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2 juillet 2010

Je lui donnais 2 semaines

Son ex-blonde-future-blonde-fiancée-en-Europe est partie hier.
Minou m'a rappelé aujourd'hui.

J'ai regardé mon cellulaire sonné, j'ai soupiré et j'ai continué à friser mes cheveux.

Une page se tourne, faut croire.

29 juin 2010

Y'a des moments...


J'étais assise avec les amies-lumières dans un resto un peu crade, après un party. On mangeait de la poutine et des goudilles au poulet en discutant bruyamment et puis soudain, c'était ça, c'était complètement ça.

J'avais pas besoin de rien de plus.

Oui, ça serait le fun, avoir encore un Minou avec qui dormir le soir, avoir un Minou à téléphoner durant mes pauses à la job, un Minou qui m'enverrait des messages textes quand je serai loin juste pour me dire qu'il pense à moi et oui, des fois, encore, ben oui, j'ai le coeur serré quand je pense à lui, mais ce soir-là, c'était juste ça, c'était parfait : des amies-lumières, de la poutine, des potins et tellement d'amour.

Et ça fait tellement du bien.

Dans deux jours, on va avoir l'appart du bonheur, je travaille comme une crazy bitch alors ce sont mes gentils parents qui vont aller peinturer pour moi, god.

On a un chat, aussi. Coco le chat de son petit nom a été abandonné derrière une succursale de la SAQ avec une canne de bouffe et comme je travaillais ce matin-là...je l'ai adopté, le coquin.

22 juin 2010

Les hommes

Le Hippie s'est fait une copine, il est in a relationship but it's complicated sur Facebook. Il l'appelle Milady et ça me fait un peu sourire, j'imagine leur mariage médiéval.

Le Ptit Kid revoit son ex, apparement. Je les ai croisé à la lèche crème avec les amies-lumières. Tout le monde appréhendait ma réaction...qui n'est jamais venue. Tant mieux pour eux, tsé. C'est un peu de ma faute, j'avais juste à faire un move.

Mister O m'écrit sur mon wall Facebook que je suis belle et ça m'énerve.

Minou...ben...c'est Minou. Toujours égal à lui-même. Il me donne des nouvelles à des intervalles irrégulières , et j'en sollicite de moins en moins. Aux dernières nouvelles - rapportées par une ancienne collègue du parc historique, il partirait rejoindre sa salope en Europe deux semaines cet été, et il aurait comme projet de la fiancer. Je sais pas encore si je dois en rire ou en pleurer.

3 mai 2010

L'appendice de Minou

En fait, il en plus d'appendice, Minou.
Depuis aujourd'hui.

C'est immanquable : chaque fois que je suis acceptée dans un truc en art dram, Minou entre d'urgence à l'hôpital. La première fois, il s'est fait frapper par un char en traversant la rue. Là, son appendice éclate.

J'ai passé la soirée avec des amies à ruminer ma colère, il ne m'a même pas appelé pour me dire qu'il était fier de moi, fuck esti, il le sait tellement en plus que c'était important, c'est ça qui me fait chier, vous comprenez! Il sait que c'est IMPORTANT. Moi je lui ferai jamais ça, jamais jamias! et la soirée à envoyer des fuckin' messages textes haineux, sérieux Minou si tu avais voulu délibérément me faire chier et me blesser, ben tu aurais pas pu choisir une meilleure façon, fuck !

Vers 11hrs, j'arrive à la maison, la tête pleine de conseil des amies, et le coeur un peu en berne, le cellulaire muet et mon envie de tuer Minou intacte. Je me couche, le téléphone sonne chez moi. Pas sur mon cell, non non, à la maison. Ma mère entre dans ma chambre, Minou au téléphone. Il a l'air bizzare.

Et pour cause. Il venait juste de se réveiller, il sortait de la salle de réveil. Je suis à l'hôpital, j'ai fait une crise d'appendice, je suis correct là, j'avais juste le goût de te parler. (J'entends déjà Meilleur Ami Hétéro faire une crise de coeur en lisant ça.)(Et sacrer aussi.)

Une demie-heure plus tard j'étais dans sa chambre.

Là je suis fatiguée, fuck, tellement fatiguée. Il faisait tellement pitié à voir, coucher au milieu du trop grand lit, emmêlé dans des maudits draps d'hôpital bleus. Je déteste les hôpitaux. Viscéralement. Probablement moins que Minou qui a passé son enfance à se faire trimballer entre deux traitements de chimio, mais je n'ai jamais, jamais, jamais été heureuse dans un hôpital, et encore moins au 7ième étage de l'hôpital de notre ville, là où mon grand-père est mort, où mon père était quand il a eu le cancer, où ma mère a eu son empoisonnement sanguin...

Ça sent, tsé, une odeur de mort.

Anyway. Il était là et on a parlé, je l'ai fait boire, je l'ai aidé - gloups - à faire pipi, malgré son orgueil, avec des mots pas ben ben rassurants - Minou ton pénis je l'ai déjà vu arrête de faire ton prude, bonjour Monsieur Pénis, long time no see ! - et on riait parce que c'était absurde, en fait, totalement ridicule. Il a fini par me chasser le temps de pisser, et on a joué un peu à « je suis sur mon lit de mort alors je me confesse » .

