Affichage des articles dont le libellé est Petits bonheurs à la vanille. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Petits bonheurs à la vanille. Afficher tous les articles

29 juin 2010

Y'a des moments...


J'étais assise avec les amies-lumières dans un resto un peu crade, après un party. On mangeait de la poutine et des goudilles au poulet en discutant bruyamment et puis soudain, c'était ça, c'était complètement ça.

J'avais pas besoin de rien de plus.

Oui, ça serait le fun, avoir encore un Minou avec qui dormir le soir, avoir un Minou à téléphoner durant mes pauses à la job, un Minou qui m'enverrait des messages textes quand je serai loin juste pour me dire qu'il pense à moi et oui, des fois, encore, ben oui, j'ai le coeur serré quand je pense à lui, mais ce soir-là, c'était juste ça, c'était parfait : des amies-lumières, de la poutine, des potins et tellement d'amour.

Et ça fait tellement du bien.

Dans deux jours, on va avoir l'appart du bonheur, je travaille comme une crazy bitch alors ce sont mes gentils parents qui vont aller peinturer pour moi, god.

On a un chat, aussi. Coco le chat de son petit nom a été abandonné derrière une succursale de la SAQ avec une canne de bouffe et comme je travaillais ce matin-là...je l'ai adopté, le coquin.

19 mai 2010

Constat de... bonheur version 3.0

Hier soir, j'étais avec tous mes collègues de travail attablés dans un petit bar du coin, on buvait de la sangria, le P'tit Kid était assis à côté de moi et il sentait tellement tellement bon, il remplissait mon verre sans arrêter et là, quelqu'un a dit, on se call de la pizza, man! alors on s'est callé de la pizza à minuit et demi dans un petit bar, de la grosse pizza grasse que j'ai mangé sans me sentir coupable, puis après, je suis allée porter le P'tit Kid chez lui, on jasait, il était sweet, il m'a serré si fort dans ses bras mais il s'est toujours rien passé pis c'est tellement correct comme ça parce que j'ai l'impression qu'on s'apprivoise, et tout d'un coup, ça m'est vraiment apparu comme une illumination, peut-être que c'est juste ça le bonheur finalement, pour le moment. Peut-être que y'a rien d'autre qui pourrait me combler autant que de travailler dans un Bureau en Gros 40 heures semaine avec des gens crissement cool, en sachant qu'en septembre je vais commencer mon bac de rêve, en sachant que dans à peu près un mois l'appart jaune et les folies montréalaises avec la BFF et tous les autres, en sachant que c'est peut-être pas parfait mais que ça frôle en maudit ma perfection.

13 avril 2010

Dans un rond de fumée

Autour de la shisha, hier. On était assis sur des coussins indiens, il faisait un peu chaud, il y avait des drôles de chant qui sortaient d'on ne sait pas trop où, des hauts-parleurs bien cachés. J'avais mis mes jambes contre moi alors qu'il étendait les siennes sous la table. Je me recroquevillais dans le moment, mes babouches assorties à mes vêtements - comme toujours, comme toujours.

Il m'a dit, alors, c'est vrai ou pas que tu as quelqu'un dans ta vie?, et j'ai pensé au Hippie qui est si gentil, au Hippie qui reste éveillé très tard la nuit à boire du thé et à disserter en japonais ou en arabe, et j'ai souri un peu. Je sais pas trop, c'est compliqué. J'ai fait un geste de la main, et il a ri. Tu peux m'en parler, si tu veux. Non, je veux pas vraiment t'en parler. J'ai haussé les épaules. Il a ri encore. Ah, tu sais quoi ? Je sais pas si j'ai vraiment envie d'entendre ça, anyway.

J'ai souri un peu, encore, moi aussi.

On ne parlait pas, on se contentait d'essayer de faire des ronds de fumée avec plus ou moins de succès. On était assis nonchalament près l'un de l'autre, le thé faisait des volutes de fumée lui aussi, il était brûlant, je venais d'en renverser partout sur lui, je savais que tu allais faire un dégât, calisse ! et le soleil filtrait à travers les rideaux perlés.

J'ai eu envie d'être ailleurs, vraiment en Inde, ou juste ailleurs, pas obligé que ça soit aussi exotique, juste un endroit où être avec lui sans que ce soit compliqué. Tu penses à quoi ? qu'il m'a demandé. Je pense « je t'aime, je t'aime, je t'aime » et il a ri, tu ne peux pas m'aimer, tu ne t'aimes pas toi-même, tu ne peux pas m'aimer et j'ai ri, comme si tu t'aimais, comme si tu t'aimais! et on a ri encore plus fort parce que fuck, on le sait tellement qu'on s'aime.

De quoi tu as envie? qu'il a dit, même s'il connaissait la réponse. Je sais pas, Marc. J'ai envie de choses que tu ne peux plus m'offrir. Il a eu l'air perplexe. Comme quoi ? J'ai souri. Comme un baiser, comme une main, comme ta barbe dans mon dos en me réveillant, comme...

Je sais pas si c'était la vapeur de la shisha ou quoi, comme mon pénis bien dur pour commencer une journée du bon pied et j'ai ri, ri, ri, arrête de faire ton matcho insensible, gros bébé, ça marche pas.

