la bibliothèque, elle était là, la foulure, ma fracture, ma mauvaise couture.

C'est drôle, parce que j'ai souri.

J'ai fait tourner rapidement les pages du petit roman, des bouts de vie de cette auteure dont je me sentais plus proche que de mes propres amies. Et je me suis dis que j'aimerais bien écrire des petits récits comme ça, un jour. Mes bouts de vie anondins ou spectaculaire, mes fragments d'existence particulier ou plate à mort.

Peut-être parce que j'ai reconnu mon adolescence fuckée dans la sienne. Et que je me suis dis...que fuck, j'étais pas la seule. Et que fuck, ça pouvait faire un roman.

Alors fuck, je vais le faire,moi aussi.

3 janvier 2008

Histoire de queues

Je trouve que l'année 2008 commence vraiment en queue de poisson, et j'aimerais mieux qu'elle devienne une jolie et touffue queue de minou-minou. Ou une toute tortillée comme le ti-criss de chien fatiguant de Catherine. Ou qu'elle se présente à moi sous la forme virile d'une vraie queue. You know what I mean...

Mais parfois, je dis que c'est ça que je veux, un homme, une queue, dans ma vie, et d'autres fois, je sais pu, je sais pas, je doute. Je veux tellement tellement tellement tellement avoir un amoureux merveilleux que ça ne me tente plus, après.

Je suis folle, ça doit être ça, l'idée.

Ce soir j'ai vu mon ancienne queue au bar, mon ancien amoureux merveilleux. Et je n'ai pas eu mal. Chaque fois que je le vois et que je n'ai pas mal, c'est une victoire personnelle ,une victoire dans mon combat à me détacher de lui ; un ex, c'est plus addictif que la cigarette, dans mon cas.

J'ai brièvement vu le garçon dont je vous parlais hier, aussi. Ça n'ira pas plus loin avec lui, je le sais, je le sens, mais au moins, je me console en me disant que ce que je ressens, dans mes tripes, dans mon coeur, quand on est ensemble, c'est de ça que je veux, dont j'ai besoin, dans mes futures relations. C'est de la même graine que la merveillosité qui me gagne quand je suis avec le Nous.

Bon, mon chat réclame de l'affection, et je vais lui en donner !

25 décembre 2007

Conversation potentiellement problématique

Je suis présentement en train de vivre une mauvaise idée.

Vous savez, le genre de trucs qu'on sait pertinemment que c'est pas bien, que ça va nous entraîner des problèmes et des complications, que ça va créer des larmes et des déchirures, des mauvais souvenirs qui vont ressurgir ?

La tentation, l'envie de, le je suis plus forte maintenant ?

Je vis une mauvaise idée.

Et j'espère qu'elle ne se concrétisera pas. Sinon...

Sinon.

5 décembre 2007

Valérie

J'ai fais un truc plutôt fou !

Je viens d'envoyer un email au Journal de Montréal, pour la rubrique " Héros ".

J'ai une petite cousine handicapée qui ne devait jamais marcher, qui un jour se prit pour Jésus et marcha.

Je ne l'ai pas vu depuis 5 ans, mais son histoire, que j'ai vécu pas à pas (belle métaphore filée!) avec elle me touche toujours encore et autant, chaque fois que j'y pense.

Elle mérite TELLEMENT de figurer dans le JdM, aussi merdique ce quotidien soit-il. (Et maudit soit mon père d'avoir annulé notre abonnement à la Presse, crisse !)

Je n'ai pas même une seule photo d'elle pour agrémenter mon post, mais elle est terriblement jolie et son sourire, probablement plus contagieux que ma mononucléose, vous aurait charmé à coup sur.

(Woot ! Maudit Blogger en anglais, mon post vient de s'envoyer tout seul. On continue. )

Je ne linkerai pas son nom ici, malgré que ce n'est pas l'envie qui manque - on ne sait jamais, peut-être que sa mère google le nom de ma cousine pour voir si on parle d'elle sur internet ! Ma propre mère google toujours nos noms, à mon père et moi et à la famille élargie, au cas où.

C'est pratique parfois. Ça nous permet de savoir que la petite cousine en question à chanter au Téléthon Enfant-Soleil et qu'elle rêve de chaner en duo avec Annie Villeneuve. Ça me permet aussi de fouiller sur le 411 pour trouver ses coordonnées et de les envoyer avec mon email au JdM.

J'ai eu envie, en voyant l'adresse, d'appeler un ex qui demeure dans la même ville qu'elle, et de lui demander le chemin pour me rendre chez elle. Je ne sais pas comment j'y serai accueillie. Mais l'idée germe, et moi, quand j'ai une idée derrière la tête, je ne l'ai pas dans les pieds, hein.

Elle a probablement tellement changée, depuis toutes ces années. Et moi aussi. On se croiserait dans la rue qu'on ne se reconnaîtrait pas. C'est terrible, c'est ma cousine ! Et je l'ai considéré durant des années comme ma propre soeur. Ma petite soeur à MOI. Pas aux autres, la MIENNE.

Alors voilà. Ce soir, au lieu d'écrire mon texte argumentatif en anglais, j'ai écris sur Valérie, je lui ai prêté mes mots et ma plume - peut-être pas les plus beaux, ni la plus aiguisée, parce que trop émotive, ça sort mal, ça sort gras, ça sort embrouillé, mais quand même. L'intention était là.