Minou - Des fois là...
Amélie - Oui...
Minou - Des fois j'ai l'impression qu'on est comme le couple dans Le grand Départ.
Amélie, même si je comprends que trop bien - Comment ça ?
Minou - Ben, la femme tsé, elle accepte pas le départ de son mari, pis lui ben, finalement, il part mais il se rend compte que l'exotisme de la femme plus jeune, c'pas tant hot, parce qu'à la fin y'a des jumeaux pis il a pas l'air heureux. Dans le fond là, est-ce qu'on va finir par être heureux un jour ?
Amélie - J'sais pas, Minou. Des fois j'me dis que tu sais pas trop quel rôle je joue, la femme qui peut pas te laisser partir ou l'exotisme.
Minou - Des fois j'aimerais ça être la fille qui se suicide pis c'est ça, me...
Amélie - Eille! Je vais dire à l'infirmière de débrancher ta morphine toi, mon torrieux!
Minou - T'es gentille d'être venue me voir.
Amélie - Comme si j'allais te laisser tout seul quand tu viens juste de te réveiller d'une opération comme ça, tsé.
Minou - Mais non mais, tsé,...
Amélie - Ouais, je sais.
Minou, soupirant - Crisse que ça serait plus simple si on était capable d'être juste des amis.
Amélie, soupirant - Je serai jamais ton amie, Minou, ok. Et si tu me considères comme une amie je serai peut-être mieux de partir maintenant, parce qu'une amie, ça passe pas la nuit au chevet de son ex quand elle travaille à 8hrs le lendemain.
Minou - Ah....merci,merci,merci d'être là.
Amélie - Je vais vraiment arrêter d'être gentille un jour, je te jure.
Minou - Je vais t'appeler demain...ma mère a appelé Emilie...
Amélie - Salope.
Minou - Ça serait malaisant que tu te pointes ici et qu'elle soit là, fek...je vais t'appeler avant.
Amélie - Salope, salope, salope.
Minou - J'ai même pas la force de te dire d'arrêter.
Amélie - Tant mieux. Salopesalopesalopesalopesalope.
Minou - T'es conne, bébé.
Amélie - Toi tu gâches tout.
Minou - Ouin. Toi aussi, dans le fond.
Amélie - Ah..Minou, moi je veux juste être heureuse, tsé. Avec toi.
Minou - Mais moi aussi j'aimerais ça mais, mais, à la fin, j'étais pu heureux. C'est pour ça que les gens se séparent, Amélie. Parce qu'ils sont plus heureux.
Amélie - Pis là, tu l'es vraiment plus ?
Minou - Ben non.

J'ai pris mes trucs, premièrement parce qu'il commençait à tomber de fatigue et parce que fuck, moi aussi. J'ai flatté un peu ses cheveux, ses mains, ses paumes, ses tempes, ses cuisses. Il souriait, il était beau même pleins de bandages, le visage enflé par la morphine et la fatigue.

Tu sais quoi Minou ? Ça va te forcer à prendre du repos, ce mois-là de convalescence.Et ça va te permettre d'être tout seul, de penser juste à toi, à tes petis caprices, du prendre du temps. Bonne nouvelle, non ?

Il a souri, il m'a fait bye bye de la main.

En prenant l'ascenseur, une vieille infirmière s'est jointe à moi.

Nurse - Oh, tu es Amélie, n'est-ce pas ?
Amélie, étonnée - Oui, oui. Je suis désolée, j'avais pas le droit d'être là, hein?
Nurse - Non, tu avais pas le droit, mais quand ce sont nos nouveaux patients, on laisse passer bien souvent.
Amélie - Ohh. Ben, merci. Ça m'a fait du bien de le voir.
Nurse - Ça a du lui faire du bien aussi, il marmonne votre nom depuis son réveil.
Amélie sarcastique - Oh, attention, il marmonnait peut-être Emilie aussi...
Nurse - Non, non. Amé, Amé, Amé, c'est toi ça non, Amé ?
Amélie, émue - Oui oui, c'est moi.
Nurse - Ça fait 40 ans que j'accompagne des patients qui se réveillent après des opérations. Crois-moi, il disait Amélie. Pourquoi il aurait du dire Emilie ?
Amélie - Oh ben, des fois, il est mêlé...

En démarrant la voiture, il jouait Stairway to heaven de Led Zeppelin, j'ai compte cinq araignées-du-soir-espoir et là, je vais dormir, manne.
Le téléphone a sonné très tard dans la nuit, je dormais pas encore, je papotais sur MSN, je regardais le film d'Hannah Montana, bref, j'étais insomniaque.

C'était Minou. Mon oncle vient d'avoir un ACV, ils viennent de nous appeler. Ma mère capote, tsé, il est à Vancouver, fuck, elle peut pas rien faire. J'avais besoin de te le dire...

J'aurai voulu le prendre doucement dans mes bras et le bercer, pleurer avec mon ancienne belle-mère doucement, ils ont tous si peur de la mort depuis le cancer de Minou, la mort et tout ce que ça implique.

Au lieu de ça, j'ai parlé à Marc de la dame à Tout le monde en parle, je suis sûre que si vous l'avez écouté vous savez qui j'évoque, cette dame en phase terminale, tellement courageuse, qui regardait avec une lucidité incroyable sa mort à venir et qui avait le goût, non, fuck, le besoin de vivre encore plus fort.

« La vie ne se compte pas en respirations, mais en moments qui coupent le souffle. »

Et vlan!

Finalement, on a eu des bonnes nouvelles. Il aura pas de séquelles, juste beaucoup, beaucoup d'effroi.

2 mai 2010

Je suis arrivée dans le Tim Horton comme une princesse.
Je sortais du théâtre, j'étais en robe, bien coiffée, bien maquillée.
Il était tout petit dans son manteau d'hiver même s'il faisait chaud, trop chaud pour un manteau d'hiver, mais je me suis pas aperçu qu'il faisait chaud, j'ai froid tout le temps.

On a commandé, un thé miel & citron pour moi, un grand café avec quelques beignes pour lui. J'ai souri.

Le toaster faisait crissement du bruit et c'était agressant mais comme Minou et moi on a un monde à part quand on est ensemble, ben, on s'en rendait pas vraiment compte.

On a parlé longtemps de tout et de rien. Il avait un stage de clown en fin de semaine, on badinait, je lui racontais la pièce que je venais de voir, lui celle qu'il avait vu hier, sans entrer dans le vif du sujet. Puis, tout d'un coup, fuck man, pourquoi t'es gentille avec moi ? Pourquoi t'es encore là ? J'agis toujours comme le pire des salauds pis toi tu restes là ?