On était juste bien, comme ça, pis j'ai pensé que oui, tsé, j'aimerais ça faire l'amour avec Marc encore. Il essaie toujours de me questionner sur ça et j'évase, j'évite, je fais un blocage. Pourquoi tu ne veux pas me parler des autres gars ? Et qu'est-ce que vous voulez que je réponde, tsé? Je veux pas parce que chaque fois je fini par imaginer que c'est toi.

Il a rien dit, il a baissé les yeux, a bu une gorgée de thé. Penses-tu qu'on va être capable de travailler ensemble cet été ?

Honnêtement, non. Il a rien dit. Moi non plus, je crois pas. Je n'ai pas bougé, j'ai écrasé mes jambes contre mon ventre, je crois que j'ai oublié de respirer. Alors, on fait quoi ?

Il a soupiré. Je sais pas. On dit que oui, oui, on va être capable, on fait comme si on se croyait et un jour on va sûrement finir par y croire. On est des comédiens, crisse.

Un temps.

Oui mais moi, avec toi, je ne joue pas.

Un autre temps.

Ah non, tu fais quoi ?

J'ai déposé doucement ma tasse contre la céramique de la table basse et j'ai posé mes jambes endolories sur les siennes. J'ai pensé à cette belle phrase-là, je sais pas trop pourquoi Marguerite Duras m'a poppé dans la tête, je fais même pas de travail sur elle, mais « je n'ai jamais écrit, croyant le faire, je n'ai jamais aimé, croyant aimer, je n'ai jamais vraiment rien fait qu'attendre devant la porte fermée. »

Il s'est levé. La shisha était éteinte et moi aussi, un petit peu.

Amé...tu ouvres des portes partout où tu passes.

J'ai souri encore, encore, encore, encore.

Crisse que je t'aime.

11 avril 2010

Oh, je vous ai pas dit ça!

Mes parents sont ok avec l'appart, finalement.
Ma mère a pleuré toutes les larmes de son corps, puis elle m'a dit ben oui, on va t'aider, tu le sais ben !

:)

Tout est bien qui fini bien.

(Le tout avec la promesse que je vais revenir chaque fin de semaine)

ALORS...

MONTRÉAL, HERE I FUCKIN' COME !

3 avril 2010

Constat de...manque de volonté,crisse

Quand tu fais un régime, tu as toujours plein de belles volontés, d'objectifs à suivre, de buts fixés, tsé, le genre de choses qui marchent rarement.

En fait ça marche au début. Au début, tu refuses les invitations à boire, tu cours chaque matin, tu calcules les calories et les divises pour faire des points et tu manges des légumes et tu coupes les trois P (pain,pâte,patates,et certaines de mes amies me conseillent d'en couper un quatrième, je vous laisse deviner lequel!)

Mais...

L'été arrive.

Osti, man. L'été.

L'été et les terrasses. L'été et les bouteilles de Gallo rosé qui se vendent en bouteille ordinaire, certes, mais aussi en format géant - juste pour faire chier, je suis sûre. L'été et les occasions de multiplier les occasions de boire du vin entre amis. L'été et mon futur balcon, sur lequel on projette déjà de boire du vin et de fumer des joints.

L'été et les resto, les BBQ gras, l'été et les vices - je pourrais jamais couper le quatrième P tout l'été.

Hier c'était l'été. J'ai joggé le matin...jusqu'à la SAQ. Beau compromis, je trouve.

C'était la fête de l'Amie-Lumière par excellence, celle que tout le monde aime, sans compromis. Elle me prévenait depuis le début de mon régime, mais pour ma fête tu bois ! Maigris en crisse avant mais pour ma fête tu bois, parce qu'elle voulait aller dans un bar où, really, si tu bois pas, c'est parce que tu conduis. Autrement...c'est plate en crisse. Même l'Amie-Sage buvait, celle que je n'avais jamais jamais vu boire.

Ensuite, les Boris au litchi parce que c'est beau bon pas cher, 6 boris au litchi frette, esti que ça rentre bien pendant que tu te maquilles dehors en te balançant mais trop vite, crisse, j'ai mal au coeur !

Et ensuite, ensuite je sais pu. Des shooters de stinger, des shooters de vodka-lime, un daiquiri aux framboises c'est tellement le drink d'été pis il était pas buvable le sale, encore des shooters, un drink immonde genre rhum-coco-ananas calisse, et le Petit Kid qui arrive avec son sourire lumineux et ses 18 ans - esti, salut ma belle, es-tu soule ? Mon sourire niais, oui oui, c'est la fête d'Amie-Lumière-Que-Tout-Le-Monde-Aime ! T'étais cute tantôt avec ta casquette de crème molle.

(Parce qu'en plus d'avoir 18 ans, il travaille dans une lèche crème.)

Et là, oui ça a été super payant ce soir, je vous paye des shooters ! et ces shooters-là, je crois qu'ils étaient de trop, parce qu'après, on a dérapé pour vrai, mais c'était cool. Mes amis de la job étaient là, je me suis excusée à un gars, excuse-moi dude, c'est moi qui a dit à Madame-Encore-Plus-Potineuse-Que-Moi que tu avais un gros pénis, je suis la meilleure amie à Amie-Lumière-Dévergondée, j'suis désolée. Et tout le monde rit parce que c'est tellement ridicule comme situation, le dude me serre dans ses bras, va cruiser le Petit Kid à la place, il attend juste ça et finalement, non.

