1 août 2008

Rayon de lumière

Je reviens de nos trois jours d'amoureux sur la côte Est américaine avec des étoiles pleins les yeux, du soleil dans le ventre et la peau encore soufflée par le vent chaud de la plage. Mon voyage a été formidable, encore plus beau que ce à quoi je m'attendais. Old Orchard est une petite ville sympatique et conviviale, la mer était bonne et les vagues nous taquinaient doucement.


Avec l'Homme, c'est encore mieux qu'avant, si seulement c'est possible. J'appréhendais discrètement de lui découvrir des défauts insurmontables, des vilaines failles, des trous dans l'âme auquel je ne saurai m'accomoder. C'est tout le contraire. On s'est découvert une complicité de chaque instant, une façon de dédramatiser nos conflits et nos désaccords bien à nous, que plusieurs ne comprendraient pas.

Debout devant l'océan, la nuit tombée, bien au chaud dans ses bras malgré l'air frisquet du soir, je lui ai affirmé n'avoir peur de rien tant qu'il était à mes côtés. Plus loin que les je t'aime que je distribue au gré de mes pensées, cette déclaration représente pour moi la plus belle preuve d'amour que je n'ai jamais dis à quelqu'un. J'ai toujours eu peur de moi, ou des autres, ou de la maladie, de la mort, de ce que je ne peux contrôler ou, pire, de ce qui échappe à mon emprise. Mais avec lui, j'oublie ces craintes. J'oublie d'être effrayée par la vie, et je profite.

Quand j'étais à cheval en mini-jupe et en gougoune sur des grosses pierres roses, déterminée à traverser le petit chemin pour me rendre à la berge où nous allions déguster un rouleau d'homards, il m'a tendu la main et m'a jeté au visage un fugace je t'aime si discret que j'ai cru l'halluciner. C'est ça, mon homme. Il ne me dit pas je t'aime dans les moments appropriés, il le fait lorsque je m'y attends le moins, et c'est pour ça qu'ils ont toujours autant de valeurs à mes yeux.

Quoi dire de plus ? Je suis revenue depuis deux semaines, en fait, quand j'écris ce billet. Je n'ai pas eu le temps ni l'envie d'écrire davantage depuis notre retour. J'ai enchaîné activités par dessus animation à la job, et j'ai multiplié les moments à deux par dix. Ce n'est peut-être pas très sain, mais je n'ai jamais eu droit à ma part de bonheur, je la croque maintenant à pleine dent. Et je sais que ceux qui me sont chers comprennent et approuvent mes décisions.

Je ne pense plus à septembre comme à un abattoir et à nous comme deux porcs condamnés, je suis persuadée que nous n'allons pas voir notre histoire se terminer ainsi, si vite. Il m'a promis de me présenter à ses parents à Noël, j'ai compris aussi pourquoi il était si réticent. Ce n'est pas de l'ordre public, sachez seulement que même les plus belles familles ont parfois des sourires plaqués qui n'en sont pas des vrais.

J'ai lu récemmente des mots sur Adomonde de AnnE qui m'ont profondément ému, parce que je comprenais particulièrement bien ce qu'elle avançait. Je vous cite :

Depuis le début, je suis toujours étonnée de la facilité qui émane de cette histoire. Ça doit être un bon signe, j'imagine. À une autre période de ma vie, je me disais qu'aimer, c'était être déchirée de l'intérieur, remettre son amour en question à toutes les heures, qu'un amour vrai était torturant, déroutant... Ben c'est questionnable comme pensée. Je n'ai jamais aimé autant quelqu'un dans ma vie, et pourtant c'est pas torturant du tout comme relation.

Voilà précisément comment je me sens, là, tout de suite, maintenant.

23 juillet 2008

Je lui ai demandé, hier soir, s'il ne me présentait pas à sa famille parce qu'il ne voulait pas de moi dans sa vraie vie.

Il m'a regardé droit dans les yeux,et il m'a dit, simplement, " Ma vraie vie, c'est toi. "

De quoi je me plains ?

22 juillet 2008

Songes éveillés

Je nous vois déjà dans une grande cuisine jaune et ensoleillée, en train de faire ensemble le souper.

Je nous imagine dans notre salon à l'éclairage tamisé, coupes de vin à la main, étendus et conversant légèrement.

Je nous aperçois dans l'intimité de notre chambre, un nouveau lit comme terrain de jeu et cocon confortable, notre endroit à nous, enseveli sous les couvertures, enlacés et endormis.