Esti que je le sais pas pourquoi je reste là, comme si l'amour c'était pu un argument valable tout d'un coup. J'me suis sentie tellement...fatiguée. Et ça a du paraître, parce qu'il a mis sa tête entre ses mains et qu'il marmonnait des insultes à son égard. Je sais pas pourquoi je reste là, Minou. Je peux pas m'en empêcher. Tout le monde me dit que tu changeras jamais, que si tu m'as laissé une fois t'aurais pas de scrupule à le faire encore, et encore, et encore, pis fuck, moi, je comprends rien, je reste là, je peux pas m'empêcher de vouloir te rendre heureux parce que si t'es heureux, je suis heureuse, et là je le vois que t'es pas heureux, ça me brise le coeur, je suis crissement mal faite, hein ? J'aimerais mieux pouvoir m'en calisser, honnêtement.

Il secouait toujours la tête,toujours toujours la tête, tsé quand Emilie va partir en juillet, on va enfin avoir la paix, on va pouvoir être ensemble, on va...

J'ai levé la main. Stop. Il m'a regardé avec un drôle d'air. Si tu comptes être avec moi du 1er juillet au 23 août, jusqu'à ce qu'elle revienne, si tu comptes être avec moi pour ensuite retourner la voir aussitôt qu'elle va revenir, sous prétexte qu'elle est plus mince, ben oublie ça immédiatement. Je le supporterai pas, Minou, tu comprends ? Des fois j'ai peur de me briser complètement et je sais qu'avec ça, ça serait...tsé, le summum, là, fuck. Plus que ce que je peux endurer.

Il a haussé les épaules. Je sais pas ce qui va arriver à son retour, je peux rien promettre.

J'ai pris mon sac. C'est vraiment dommage, parce que c'est justement de ça dont j'ai besoin. Des promesses. Des véritables promesses. De la confiance, genre. De l'assurance.

Il a voulu me retenir, Mais toi, t'es parfaite, c'est ça ? Toi tu doutes jamais ?

J'ai souri. Je doute pas de moi. Je doute pas que je t'aime.

Il s'est refrogné. Dis pas ça, Amé...crisse.

Il comprend rien. Tu comprends rien.

Et je suis partie.

Oui, vraiment, ne pas le voir de l'été, c'est une excellente décision.

28 avril 2010

Seigneur dieu de Jésus Christ

« J'ai pris ma décision, j'ai laissé Emilie. On vas-tu au cinéma ce soir, bébé ? »

Et moi, je suis complètement figée.

J'attends ça depuis des mois, et, pour vrai...

Je pense que ça me tente pu.

25 avril 2010

Un nouveau message

De Minou.

J'aime ta nouvelle photo de profil, sur Facebook.

Ça me donne le goût de la changer, crisse.

...C'est vrai qu'elle est belle, vous trouvez pas ? ;)

22 avril 2010

Jugez-moi

Un jour, genre bientôt, je vais finir par lui dire ça.

Minou, on arrête-tu de jouer, là? Viens t'en, on va aller à la SAQ, on va écouter Just Friends chez nous, ça va être cool, on va réserver une petite maison à Old Orchard ou ailleurs pour l'été, juste pour partir un peu d'ici, on va manger des homards, en septembre tu vas dormir dans mon appart à Hochelaga après les cours pis tu sais quoi ? On va juste être bien.

Pis s'il dit non, ben...

Fuck off.

Je sais plus quoi faire d'autres, sinon.
Je suis à courts de moyens, pis pour la première fois, à courts de mots.

Cette nuit j'ai rêvé que j'avais le cancer.
Dans mon livre des rêves, ça veut dire qu'on est rongé par une peine qui nous bouffe toute notre énergie.

J'aimerais ça rêver à des affaires qui veulent dire que notre vie amoureuse va aller pour le mieux.

Ouin.

20 avril 2010

Dans mon coffret des Impatients...

Je viens de me lever, j'ai dormi 13hrs, il fait si beau dehors malgré les gros nuages.
Je suis encore en fin de session, plus que trois travaux et c'est la liberté.
Je sais pas où je serai en automne, et ça commence à m'énerver. J'attends le facteur avec impatience et je sacre chaque fois que y'a juste des comptes ou des flyers pour une pizzaria.

J'ai commencé à faire mentalement des boîtes, à trier dans ma tête ce que je veux amener à l'appart kitsh d'Hochelaga, et j'essaie qu'elles ne contiennent les photos de Minou que dans la version mentale, qu'une fois rendue à décider pour-de-vrai, ça soit ok, tsé, que je les amène pas.

J'ai acheté un coffret des Impatients dans la librairie de trouvailles merveilleuses juste à côté de l'UQAM, Milles mots d'amour et ça fait du bien se lever le matin, toute seule avec le chat, et piger une lettre d'amour à lire encore et encore, moi je cherche mes mots ces temps-ci, c'est peut-être parce que je ne sais plus exactement qui aimer, ou pourquoi j'aime, je reste là, transie, avec mon amour sous le bras et l'envie de le jeter ou de l'étreindre, je sais pas trop. Minou me manque, les autres ne le comblent pas et il me semble que c'est juste moi qui pourra faire en sorte que ça sera ok, tsé.

En attendant,

Je t'aime. En maudit. Je ne te le dis peut-être pas assez souvent. C'est pour ça que je te l'écris, pour que tu aies toujours mon amour sous les yeux - Alain Labonté, le Monsieur derrière les coffrets des Milles mots d'amour.

Fuck, hein. Fuck. C'est comme milles feuilles remplies de mots comme ça, ça me donne presque le goût de pleurer.

15 avril 2010

Hier encore

J'ai vu mes anciens beaux-parents hier. Ils étaient en voiture, ils ont passé devant moi, j'ai baissé la tête un peu, mais je savais bien qu'ils reconnaîtraient la voiture. J'allais justement chercher Minou, on allait s'assoir un peu au bord de l'eau, tu peux venir chez moi si tu veux, mes parents sont pas là. J'ai flatté le petit chien qui,excité, a grafigné la peinture de ma voiture et mes mollets. Faut croire qu'il me reconnaissait, le petit cabot. J'imagine que lorsque tu lèches la face de quelqu'un pendant un an et demi à chaque matin, ça vient à créer des liens.

On a parlé de cet été, encore et encore, on a retourné tout ça dans tous les sens inimaginables, je vous jure. Faut créer une belle chimie, faut vraiment arrêter de se disputer tout le temps. J'ai grimacé. Arrête de jouer au gars heureux pis ça va bien aller. Il a grimacé à son tour. Mais, des fois, je suis heureux.