Non parce que je me sentais trop soule, hier, pour que ça soit cool. Non parce que j'avais une robe soleil turquoise et que je l'assumais trop pas, ma robe soleil turquoise, hier. Non parce qu'il me semble que ce gars-là, il est précieux. C'est bizzare comme réflexion mais oui, il a l'air précieux, je sais pas, tellement cute (et mes amies me répètent, calisse c'est tu un caniche ou un chum que tu veux ?! ) et je voudrais pas gâcher ça en frenchant dans un bar quand j'ai bu as fuck comme je finis toujours par faire.

Alors on a dansé ensemble et il me donnait des coups de fesses et je riais, esti que je riais, parce que je l'appelle le petit mais dans le fond il mesure 6p4, et quand je suis partie, quoi quoi ? tu pars déjà ?!, il s'est penché pour me donner deux becs et ça a dégénéré un peu en grosse, grosse caresse, et en sortant dehors j'ai enlevé mes souliers et j'ai couru avec mes amies jusqu'à la voiture, parfaitement heureuse.

Ce matin ?

Message texte de Minou qui me sort de mon sommeil a 9hrs32. Tu étais soule hier, apparemment...J'ai reçu un message, tu le sais que j'aime pas ça les messages comme ça.

Mon inconscient le sait pas encore mais fuck him, vraiment vraiment fuck fuck fuck him.

Je préfère maigrir moins cet été et avoir plus de fun, et l'oublier.

C't'une question de cibler ses priorités, non ?

21 février 2010

J'ai oublié de vous dire

Mes montréalaiseries, ça s'en vient.
On va signer bientôt, je pense.
C'est pas rationnel mais on s'en fout, au pire j'apprendrais de mes erreurs.

Ma cuisine jaune, mon salon pleins de couleurs - mauve et orange !!, la salle de bain trop petite mais turquoise, du gros bonheur partout. Un appart où on va boire du vin, manger du pop-corn, rire, pleurer sans doute, peut-être faire l'amour aussi.

Un appart comme j'en ai rêvé des jours et des nuits avec Minou.

L'exclure de ce projet-là me fait presque aussi mal qu'une autre rupture.
Mais je pense que c'est le pas nécessaire pour mieux...tsé...pour y voir plus clair. Quitter ma maison, partir de chez mes parents, sortir de toutes ces pièces où je le vois partout, sans crier gare, où nous avons été heureux bien plus souvent que tristes. C'est atroce.

Ça va faire du bien.
Et mes meilleurs amis habitent deux étages au-dessous de nous !

Je pense que je suis heureuse.
Reste plus qu'à l'annoncer à mes parents, ouhla.

20 janvier 2010

Lancement de la Revue Littéraire

Je dis ça comme ça, entre deux messages sur mes histoires d'amour pathétiques.

Le lancement de la fameuse Revue littéraire va avoir lieu dans quelques jours, mardi prochain en fait, à l'UQAM, au Café des Arts (pavillon J, au 6ème étage, faut prendre l'ascenseur. )

Je sais que c'est un tout petit lancement de rien du tout, presque pas important - pas du tout en fait pour la majorité du monde, sauf pour moi. Ça représente le monde, ce truc-là. Un petit party où y'aura du vin, pleins de copies de la Revue gratuite, et des micros pour qu'on lise nos textes.

Ben oui. En plus de voir mon premier texte publié, je vais faire ma première lecture publique, pis ça me stresse like hell . J'ai confiance en moi mais je sais pas, je vais être gênée, je pense, devant tous ces gens-là.

Alors si vous êtes dans le coin, si vous avez envie de découvrir Main Blanche et/ou la fille qui se cache derrière le téléroman que vous suivez quotidiennement, ben, c'est un pas pire moment, ce lancement-là ! : )

Je dis ça comme ça. : )

Mardi le 26 janvier 2010, Café des Arts de l'UQAM, Pavillon J, 6ième étage. :)
C'est de 19hrs à 23hrs, mais je sais pas trop à quelle heure vous conviez. Allez-y comme bon vous semble, bref ! :)

2 juin 2009

365 jours

Un an dans quelques jours.

Un an avec l'Amoureux.

Il y a un an j'étais fébrile, je préparais une surprise pour la fête de Minou : un gâteau mousse à la framboise avec des chandelles achetées au dépanneur près de notre travail. Deux jours plus tard, il m'embrassait sous les étoiles et on commençait notre petite histoire banale, deux personnes qui s'aiment bien et qui ont eu envie de s'aimer beaucoup.

Là, j'essaie d'écrire un petit quelque chose pour mettre dans la carte d'anniversaire de Marc. Je sais pas trop quoi encore, quelque chose pour lui dire que je l'aime, que je suis fière de lui, que je crois en lui et en son rêve, en nos rêves. Juste un petit quelque chose pas trop quétaine mais pas trop formel, quelque chose de personnel, qui est en harmonie avec son cadeau - la paire de billets pour le spectacle intime de Daniel Bélanger.