Je me demande si l'équipe du JdM va me répondre. Si elle ne le fait pas, je peux vous JURER que je me réabonne moi-même, et en payant DE MA POCHE, à la Presse.

Je le jure.

Je vais sortir mon caractère de Faubert, bâtard !

(Glisser mon nom de famille quelque part = tenter que Google le link indirectement = forcer le destin = sait-on jamais ! )

4 décembre 2007

Après une nuit à réfléchir ...

Voilà.

C'est vrai.

C'est fait.

Je suis en paix avec moi-même et avec Bruno.

J'en suis arrivée à cette conclusion ce matin, en discutant avec Évelyne.


Nous étions embrouillés, incompatibles, incapables de faire des compromis...

Franchement, des compromis à 14 ans, on s'en calissait tu ! de dire Évelyne.

Bin oui. C'est pas faute d'avoir essayé, hein.

Mais c'est ça qui est ça.


Et ça fait du bien, d'être consciente de ça.

Et c'est mon prof de philo qui m'a convaincu que c'était vrai.

Parce que ce matin, nowhere, on s'est mis à parler de relations interpersonnelles en classe, et il nous racontait qu'il avait été avec son ancienne copine 8 ans (8 ans ! Man ! ) et qu'au début, quand ils ont rompu, et même après, c'était l'enfer...

" Mais avec du recul, tu réalises que c'était pour le mieux. Et tu regardes où tu en es maintenant, et tu réalises aussi que tu es sorti grandi et changé de cette relation-là. Et que ça ne peut pas faire de tort, de changer. Pour le mieux, pour le mal, on s'en fout, en autant que tu aies appris quelque chose de tout ça, c'est ça, l'important. "

Merci, Chrystian. Philosophe de l'âme et du coeur, aussi.

Amen.

3 décembre 2007

Cours de nostalgie 101

  1. Prenez une bonne intention, soit faire le ménage dans vos 5673 courriels non-lus.
  2. Transformez-la par erreur, en décidant de partir le nettoyage à la dernière page des emails conservés, où se trouvent tous vos vieux courriels du bon vieux temps.
  3. Lisez-les, parce qu'évidemment, vous êtes trop curieux pour vous en empêcher.
  4. Souriez, riez, parlez-en hystériquement aux personnes concernées sur MSN en leur transmettant votre nostalgie à eux aussi.
  5. Mettez Wonderwall en trame sonore, sur repeat, et ouvrez les courriels de votre ex.
  6. Constatez que ce n'est plus douloureux.
  7. Constatez que c'est seulement plaisant à remémorer.
  8. Constatez à quel point vous étiez, tous les deux, RIDICULES.
  9. Soupirez un brin en vous rappelant à quel point vos deux amis communs et respectifs auraient fait un si joli couple!
  10. Sentez-vous un peu coupable de vous adonner à de telles activités au lieu de faire vos travaux de fin de session. Un peu.
  11. Parlez à voix haute à votre ordinateur, dansez un peu autour de votre chaise pour faire descendre votre niveau d'énervement.
  12. Souvenez-vous que vous ne lisez pas un roman pour l'énième fois, mais qu'il s'agit de votre propre histoire et que , malheureusement, vous connaissez la fin, qui n'est pas si heureuse.
  13. Calmez-vous.
  14. Trouvez des vieux courriels de Sab qui établie une stratégie pour les premières games de loup-garou sur Adomonde et RIEZ.
  15. Réfrenez l'envie d'aller en parler avec Bruno sur MSN. Ceci est une mauvaise idée.
  16. Étalez à la place vos états d'âmes et vos réflexions à Claudine.
  17. Finalement, venez sur votre blogue décrire votre soirée et conclure que finalement, vous allez avoir besoin d'une bonne nuit de sommeil pour réfléchir à tout ça.


Voilà ce que j'appelle une belle leçon de nostalgie.


Merci, Amélie.

30 novembre 2007

Sans toi ou personne

" J'ai pas peur de toi, j'ai peur de personne ! "

J'avais huit ans. Mon p'tit voisin en avait dix. Et je l'aimais, comme c'est pas permis d'aimer à cet âge-là. J'avais l'amour indécent.

Il me faisait mal, quand on jouait à être d'autres personnes qui elles, je crois, auraient aimé être enfant. Avec nos guns imaginaires, on défonçait des murs blindés, on éclatait des cervelles, on se prenait en otage. J'avais mal et j'aimais ça. J'avais huit ans et j'avais déjà l'amour sauvage.

Quand on partait sur nos bicycles, on se pensait les rois du quartier. Lui devant, à inspecter les environs. Moi derrière, à rouspéter, le nez levé vers l'horion. J'étais meilleure que lui pour pédaler, mais je le laissais rêver, gouverner, me guider. J'avais huit ans et j'avais compris de la virilité toutes les subtilités.

Je lisais mes premiers romans d'amour, maudit que ça avait l'air compliqué, aimer ! Je me cachais et je dévorais des yeux ce pays imaginaire, cette région douillette et rose que je voulais, moi aussi, de tout mon coeur, visiter.

" T'as pas peur de moi ? " , qu'il m'a demandé.

J'avais pas peur de lui. Je savais qu'il pouvait pas tuer une mouche sans pleurnicheras Il parlait fort, mais il mordait pas. Pas moi, en tout cas. On filait ensemble sur nos bolides et je l'aimais, sans savoir que l'amour des romans savons n'existaient qu'entre leur pages. Je l'aimais et j'ignorais que ça pouvait être bêtement ça, l'amour.