Je suffoquais. J'ai crié. Longuement. Longtemps. Des mots durs, il a baissé la tête à son tour, et moi je rougissais de colère. Une semaine ça va pas bien tu reviens pleurer contre mes seins en me suppliant de maigrir, après je sais pas, vous devez baiser mais après c'est le bonheur, alors je compte sur mes doigts le nombre de jours avant que tu ne reviennes me voir en larmes et en me suppliant. Sérieux Minou, je suis pu capable, sois tu sors de ma vie complètement, sois tu arrêtes de faire comme si vous viviez une histoire idyllique toi pis ta crisse de folle prétentieuse.

Il a rien dit. Je l'ai fixé. Je pense que je l'ai blessé. Ça vaut bien pour toutes les fois où il m'a fait sentir comme ça. Moi je joue jamais avec toi, je sais pas pourquoi tu te sens obligé de mettre ce masque-là quand on est ensemble.

Il a haussé les épaules. Je le porte à longueur de journée, à longueur de semaine, ce masque-là, comme tu dis.

J'ai démarré la voiture. Ça semble pas peser trop lourd puisque tu t'entêtes à rester là...

Son cellulaire a sonné, sa maman, tu es avec Amélie ?! Invite-la à souper, c'est ma fête ce soir, oh, je t'en prie !

Il m'a regardé de biais, j'ai secoué la tête. J'ai articulé sans parler travail de session et il a dit que non,non, une autre fois maman, ok ?

Quand je l'ai déposé chez lui, j'ai fait des grands signes de main à sa mère par la fenêtre et je me suis dit qu'une grosse partie de mon coeur était resté dans cette cuisine-là, avec sa mère fragile et tous nos éclats de rire.

Crisse que je m'ennuie.

Et le soir, je faisais des travaux dans un Tim Horton, il faisait frette, le monsieur à côté de moi puait, il était 23 heures et j'ai texté à Minou, sacrament, veux-tu ben me dire où est-ce que j'ai gaffé pour me ramasser ici, à ce moment-là de ma vie ? Je comprends pas. Il m'a répondu déroule ton rebord, on sait jamais.

J'ai ri, et j'ai gagné un beigne.

Je cherche encore l'interprétation de ce signe.

14 avril 2010

Justement.

Juste comme Elaine, alias Coach de vie, me dit durant ton entrevue, mise sur ce qui est vrai : tu es plus stable qu'avant par rapport à lui, ben le téléphone sonne.



Minou, évidemment.



M - Comment tu te sens, pour cet après-midi?

A - Calissement stressée. Je pense que je me sens comme si j'allais disputer un match de boxe, genre.

M - Ben là...

A - Eille, tu réalises pas! Faut que je leur fasse voir que je suis saine, équilibrée, que je peux gérer de travailler avec toi cet été, que ça va être sweet à l'os, PIS JE LE CROIS MÊME PAS MOI-MÊME.

M - Sacrament, moi non plus je le crois pas.

A - Rappelle-moi pourquoi on veut travailler encore ensemble.

M - (silence) Je sais pas, on peut juste pas s'en empêcher.

A - Réponse absolument pas recevable dans le cadre d'une entrevue!

M - Je sais ben!

A - Mais je mise sur le fait que tsé, dans le fond, je suis pas une mauvaise employée, j'ai juste laissé...mon problème personnel...parfois...interférer avec...ma qualité de travail.

M - Je veux pas être défaitiste mais c'est précisément la raison pour laquelle elle hésite à te reprendre, Amé.

A - ESTI DE SIBOIRE, C'EST JUSTE HUMAIN, LÀ!

M - Calme-toi !

A - Non mais là, sacrament. T'es supposé m'encourager!

M - Ben, let's go let's go, crisse. Qu'est-ce que tu veux que je te dise?

A - Je sais pas, esti. Faut que je te laisse, làlà, je vais essayer de trouver comment m'habiller.

M - Ok.

A - Je vais t'appeler après.

M - Ben non, viens me voir à la maison...


ET ÇA RECOMMENCE.

Constat de...vêtements

Je sais comment m'habiller pour aller à une entrevue.
Je sais comment m'habiller pour aller à une audition.
Je sais comment m'habiller pour aller à une première date - en montrer juste assez mais pas trop, tsé, pour suggérer.
Je sais comment m'habiller pour aller manifester.
Je sais même comment m'habiller pour me fondre dans la masse de gens stylés lors d'un Lancement de Revue littéraire.

Mais ce matin...

Comment on s'habille pour aller à une entrevue avec ses anciens patrons, pour revendiquer son poste qu'on occupe depuis les deux dernières années, et les convaincre qu'ils peuvent nous engager sans se soucier de gérer nos problèmes sentimentaux avec un autre membre du staff et surtout, les persuader que le professionnalisme ne sera pas remis en question durant l'été ?

Hein ?

Comment les persuader que ça va bien aller alors que moi-même, je doute? Alors que je ne sais même pas si les vraies raisons qui me poussent à retourner travailler là-bas sont les bonnes ? (Lire ici, je crois par moments que je veux retourner à mon ancien emploi juste pour Minou.)

Seigneur.

J'imagine qu'il faut mettre quelque chose qui respire le bonheur, le bien-être, la confiance.

Pire bullshit ever.

J'ai frisé mes cheveux avec une montagne de spray-net et je pratique mon sourire.
Damn.

13 avril 2010

Dans un rond de fumée

Autour de la shisha, hier. On était assis sur des coussins indiens, il faisait un peu chaud, il y avait des drôles de chant qui sortaient d'on ne sait pas trop où, des hauts-parleurs bien cachés. J'avais mis mes jambes contre moi alors qu'il étendait les siennes sous la table. Je me recroquevillais dans le moment, mes babouches assorties à mes vêtements - comme toujours, comme toujours.