Quelque chose à son image, finalement!

28 mai 2009

Poussières

J'ai ouvert les fenêtres pour que ma chambre puisse respirer, j'ai sorti mes draps vert lime, mon chum sue sur les appareils d'exercices en bas pendant que moi, je frotte les murs bleus et verts pour faire disparaître un an de poussière accumulée.

J'ai complimenté l'Ex Mythique sur sa nouvelle photo Facebook parce qu'il a vraiment de la classe, j'ai joué aux vampires avec Marc en se levant (le premier qui réussi à mordre l'autre dans le cou), on a mangé du pain aux raisins en lisant notre horoscope, hier soir on était supposé sortir et finalement on s'est couchés, épuisés, lessivés, heureux.

Oui, vraiment, je suis heureuse. : )

8 mai 2009

Doux dodo

Chaaat a laissé un chandail sur mon lit avec un petit mot d'amour, ce matin, avant de partir vers son chez-lui avec ma maman, qui travaille dans cette ville-là.
1
Et la culpabilité s'est multipliée par 100.
1
Je ne chialerai plus de Minou,jamais jamais - ou si peu.
1
Et pis, là je vais faire dodo avec son odeur tout près de moi, en attendant demain.

3 mai 2009

Amélie à Québec !

On s'est décidé, finalement, pour nos vacances. Pas de Punta Cana (merci la grippe porcine, vraiment ! ) parce qu'on a pas d'argent mais comme je viens de le mentionner, parce que mes parents trouvent ça beaucoup trop risqué et qu'ils menacent de m'enfermer à double-tour dans ma chambre le jour du départ.
1
On pensait d'abord séjourner deux nuits dans une auberge adjacente à un établissement de spa nordique et de bains scandinaves (whatever,vous comprenez le principe!) mais finalement, ça coûtait pratiquement aussi cher qu'un voyage dans le sud, on a tergiversé longtemps, alors ce sera une escapade à Québec, oh oui ! :) C'est assez loin de ma banlieue de Montréal pour que ça soit une escapade, assez près de chez nous pour ne pas s'absenter trop longtemps du travail (une seule journée de congé nous sera nécessaire!) et assez exotique (on a visité tous les deux Québec une seule fois dans nos vies, quand on était kid) pour qu'on en soit satisfait.
1
Je ne veux pas louer une chambre dans un hôtel commercial, je déteste les hôtels style day-inn, je trouve ça impersonnel et bof, ça ne me tente pas. Je me souviens vaguement de ma visite éclair à Québec au début de l'année avec le groupe de théâtre qu'il y avait, dans le coin du Vieux-Québec, de multiples gîtes-auberges-petits hôtels sympathiques où il ferait sans doute bon de poser nos pénates pour deux petites nuits, je suis déjà à la recherche de l'endroit parfait sur Internet !
1
En plus, je ne sais même pas ce qu'on doit visiter, à Québec ! Ni s'il y a des festivals quelconque cet été - sans doute, il me semble que Québec est en pleine effervescence, non ? Je lis ça tous les matins dans la Presse, Québec a mis K.O Montréal ! Mais de toute façon, comme nous avons les lundi et mardi de congé à la Pointe, nous serons là-bas en début de semaine, alors...peu de chances de croiser Kiss ou Pierre Lapointe au détour de leur concert !
1
Je suis toute énervée, je l'avoue. Je pensais devoir faire une croix sur nos vacances d'été et voilà que l'Amoureux propose ça ! Des suggestions, tout le monde ?

1 mai 2009

Petits plaisirs simples de la vie (1)

Imprimer sa lettre de démission d'un emploi que tu détestes, ça en fait clairement partie.

Dimanche le 10 mai, je vais accrocher mon tablier de commis de la charcuterie avec un immense sourire au visage ! Cet emploi m'a permis de gazer ma voiture et de me payer des bonnes bouteilles de vin pendant la vache maigre de l'hiver, mais j'y renonce de bon coeur !
Quelle belle journée - malgré les nuages ! Quelle exquise journée !

Confiture

Je suis en train de bûcher sur ce travail de fin de session et soudainement, une belle assiette de toats beurre-de-pinotte-confiture-de-framboise atterit devant moi, avec un verre de jus de canneberge quelques secondes après.

C'est l'Amoureux, qui vient de se réveiller, qui m'a fait à déjeuner. Il est là, devant moi, avec son grand sourire, fier de lui, et il attends que je le récompense.
Ce matin, il m'a dit qu'il aimerait pouvoir se réveiller à mes côtés à tous les jours de sa vie.

Et après, il se demande pourquoi je souhaite que l'on déménage ensemble à l'automne !

30 avril 2009

Notre remède

On fait l'amour comme des enfants et on se gave de je t'aime.

Je pense qu'on devrait éviter la dérive !