Je nous dessine une salle de bain pratique, avec des tiroirs et des miroirs, et un bain et une douche où continuer à se mouiller et à s'aimer sous les jets.

Ça ne me prendrait pas plus grand qu'un trois et demi avec lui pour être parfaitement heureuse,tout-le-temps. C'est irréaliste, pour cette année du moins, même si on en a parlé, même si on voudrait bien y croire. Qui sait...

Pas de palmiers hors de ma tête

On part pour Old Orchard dans quelques jours ; 6 jours, 5 dodos, parsemés d'heures et de nuits ensemble, pour ne pas trop s'ennuyer.

On est toujours ensemble, et ça dérange mon entourage. Mes amis se sentent délaissés, et mes parents nous trouvent un peu décourageants. Mais je m'en voudrais tellement de ne pas profiter de tout le temps qui s'offre à nous, je m'en mordrais les doigts si en septembre, j'ai gaspillé des minutes précieuses où l'on aurait pu se voir.

Passer du temps avec lui, c'est toujours agréable. Et même quand on est pas sur la même longueur d'onde, et même quand je pleure, et même quand il pleure, et même quand on se tempête, on fini toujours par se réconcilier. Mon lit est notre no man's land, on s'y bat et s'y embrasse, c'est notre navire, qui chavire un peu mais pas complètement, c'est mes efforts combinés aux siens, c'est ma vie qui a changé, c'est ma vie que j'entrevois autrement.

16 juillet 2008

Déjà mon 300ième message. Ça va vite, hein, la vie ? Ça va vraiment vite.
On part dans deux semaines à la mer, je suis plus heureuse que jamais et j'ai rencontré le chien et le père de l'Amoureux - toujours ça de gagné !

Je ne pense plus à septembre, c'est comme un gros trou noir dans ma tête.

Ça va faire mal, si on tombe.
Ça va faire mal, quand on va tomber.

Je préfère la première phrase.

12 juillet 2008

Le fils de la meilleure amie d'enfance à ma mère est décédé la nuit passée.
Accident de voiture, il roulait trop vite dans une trop grande courbe.
Il avait mon âge.

Ma mère est dévastée même si elle ne fréquente plus son amie depuis longtemps et moi, je suis un peu de glace, figée.
Je ne le connaissais pas personnellement, mais...enfin...
Ça me bouleverse.

Ma mère a fondu en larmes en apprenant la nouvelle, en me répétant que c'était son enfant unique, son seul enfant, son bébé.

J'ai hâte que l'Amoureux arrive, l'atmosphère est à la mort, chez moi.
J'ai envie de lui téléphoner juste pour lui dire que je l'aime et d'être prudent, sur les routes.
Même si je sais qu'il l'est toujours, même si c'est lui qui me sermonne sur ma vitesse.

Je me sens toute cendrée.

Je ne sais rien, sauf que je t'aime.

On a écouté un épisode des Invincibles, hier.
Un épisode super-triste, durant lequel Carlos et son ancienne fiancée, Lyne, se confrontent après que la jeune femme eut découvert que son ex avait eu un enfant avec la psychologue que Lyne a engagé dans son entreprise.

BREF.

L'important, ce n'est pas tant le contexte mais plutôt le dialogue qui s'en est suivi. De mémoire, c'était à peu près ça que Lyne disait à Carlos :

" Je suis tellement mélangée, Carlos. Y'a tellement de choses dans ma tête, j'ai l'impression que c'est confus, que je sais pu rien, que j'ai jamais rien su, la seule chose qui est complètement claire pour moi présentement...c'est que je t'aime. C'est niaiseux, hein? "

Et Carlos de répondre, avec beaucoup de sincérité (je saiiis que c'est une série télévisée, mais quand même! ) : " Non, c'est loin d'être niaiseux. '"

L'Amoureux m'avait prévenu que la scène était triste, mais j'ai carrément éclaté en sanglots. Je me suis revue tant de fois perdue et désespérée, avec la seule certitude d'aimer. C'était atroce. Alors que maintenant j'ai tous les points d'ancrage nécessaires pour m'épanouir et jouir de mon bonheur, alors que maintenant j'aime et je me sais aimée en retour, je me laisse déstabilisée par le refus de mon Amoureux à me présenter à sa famille - pour le moment.

Qu'est-ce qui ne va pas chez moi ?