Il m'a dit, alors, c'est vrai ou pas que tu as quelqu'un dans ta vie?, et j'ai pensé au Hippie qui est si gentil, au Hippie qui reste éveillé très tard la nuit à boire du thé et à disserter en japonais ou en arabe, et j'ai souri un peu. Je sais pas trop, c'est compliqué. J'ai fait un geste de la main, et il a ri. Tu peux m'en parler, si tu veux. Non, je veux pas vraiment t'en parler. J'ai haussé les épaules. Il a ri encore. Ah, tu sais quoi ? Je sais pas si j'ai vraiment envie d'entendre ça, anyway.

J'ai souri un peu, encore, moi aussi.

On ne parlait pas, on se contentait d'essayer de faire des ronds de fumée avec plus ou moins de succès. On était assis nonchalament près l'un de l'autre, le thé faisait des volutes de fumée lui aussi, il était brûlant, je venais d'en renverser partout sur lui, je savais que tu allais faire un dégât, calisse ! et le soleil filtrait à travers les rideaux perlés.

J'ai eu envie d'être ailleurs, vraiment en Inde, ou juste ailleurs, pas obligé que ça soit aussi exotique, juste un endroit où être avec lui sans que ce soit compliqué. Tu penses à quoi ? qu'il m'a demandé. Je pense « je t'aime, je t'aime, je t'aime » et il a ri, tu ne peux pas m'aimer, tu ne t'aimes pas toi-même, tu ne peux pas m'aimer et j'ai ri, comme si tu t'aimais, comme si tu t'aimais! et on a ri encore plus fort parce que fuck, on le sait tellement qu'on s'aime.

De quoi tu as envie? qu'il a dit, même s'il connaissait la réponse. Je sais pas, Marc. J'ai envie de choses que tu ne peux plus m'offrir. Il a eu l'air perplexe. Comme quoi ? J'ai souri. Comme un baiser, comme une main, comme ta barbe dans mon dos en me réveillant, comme...

Je sais pas si c'était la vapeur de la shisha ou quoi, comme mon pénis bien dur pour commencer une journée du bon pied et j'ai ri, ri, ri, arrête de faire ton matcho insensible, gros bébé, ça marche pas.

On était juste bien, comme ça, pis j'ai pensé que oui, tsé, j'aimerais ça faire l'amour avec Marc encore. Il essaie toujours de me questionner sur ça et j'évase, j'évite, je fais un blocage. Pourquoi tu ne veux pas me parler des autres gars ? Et qu'est-ce que vous voulez que je réponde, tsé? Je veux pas parce que chaque fois je fini par imaginer que c'est toi.

Il a rien dit, il a baissé les yeux, a bu une gorgée de thé. Penses-tu qu'on va être capable de travailler ensemble cet été ?

Honnêtement, non. Il a rien dit. Moi non plus, je crois pas. Je n'ai pas bougé, j'ai écrasé mes jambes contre mon ventre, je crois que j'ai oublié de respirer. Alors, on fait quoi ?

Il a soupiré. Je sais pas. On dit que oui, oui, on va être capable, on fait comme si on se croyait et un jour on va sûrement finir par y croire. On est des comédiens, crisse.

Un temps.

Oui mais moi, avec toi, je ne joue pas.

Un autre temps.

Ah non, tu fais quoi ?

J'ai déposé doucement ma tasse contre la céramique de la table basse et j'ai posé mes jambes endolories sur les siennes. J'ai pensé à cette belle phrase-là, je sais pas trop pourquoi Marguerite Duras m'a poppé dans la tête, je fais même pas de travail sur elle, mais « je n'ai jamais écrit, croyant le faire, je n'ai jamais aimé, croyant aimer, je n'ai jamais vraiment rien fait qu'attendre devant la porte fermée. »

Il s'est levé. La shisha était éteinte et moi aussi, un petit peu.

Amé...tu ouvres des portes partout où tu passes.

J'ai souri encore, encore, encore, encore.

Crisse que je t'aime.

Dans une toilette

Mon cellulaire sonne. Très fort, la sonnerie de Minou.
Je réponds, éblouie.
Allo?
Il chuchote, allo, j'ai vu ton message texte, est-ce que ça va ? Es-tu correcte ?
Je comprends rien.
Oui oui, je t'ai juste dit de m'appeler quand tu aurais le temps, j'ai eu des nouvelles de la job, la directrice est partie imagine-toi don, et blablabla...

Après 5 minutes, je réalise qu'il chuchote encore. Voyons, pourquoi tu chuchotes ?
Léger malaise.
Je suis chez Emilie, je me suis cachée dans la toilette quand j'ai vu ton message texte, avant qu'elle puisse le lire. Je voulais t'appeler sur le champ.
Incompréhension totale et envie de rire.
Ben là, franchement, ça pressait vraiment pas tant que ça.

Léger malaise, encore.
Je sais ben, en tout cas, je peux pas te parler plus que ça, mais...je voulais surtout te dire bonne nuit. Bonne nuit.
Incompréhension totale et envie de rire.
Bonne nuit, Minou.
Légère hésitation.
Je...
Interrogation.
Quoi?
Soupir.
Oh, rien.

Il a raccroché.
J'ai soupiré à mon tour et j'ai continué à faire semblant de faire mes travaux de session.

Je sais pas si ça va avoir de nouveau un sens, cette histoire-là, un jour.
Je le sais tellement pas...

3 avril 2010

Le hippie

J'avais envie d'écrire un gros texte pleins de détails, mais finalement, non.

Le Hippie.

Je l'ai rencontré durant la manifestation, on s'est parlé un gros deux minutes et demi - et je suis généreuse. L'ami du chum de l'amie. Merci Facebook, on s'est retrouvé. Ce soir, il est venu fumer de la shisha et boire du thé avec nous. Meilleur-Ami-Hétéro et sa blonde m'ont dit, quand il est parti, fuck it, marie-le au plus crisse, pour une fois que tu as un bon gars dans ta vie, tu le laisses pas passer !

Il me fait des drôles de sourire, il a une moustache en forme de pic et il a une voix grave qui me fait capoter. C'est une drôle d'histoire, tsé. Un eye-contact, un macaron que je trouvais beau, et une invitation. Je sais pas fumer de la shisha, encore moins verser du thé sans rien échapper, et puis, fuck, c'était cool je crois. Il était là, très zen, assis avec mes amis, à me poser discrètement des questions sur moi parce qu'on se connait pas pen toute, ah tu étudies en littérature ? , et c'était...cool, vraiment cool.