Sous un tout autre ordre d'idées, j'ai eu le poste que je convoitais tant : guide-animatrice la semaine, comédienne la fin de semaine. Environ 500$ dans mes poches chaque semaine. Et l'Amoureux a eu pleins de postes : chef-guide, responsable de l'animation théâtrale et des groupes scolaires, responsable des activités récréatives, etc.,etc. ! Il est super motivé, moi aussi. Je commence le 16 mai à temps plein, alors...je donne ma démission au Métro cette semaine ! Hahahahahaha ! Fini, la charcuterie ! Fini aussi les tranches de proscuitto, mais on s'en fout, ce sera meilleur pour mon régime c'est tout !
8
Avec le retour d'impôt qui ne saurait tarder, et le 4% du Métro, je vais sans douter pouvoir payer A) mes plaques en mai et B) ma Mastercard qui s'accumule depuis des mois. Après avoir règlé ça, je vais économiser le plus possible, pour être capable de ne pas travailler durant les deux sessions universitaires! Mwhéhéhé ! : )
8
Il reste à peine deux semaines de Cégep, quelques travaux,un examen hors session, et voilà ! Fini les deux ans d'Arts et Lettres, déjà ! Ça ne vous intéresse probablement pas, mais je fais des listes de travaux et d'échéanciers que je vais mettre ici, histoire de me rappeler, la prochaine fois que je procrastine, que je ne devrais PAS le faire !
8
Projet final de DÉC - théâtre
  • Écrire un petit monologue pour le soldat
  • Discuter avec tout le monde de la possibilité d'enregistrer le poème d'Isidore Isou
  • Apprendre le texte sur l'Allemagne, apprendre le texte médiéval, apprendre le texte post-dramatique
  • Semaine du 10 au 15 : répétitions, générales (2x), présentation le 13 et 14 mai
  • Objectif ? Avoir 80% minimum au final.

Institutions culturelles

  • Présentation d'une institution : remettre le travail écrit que je suis en train de faire pour aujourd'hui, avant 16 heures.
  • Examen final dans deux semaines, prochain cours : révision de toute la matière depuis le début.
  • Objectif ? Passer le cours avec une moyenne de plus ou moins 75%

Critique théâtrale

  • Envoyer par courriel la critique sur Woyzeck à Jean-Marc vendredi après-midi
  • Lire Mère courage, Hamlet Machine et le traité de Stanislavski avant mardi prochain, 3 mini-quizz sur les lectures.
  • Faire " l'épreuve de fin de DÉC - parcours théâtral " à remettre pour le 18 mai
  • Aller voir Il n'y a plus rien de la troupe-principale ce soir
  • Préparer l'examen de fin de session
  • Demander à Jean-Marc quand il aura lieu parce que le 19 mai je travaille
  • Objectif ? Terminer le cours avec 80% (même si présentement j'ai 90%, parce que j'ai manqué plusieurs cours et il me manque beaucoup de théorie pour l'examen final, où je prévois avoir beaucoup de difficulté.)

Centre d'aide en Français (CAF)

  • Finir de préparer l'exercice de Nicolas pour vendredi
  • Finir de préparer les exercices pour Caroline (mardi)
  • Se trouver une journée où nous allons pouvoir faire un blitz de rencontres Caroline et moi
  • Essayer de gérer le fait que j'ai un rendez-vous chez la coiffeuse à 1hr mardi prochain et que mon blond ne peut plus attendre (je sais,les priorités aux bons endroits...hum.)
  • Me prendre une longue période d'études au CAF pour mettre à jour mes journaux de bord, corriger les fautes qui s'y sont glissés, organiser les dossiers de mes deux élèves, dans le but de maximiser ma note.
  • Objectif ? Avoir la note de passage ! Je n'en demande pas plus !

Randonnée hebdomadaire

  • Réussir l'examen cardio même si j'ai aucune idée de comment je fais pour réussir ça tellement c'est un cours flou et imprécis !
  • Travail synthèse à remettre le plus tôt possible ou jusqu'au 22 mai par courriel (même si j'ai aucune idée de comment je vais faire ça tellement c'est un cours flou et imprécis !)
  • Objectif ? Avoir en haut de la moyenne de groupe ( J'ai 34/40 et la moyenne est de 34.8/40 ! DAMN ! )

Le tout en l'espace de 3 semaines, en plus de la Pointe qui recommence ! Bah. Un petit coup à donner, après c'est l'été ! :)

27 avril 2009

Amélie et le soleil :)

Il fait beaucoup trop beau pour rester enfermé à l'intérieur et pourtant, la fin de session, elle, se fiche bien du temps qu'il fait.

Je vais profiter de mon terrible cours de 3 hrs à écouter des exposés oraux pour finir en vitesse, le Redbull aidant, une partie de mes travaux du jour, pour espérer profiter un peu - un tout petit peu - du soleil à 4hrs, en sortant du Cégep.

Me semble que j'aurais été me promener avec Mica le chien au beau petit parc du cimetière, me semble que j'aurais enfourché mon vélo pour aller jusqu'au pont où il y a des maringouins, me semble que j'aurai été marché dans les sentiers de la Pointe avec un panier à pic-nic et une bouteille de vin blanc, me semble que...
f
Mais Minou est malade, stressé, angoissé, en rattrapage de session intensif, on ne se verra pas d'ici mardi et j'ai bien peur que mon enthousiasme pour l'été hâtif se soit quelque peu estompé. On verra bien. Parce que j'ai surtout envie de promener Mica le chien et malheureusement, je n'en suis pas la propriétaire, alors...
f
Quand il commence à faire chaud je deviens un peu dissipée, mon attention déjà déficiente en classe relève du surnaturel. Je suis faite pour l'université, pour terminer l'école en avril, pour me laisser bercer par l'odeur de l'été et la liberté des matins clairs. D'ici là, un ménage de printemps s'impose dans ma voiture, dans ma chambre et dans mon garde-robe.
f
Mais Dieu que j'aimerais aller promener Mica...!