Il étudie le japonais et l'arabe, il joue de la basse, il vient d'un petit village dans le coin de Québec et man, ça ressemble pas mal à tout ce que je sais de lui.À part que j'ai envie de le voir encore et encore et encore, parce qu'il m'intrigue vraiment. Il connait les paroles de What is love par coeur, pis messemble que ça augure bien, non ?

En même temps...ben y'a Minou. Minou qui court dans ma tête sans cesse du jour au matin, et je me demande, ça se peut-tu quand même ? Ça peut-tu cohabiter ensemble ? Est-ce que ça se peut, encore traîner des restes de Minou un peu partout dans moi et avoir envie, mais vraiment vraiment envie de...tsé...je sais pas quel mot utiliser...bâtir ? construire ? m'investir dans quelque chose avec lui?

Je peux pas sortir de moi Minou làlà, maintenant, juste à cause que ce gars mystérieux et définitivement attirant débarque dans ma vie à coups de slogans révolutionnaires, parce que je suis définitivement contre les rebounds.

Mais...ça se peut-tu que ça me tente quand même d'essayer ?

Constat de...manque de volonté,crisse

Quand tu fais un régime, tu as toujours plein de belles volontés, d'objectifs à suivre, de buts fixés, tsé, le genre de choses qui marchent rarement.

En fait ça marche au début. Au début, tu refuses les invitations à boire, tu cours chaque matin, tu calcules les calories et les divises pour faire des points et tu manges des légumes et tu coupes les trois P (pain,pâte,patates,et certaines de mes amies me conseillent d'en couper un quatrième, je vous laisse deviner lequel!)

Mais...

L'été arrive.

Osti, man. L'été.

L'été et les terrasses. L'été et les bouteilles de Gallo rosé qui se vendent en bouteille ordinaire, certes, mais aussi en format géant - juste pour faire chier, je suis sûre. L'été et les occasions de multiplier les occasions de boire du vin entre amis. L'été et mon futur balcon, sur lequel on projette déjà de boire du vin et de fumer des joints.

L'été et les resto, les BBQ gras, l'été et les vices - je pourrais jamais couper le quatrième P tout l'été.

Hier c'était l'été. J'ai joggé le matin...jusqu'à la SAQ. Beau compromis, je trouve.

C'était la fête de l'Amie-Lumière par excellence, celle que tout le monde aime, sans compromis. Elle me prévenait depuis le début de mon régime, mais pour ma fête tu bois ! Maigris en crisse avant mais pour ma fête tu bois, parce qu'elle voulait aller dans un bar où, really, si tu bois pas, c'est parce que tu conduis. Autrement...c'est plate en crisse. Même l'Amie-Sage buvait, celle que je n'avais jamais jamais vu boire.

Ensuite, les Boris au litchi parce que c'est beau bon pas cher, 6 boris au litchi frette, esti que ça rentre bien pendant que tu te maquilles dehors en te balançant mais trop vite, crisse, j'ai mal au coeur !

Et ensuite, ensuite je sais pu. Des shooters de stinger, des shooters de vodka-lime, un daiquiri aux framboises c'est tellement le drink d'été pis il était pas buvable le sale, encore des shooters, un drink immonde genre rhum-coco-ananas calisse, et le Petit Kid qui arrive avec son sourire lumineux et ses 18 ans - esti, salut ma belle, es-tu soule ? Mon sourire niais, oui oui, c'est la fête d'Amie-Lumière-Que-Tout-Le-Monde-Aime ! T'étais cute tantôt avec ta casquette de crème molle.

(Parce qu'en plus d'avoir 18 ans, il travaille dans une lèche crème.)

Et là, oui ça a été super payant ce soir, je vous paye des shooters ! et ces shooters-là, je crois qu'ils étaient de trop, parce qu'après, on a dérapé pour vrai, mais c'était cool. Mes amis de la job étaient là, je me suis excusée à un gars, excuse-moi dude, c'est moi qui a dit à Madame-Encore-Plus-Potineuse-Que-Moi que tu avais un gros pénis, je suis la meilleure amie à Amie-Lumière-Dévergondée, j'suis désolée. Et tout le monde rit parce que c'est tellement ridicule comme situation, le dude me serre dans ses bras, va cruiser le Petit Kid à la place, il attend juste ça et finalement, non.

Non parce que je me sentais trop soule, hier, pour que ça soit cool. Non parce que j'avais une robe soleil turquoise et que je l'assumais trop pas, ma robe soleil turquoise, hier. Non parce qu'il me semble que ce gars-là, il est précieux. C'est bizzare comme réflexion mais oui, il a l'air précieux, je sais pas, tellement cute (et mes amies me répètent, calisse c'est tu un caniche ou un chum que tu veux ?! ) et je voudrais pas gâcher ça en frenchant dans un bar quand j'ai bu as fuck comme je finis toujours par faire.

Alors on a dansé ensemble et il me donnait des coups de fesses et je riais, esti que je riais, parce que je l'appelle le petit mais dans le fond il mesure 6p4, et quand je suis partie, quoi quoi ? tu pars déjà ?!, il s'est penché pour me donner deux becs et ça a dégénéré un peu en grosse, grosse caresse, et en sortant dehors j'ai enlevé mes souliers et j'ai couru avec mes amies jusqu'à la voiture, parfaitement heureuse.

Ce matin ?

Message texte de Minou qui me sort de mon sommeil a 9hrs32. Tu étais soule hier, apparemment...J'ai reçu un message, tu le sais que j'aime pas ça les messages comme ça.

Mon inconscient le sait pas encore mais fuck him, vraiment vraiment fuck fuck fuck him.

Je préfère maigrir moins cet été et avoir plus de fun, et l'oublier.

C't'une question de cibler ses priorités, non ?

1 avril 2010

J'ai vu la «blonde» à Minou

J'étais assise sur une terrasse, rue St-Denis, on revenait de la manifestation monstre et on trouvait qu'on la méritait en crisse, notre pinte de rousse.

J'étais plusse fatiguée que fatiguée, je veux dire, hier je chialais un peu mais c'était cool, la manif. Beaucoup,beaucoup de mondes, le décompte de nos associations étudiantes faisait état de 30 000 personnes. On a marché, crié, brandit poing/pancarte/drapeau/bannière, on a pas arrêté du début jusqu'à la fin. On est partie juste avant que ça se gâche, dans le bureau du ministre Bachand.
Donc. Je savourais une pinte de rousse avec une amie que je n'avais pas vu depuis des années - et j'exagère pas, man. Elle savait pas que j'avais eu un Minou dans ma vie, elle avait aucune idée, alors ça vous donne un aperçu de tout ce qu'on avait à rattrapé, comme temps perdu.
Il faisait chaud, on riait, mon amie me racontait que des fois elle fourraille avec un unijambiste de 37 ans et j'étais parfaitement heureuse. On s'était sauvé de l'anti-émeute qui encerclait tout le monde même les gens qui voulaient pas pen toute lancer des oeufs, pis on était là, parfaitement heureux.
Puis c'est arrivé.
Sa «blonde» a passé près de notre table et elle a continué.
Je sais que c'était elle, fuck, je passe mon temps à l'espionner sur Facebook - ouin je sais, c'pas fort, c'pas grave.
Et puis, là, la révélation : euh, j'ai tellement rien à lui envier !
Voilà.
Maintenant je vais me coucher, un peu plus libérée.

7 mars 2010

Minou et encore des mots

Quand Minou a fini par reprendre un peu sa contenance, sa première réaction a été ouin, je peux pas faire ça, lui mentir comme ça...je vais aller la voir.

Je me suis contentée d'hausser les sourcils, et on a éclaté de rire. On a démarré ma voiture et on est parti vers le théâtre, ma main dans ses cheveux, encore. Sa main à lui contre ma cuisse. On s'est perdu à Montréal parce que tsé, hein. Merci à mon légendaire sens de l'orientation.

Et c'était...juste...si naturel, d'être comme ça, ensemble. De se taquiner doucement, Minou tu sais même pas où on est, avoue-le donc, c'est pas grave si tu as pas le gêne masculin de l'orientation, on peut demander dans une station-service, hihihi !

On a descendu - ou monter, je sais pas - la Ste-Catherine au complet, il est loin le théâtre Denise-Pelletier, il est vraiment loin de la civilisation - hahaha. Comme on était en retard, on a évidemment trouvé un stationnement à deux pas de l'endroit en deux secondes, comme si la vie était de notre côté, pour une fois - et c'est même pas sarcastique !

La pièce était...étrange. Profondément déprimante. On est resté scotché à nos sièges, un peu terrassé, je crois. Une petite mort. Quand on est sorti, on ne parlait pas, la tête pleine de cette froideur, quand Minou a dit... Ouin. Messemble que je m'ouvrirai les veines, viens-tu ?

Cascades de rire, sortie de la torpeur, avec mon ventre qui commençait à crier famine, parce que rappelez-vous, nous avons escamoté le souper au profit d'une séance de thérapie, fausse barbe de Freud incluse. Dans l'auto, Minou remarque que nous sommes à...hum, à peu près deux rues de l'appart de sa «blonde». Je devrais vraiment aller la voir...

Ce à quoi j'ai répondu, tiens, regarde, l'embranchement pour la 20 est ici !

Regards complices, il prend l'autoroute, et me dit C'est pas avec elle que j'avais envie d'être ce soir...est-ce que c'est grave ? Je hausse les épaules, le coeur qui manque un battement, littéralement. Ben...oui, c'est grave. Mais pas pour moi. Une main sur ma cuisse. Merci.

On parle de tout et de rien, main dans les cheveux encore et encore. Son parfum qui prend toute la place dans le petit habitacle de ma voiture. Je suis si proche de lui que je sens l'odeur de sa barbe que j'aimais tellement, et c'est encore tellement naturel.

Sont venues ensuite les petites confidences. Je suis pas mal distant avec elle ces temps-ci, pis elle me mets encore plus de pression quand elle s'aperçoit que je suis distant...Je sais pas, je pense que j'ai besoin de temps.

Je n'en pouvais plus. Je me suis raidie, et c'est sorti tout d'un coup : Minou, es-tu vraiment surpris que ça arrive ? Sérieusement...quand on s'est laissé pour la première fois en juillet, tu avais besoin de temps, on en a jamais pris. En octobre, quand tu t'es décidé à finir ça pour de bon, la première chose que tu as trouvé à faire, c'est de commencer une histoire avec elle ! Tu as JAMAIS pris le temps, Minou ! JAMAIS ! Et tu t'étonnes que ça foire comme ça ?!

Petit regard surpris de mon ex. Faut dire que...bon, c'est pas trop dans mes habitudes de dire des trucs comme ça, vous en conviendrez. Mais un moment donné...crisse, ça suffit !

Ben non...je suis pas vraiment surpris...mais tu le sais...aussitôt que je suis tout seul, je m'ennuie d'elle, alors...

Attends un peu, là. Tu t'ennuies d'elle ou tu es juste pas capable d'être tout seul ? Tu t'ennuies vraiment d'elle ou simplement d'avoir quelqu'un à côté de toi ? Parce que je crois pas que ce soit spécifiquement d'elle que tu t'ennuies...

Rire sarcastique de la part de Minou. Si tu savais de quoi je m'ennuie...

J'ai choisi d'ignorer la dernière réplique. Commence don par être bien avec toi-même, tout seul, à juste vivre avec toi-même, et après tu penseras à t'investir dans une relation, siboire!

Sur les entrefaits, nous arrivions chez lui. J'en profitais donc pour demander des nouvelles de sa famille - qui me manque tellement. Gros gros pincement au coeur quand il me dit que sa maman ne va pas mieux, qu'en fait elle va bien pire.

Il se stationne près de chez lui, puis est-ce que je peux allumer la lumière dans ta voiture?

...Euh oui, pourquoi?