30 mars 2009

Messagerie vocale (2)

Je suis en sueurs. On a répété comme des fous de 16hrs à 21hrs avec un petit 45 min de souper, avec le grand manitou, l'Homme suprême, Dieu incarné, bref, un de nos profs que j'admire beaucoup.
Après une longue gorgée d'eau, je prends mon cellulaire. Tabarnack, 21hrs38, y'est temps d'aller me coucher. J'ouvre le cellulaire. Pleins pleins d'appels de Minou, et pleins pleins de messages. Shit. Y'est arrivé quelque chose, c'est sûr, ça peut pas être autrement.


Allo mon bébé-chat, je sais pas là, tu vas rire de moi un peu, mais je pensais à toi, pis j'ai eu envie de te chanter une chanson, mais tu es sûrement encore en répétition, alors je vais te la chanter sur ta boîte vocale, ok ? Ça va comme suit...Time, its needs time, to win back your love again, I will be there, I will be there. Love, only love, can bring back your love someday, I will be there, I will be there...IF WE'D GO AGAIN, ALL THE WAY FROM THE START, I WOULD TRY TO CHANGE, THE THINGS THAT KILLED OUR LOVE, YES I'VE HURT YOUR PRIDE AND I KNOW, WHAT YOU'VE BEEN THROUGHT, YOU SHOULD GIVE ME A CHANCE, IT CAN'T BE THE END, I'M STILL LOVING YOUUUUUUU OUUUUUUU OUUUU !

Bin oui, c'est la toune finale des Invincibles. Still loving you, des Scorpions. J'ai tellement pleuré, pleuré, pleuré, devant les gens de théâtre, en radotant, oh mon Minou, mon petit Minou à moi!

La toune est ici. Je pense qu'on s'est trouvé une autre chanson à nous. :)
(S'cusez, j'ai pas encore compris comment faire pour afficher un vidéo de Youtube sur mon blog.)

11 mars 2009

L'appartement

C'est mon chum qui, attablé devant une immense pizza bambino de chez Mama Bravo, m'en a reparlé hier. J'ai failli m'étouffer avec ma salade tellement j'étais surprise.

Moi qui avait remisé ce projet-là, mon beau projet de cuisine jaune et de petits soupers préparés avec amour en rentrant de l'université, mon projet de me réveiller chaque jour aux côtés de l'homme que j'aime, de prendre le métro avec lui, de lui souffler des bisous avant de se séparer pour nos cours, de revenir ensemble le soir en se racontant notre journée...

Enfin, je divague.

Voilà que l'Homme remet ça sur le plancher : "J'ai vraiment réfléchi et ça a pas de sens, que tu voyages chaque matin pour te rendre à l'université. Tu vas être complètement brûlée, et mes parents voudront pas que tu viennes dormir chez moi toute la semaine, ça a pas de sens. Et moi, je suis plus capable de voyager comme ça, train-autobus-métro, chaque matin, je fais ça depuis mon Cégep [ 4 années de Cégep + 2 d'université, ça fait donc 6 ans que mon chum se tappe cette routine-là chaque matin] , y'est temps de penser à autre chose."
0
Je ne voyais pas trop où il voulait en venir, puisqu'il m'avait répété maintes fois qu'il ne prévoyait pas déménager avec la fin de son BAC et pas avant. Mais là, les données changent. Mon chum réalise que devenir comédien, c'est beaucoup de travail et un avenir sécuritaire nullement assuré. Il commence à avoir peur, je crois. Et, après avoir travaillé si fort pour entrer dans une école professionnelle, il réalise que...c'est pas comme il le croyait, après tout.
0
Alors il envisage un autre bac, après celui-là. Alors le projet de quitter le nid familial après le bac n'est plus réaliste, considérant que ça se peut très bien qu'il finisse l'université à ... 29 ans, s'il se dirigie en enseignement.
0
On a discuté beaucoup, je calcule depuis tantôt des budgets virtuels hypothétiques et, j'en suis venue à la conclusion que si nous nous serrons comme il faut la ceinture cet été, si nous avons la job super payante, si nous arrêtons de dépenser tout le temps, si je me trouve une autre job à la fin de l'été, si mes parents consentent vraiment à me donner quelque chose comme 200$ par mois, si notre appartement nous coûte environ 500-575 chauffé/éclairé par mois comme j'en ai vu dans le journal, si, si, si, si...
0
On devrait pouvoir y arriver.
0
Ouf.
0
J'ai même alloué des montants d'argent supplémentaires pour nos sorties, nos soupers au resto, blablabla, qui sont probablement pas super fidèles à la réalité. Mais avec ça, on arriverait même à un 150$ et des poussières de surplus budgétaires par mois.
0
Ahhhh...nous connaissant, on va finir par se décider en août et ne plus trouver d'appartements potables du tout.
0
Au moins...
0
Au moins, ça me donne solidement le goût de sourire, ça, aujourd'hui ! :)

11 février 2009

Mois des câlins

Ma mère vient de m'envoyer un câlin virtuel pour financer l'Hôpital Ste-Justine.