Aveuglement causé par l'ouverture brutale de la lumière au plafond. J'ai juste envie de te regarder deux minutes.

Et pendant deux minutes, on s'est regardé, les yeux dans les yeux, mes yeux pleins d'eau, et je jurerais que les siens aussi. Puis, sans un mot, il a pris son sac et s'est apprêté à sortir de ma voiture quand...(je rougis encore de ma stupidité chronique)

Amélie - Ben là, bébé ! Mon bi !

Eh oui. Je lui ai réclamé un baiser.

...

...

MAIS FUCK. Je veux dire ! J'ai aucune excuse. C'est sorti de nulle part, probablement des fins fonds de moi, de l'Amélie qui, l'espace d'une seconde, a véritablement cru que c'était une ellipse temporelle. Toute la soirée, se parler, se toucher, s'appeler par nos petits noms... J'ai été mystifiée.

La réaction de Minou a été instantanée : il s'est assis de nouveau dans la voiture, a claqué la porte et a dit mais,mais, Amé! Je peux pas te donner un bi ! On est pu ensemble !

Balbutiements totalement ridicules, mais non mais je sais ! Je sais ! Quand je parle de bi, euh, je veux dire, bec ! Un bec ! EUH non, ben pas un bec mais plutôt deux becs, tsé deux becs comme deux amis se donnent quand ils se voient ?

Ton interrogatif inclus.

Il s'est approché doucement et...

Vous savez, la scène finale, dans Amélie Poulain ? Celle où ils s'embrassent un peu partout, à des endroits ciblés, et que c'est juste trop beau pour que ça soit vrai ? Ben, remake dans ma voiture en ce jeudi 11 février 2010.

Sauf pour le vrai de vrai baiser, évidemment.

Après ce petit moment volé, il s'est pris la tête entre les mains, Mais je t'aime pu Amé...

Yeah, right. Fuckin' right.

C'est correct, Minou, c'est correct.

Il a levé la tête, et Ah, je suis tellement mêlé...

On s'est quitté sur un prends-soin de toi, ok ? Promets que tu vas prendre soin de toi. Je pars pas avant d'avoir une promesse.

Je l'ai regardé marcher vers sa maison, et j'ai même pas éclaté en sanglots. Je crois que j'étais juste...over les larmes.

6 mars 2010

Minou en milles et milles mots

Ok, je sais même plus où j'étais rendue.

Mais il se passe trop de choses pour que je garde ça pour moi.

Et comme mes amies refusent d'en entendre parler...


Minou, il va pas bien, ces temps-ci. Après avoir menti à sa blonde, dans ma voiture, il me semble que ça fait une petite éternité de ça, la blonde en question s'est mis à hurler - littéralement. Je ne voulais pas entendre, je vous jure que je ne voulais pas, mais je veux dire...je pouvais pas ne pas entendre.


« C'est ça, tu me fuis maintenant ? C'est quoi ton problème? Je t'ai attendu toute la journée à l'UQAM, je t'ai cherché partout, poireauté comme une crisse de tarte, pendant que toi tu faisais je sais pas quoi ! La communication dans un couple, Minou ! La communication !! Tu as peur de moi ou quoi ? Je sais que tu penses que je suis fru à cause du courriel que tu lui as envoyé (note de la rédaction : ce lui-là, c'est moi) mais tu sais comme moi que c'est pas juste ça !! La communication dans un couple, Minou !!! »


En tous cas...ça se décrit difficilement, mais elle était vraiment hystérique, elle criait, elle sacrait, faudrait que je vous l'imite - si je vous vois un jour, vous me le demanderez, c'est plutôt drôle en fait.


Ce qui l'est moins, c'est quand Minou a lui aussi pété une coche, larmes incluses.


« Làlà Émilie, arrête ! Ça va pas bien ces temps-ci, tu me fais RUSHER ! Arrête ok ? Je...j'ai besoin de temps. (Note de la rédaction : AH BEN TABARNACK. ) J'ai besoin d'être...tout seul. »


Bon. Même la plus pokerface des filles n'auraient pu résister à ouvrir bêtement la bouche, façon je-suis-interloquée-en-crisse. Je suis supposée faire quoi ? Réagir comment ?

Bon. C'était probablement pas la meilleure chose à faire mais j'ai un peu saisi l'occasion de jouer à la fille-cool-et-compréhensive : j'ai détaché la ceinture de Minou, qui pleurait et qui se faisait encore enguirlander par Émilie (le festival des reproches, je vous jure), et il s'est collé tout contre moi, et moi je lui flattais les cheveux et je jouais avec ses lobes d'oreilles et je me disais, ayoye, ayoye, ayoye...

Quand il a fini par raccrocher - ou plutôt, par se faire raccrocher la ligne au nez , on est resté là longtemps, en silence. Puis j'ai dit, Ok,parle-moi. Qu'est-ce qui se passe ?

« Il se passe que ça feel pas. Je trouve ça dur, ces temps-ci. Je m'ennuie de toi...de la simplicité qu'on avait. Je veux dire...j'ai pas une session cool, j'aime pas trop mes cours et je suis découragé, je me demande dans quoi je me suis embarqué en pensant que j'allais être un jour un comédien, je suis tout le temps déprimé et puis tsé...Émilie...elle pense que je serai pas capable, et pis, tsé, mes notes...elle trouve pas ça suffisant, un B- comme moyenne, je sais pas trop, je me sens toujours minable quand elle est là, déjà que je me questionne à la base, c'est comme pas évident. Elle me met beaucoup de pression, elle voudrait que je vienne vivre avec elle, qu'on aille chaque fin de semaine chez ses parents, mais moi j'ai juste...pas envie de la voir.»

Ok. C'est méchant, et je vais l'assumer : j'ai ressenti une pointe de joie quand il m'a avoué qu'il était pas heureux.

Osti que je suis bitch, hein ?

Pour compenser, j'ai passé l'heure suivante à le réconforter, à rire avec lui, à flatter vigoureusement ses cheveux, à me dire qu'on était don ben perdu tous les deux pour se retrouver dans un moment comme ça, dans mon char plein de buée même pas parce qu'on frenche.