Bonjour belle Amélie,Nous te souhaitons une St-Valentin en or avec ton amoureux .Pour tes choix à l'Université , nous sommes très fier de toi .et n'oublie pas de nous réserver les deux premières places chaque année pourles pièces de théâtre que tu va faire avec tes étudiants.Vas-y ma belle croque dans la vie, l'important c'est d'être heureux dans ce que l'on fait .Nous t'aimons plus que tout .Maman et papa xxx
J'ai une grosse boule d'émotion et de fierté dans la gorge.

Si y'a une chose pour laquelle je suis la plus chanceuse de toutes, ce sont mes parents qui, inconditionnellement, ont accepté tous les choix, raisonnables ou pas, que j'ai fais dans ma vie. Et, même s'ils ne sont pas d'accord et qu'ils trouvent ça moins sécuritaire qu'un BEPEP, ils me donnent quand même leur appui et leur amour.
Awwwwwwwww...

10 décembre 2008

Papillon mauve

L'Amoureux est venu en surprise, ce soir.
Il ne pouvait pas, absolument pas.
C'est ce qu'il me répétait depuis des semaines.
Présentation finale de scène, blabla.

Il est arrivé avec un gros sac pesant et un sourire fatigué, la tête pleine de neige fraîchement tombée.

Il s'est assis et comme c'était la seule occasion d'être tous ensemble, mes parents et lui et moi, ils m'ont offert mes cadeaux de fête en avance de quelques heures.

Mes parents m'ont payé mes pneus d'hiver, m'ont acheté un Bluetooth pour mon auto, m'ont acheté un ballon suisse pour faire de l'exercice et ils m'ont acheté la paire de bottes que je voulais. Yess ! : )

Mais le clou de la soirée, c'est l'Amoureux. Il était un peu gêné mais visiblement vraiment fier de son coup. J'ouvre ma carte, il m'avait écrit un poème - un alexandrin parfait. J'étais déjà charmée sans avoir ouvert le cadeau.

Je le sors, c'est vraiment lourd, et l'Amoureux surveille chacun de mes gestes, l'air de croire que je vais tout faire gaffer comme à mon habitude - le nombre de verres que j'ai brisé dans ma vie...

Je sors délicatement l'objet de sa boîte...C'est une boule d'eau.

Vous savez, les boules qui tiennent sur des socles ? J'ai trouvé une seule photo sur Google, mais vraiment laide. Enfin, ça ressemble à ça : http://www.dulys.com/boule%20d

Mais la mienne à moi, elle contient trois papillons mauves (awww,ma couleur préférée!), incrustés de petites pierres brillantes vertes et bleues sur leurs ailes. Enchevêtrés ensemble par un fil or, il y a, à leur base, des petites fleurs bleues pâles et jaunes. Pleins de brillants scintillent partout dans l'eau de la boule, et le socle extérieur est décoré avec le même type de fleurs et des espèces de faux feuillages en porcelaine.

Il me dit, tourne-la.

On peut tourner une manivelle ; il y a une petite mélodie (awwww comme Edward dans Twilight qui offre une mélodie à Bella !) et les papillons tournent dans l'eau en balayant tous les brillants.

Dans sa carte, le poème évoque toutes les significations symboliques d'un papillon : l'espoir, la transformation, la femme, l'idéal de beauté (awww qu'il a fait rimer avec " cet insecte déjà te ressemble d'emblée !), la métamorphose, la quête, le bonheur conjugal...

Je crois pas qu'il existe sur Terre un cadeau de fête susceptible de me plaire plus que celui que l'Amoureux m'a offert ce soir.

Je n'ai jamais été aussi heureuse. Mon bonheur-o-mètre menaçait d'exploser quand on s'est allongé dans mon lit, pas pour faire l'amour ou quoi que ce soit, non, juste pour se serrer dans nos bras et s'aimer fort, fort,fort.

Je suis vraiment la fille la plus chanceuse du monde.

12 novembre 2008

Jeux d'enfants

C'est par tant de fois que je fus ici, et même en y pensant très bien, je n'ai pas souvenirs d'y avoir été heureuse. Le sable qui crisse sous mes bottes, les grands sapins devant nous qui ne meurent pas, eux non plus. Je sens encore l'odeur de la sève sur leur tronc robuste et le couinement imaginaire des fourmis à leurs pieds quand nous détruisions leurs nids. L'école primaire de mes premiers instants, là où on me prédisait un avenir brillant d'astronaute, de médecin, d'un métier altruiste et gratifiant. Je serai une grande personne qui serait quelqu'un, m'affirmait-on, sans que je ne comprenne trop pourquoi certaines grandes personnes n'arrivaient à n'être que quelconque.

Petit sourire amer à ce vieux souvenir; maintenant je fais de l'art égoistement, pour me sauver moi-même, de moi-même, me sauver sans doute des récréations passées ici à déjà savoir que dans ma différence, j'étais une exception. J'imagine que je rêvais dès lors du jour où je remettrais les pieds ici avec lui, prouvant à la gamine que j'étais qu'elle avait raison.

J'ai eu une petite pensée à l'adresse d'une ancienne camarade, partageant ma différence corporelle : elle étudiait maintenant en chimie, avait toujours garder son aigreur et était désormais lesbienne. Petit frisson. Une autre pensée pour la meilleure amie de l'époque, qui avait peur de tout et de rien, et qui marche présentement à mes côtés, en théâtre et en folie. Qui l'aurait cru...

On a fait rouler des cocottes de pin qui s'étaient perdues par hasard jusqu'au milieu du terrain asphalté. J'ai eu l'impression, dans ce froid, emmitouflée avec sa présence réconfortante, que c'était un moment important, sans pouvoir dire exactement pourquoi. Le genre de moment où je regarde partout, un peu naïvement, en étant consciente d'être en train de vivre ce qui allait devenir un nouveau souvenir. Un nouveau souvenir doux.

Quand il a grimpé dans le module de jeux malgré sa jambe blessée, j'ai su tout de suite qu'il voudrait que j'en fasse de même, et je me suis revue tant de fois au pied de ce module coloré, regardant les autres enfants grimper, se balancer, même se blesser. J'aurai tellement aimé tomber du bas de ce module ! Mais mon petit corps déjà trop gos et malhabile n'a jamais osé s'y aventurer, de peur d'y rester coincé.

Allez viens, viens, mon bébé, qu'il me dit, sans savoir que je suis pétrifiée devant ce vestige de mon passé. Je me revois, en leggings, les cheveux courts - heureusement que mes parents ne m'ont pas choisi un prénom trop masculin - et les grands chandails pour oublier mon petit ventre trop gros. J'ai revu mes souliers à velcro et mon casque de vélo mauve. Allez, petit bébé, c'est facile, qu'il me répétait, alors qu'il était déjà au sommet. Je suis le roi du monde, tandis qu'il lâchait ses mains et se laissait aller contre le fer du module. J'ai eu peur, puis j'ai traîné mes bottes jusqu'à l'escalier et j'ai traversé le pont de corde prudemment. J'ai toujours été trop prudente, trop vieille, trop fânée, même à la petite enfance. Je n'ai jamais été piqué par un taon ou une abeille ou une guêpe, je n'ai jamais brisé mon bras ou ma jambe ou les deux, jamais vomi et presque pas saigné du nez. Pas de risques, pas de pont en cordes, pas de vélo sans casque, surtout pas de rollerblade, ni de camp de jour. Surtout pas.

Après avoir posé mes deux pieds sur la structure métallique et surtout, solide, il était là, il m'attendait, souriant, dans la noirceur, avec sa tuque qui lui donne l'air d'avoir l'âge de mes souvenirs, les bras grands ouverts. Quand je m'y suis glissée, pour la première fois en ces lieux, je m'y suis sentie aimée.

On est resté comme ça longtemps, immobile, en silence. J'observais le ciel étoilé à travers mes lunettes buées, et je l'ai senti frissonné contre moi. Il fait froid, hein ? Oh,tu sais ... Il a pris mon visage entre ses doigts gantés. Non, je sais pas. Dis-moi-le. J'ai rougis un peu. Quand je suis avec toi, je n'ai jamais froid.

Doucement, il m'a entraîné vers le bout du module, là où se trouve le mat que je n'ai jamais osé monter, ni descendre, le mat dont je ne me suis jamais approchée. C'est le temps de vaincre ses peurs, bébé. Allez!

En joignant le geste à la parole, il descendit agilement du module, et me tendit la main. Je vais te guider, te dire où mettre tes pieds, tu vas tellement être fière de toi après.

J'ai levé la tête vers le ciel et j'ai dis merci, à qui, je sais pas, mais merci, de m'être rendue ici, là, présentement, avec l'homme le plus formidable et imparfait de la terre, qui complète tellement la femme d'exception et de défauts que je suis. À deux on a nos qualités qu'individuellement, on ne peut trouver soi-même.

J'ai posé ma grosse botte maladroite sur la spirale de fer verte et j'ai respiré, longtemps. J'ai pensé à Mickey Mouse, aux Babysitters, et même à Harry Potter. J'ai pensé aux garçons qui me jettaient du sable dans les cheveux du haut de ce module sur lequel j'avais rageusement grimpé sans jamais me résoudre à toucher au mat, et j'ai eu envie de pleurer, un peu. J'ai dix-neuf ans, et j'ai encore mal à la fillette que j'étais.

Mes doigts glacés s'accrochaient au métal comme si ma vie en dépendait. Mes pieds, petit peu par petit peu, se sont laissés guider par la voix douce et chaude de mon amoureux, et en moins de deux minutes, j'étais sur la terre ferme, à sautiller avec chéri, à pleurer franchement, à caresser Amélie la gamine et à lui donner un sac de deux piasses de bonbons mental.

Il m'a pris par la main, tu vois que c'étais pas si pire, je t'ai dis qu'ensemble on vaincrait toutes tes peurs, et quand nous sommes ressortis de la cour de récréation en passant près des structures de ballon-poires, il me semblait qu'enfin...enfin...

J'avais fais la paix avec mon passé.