Parce que j'ai tiré des cartes de tarot virtuel sur Facebook qui disaient de pas y aller - demander à Jess, c'est totalement vrai.
Et j'entends François sacrer parce que tsé, ça devrait tellement pas être la number one des raisons pour pas aller voir Minou en pleine nuit à l'hôpital, je-le-fuckin'-sais.
4 mai 2010
Tranche de vie qui explique pourquoi je passe mes nuits à l'hôpital avec Marc
J'ai sept ans.
Il y a une nouvelle voisine dans le semi-détâché gris où j'habite avec mes parents, juste à côté. Si je cogne dans le mur de ma chambre, elle m'entend chez elle. Elle joue avec ce qui semble être son frère et son cousin et god, ils ont l'air tellement cool. Je rêve, je meurs, je voudrais tellement être leur amie. Je suis assise sur la galerie et j'attends qu'ils viennent me voir. Mon grand-père arrive sur ses entrefaits, pour me proposer d'aller cueillir des fraises avec lui. J'adore viscéralement mon grand-père, et cueillir des fraises avec lui est sans doute mon moment préféré de la semaine. Mais je veux tellement, tellement être amie avec la voisine que je décline l'offre de mon grand-père, qui s'étonne un peu mais qui repart doucement.
Quelques minutes plus tard, pour la première fois de ma vie, je suis happée par le sentiment cruel de la...culpabilité.
J'entre en trombe dans la maison, en pleurant, et je supplie ma mère de venir me porter au champ de fraises, fuck les voisins, je veux être avec grand-papa maintenant, lala, tout de suite. Je me souviendrais toujours de ça. La culpabilité. Je savais pas encore c'était quoi réellement mais d'instinct, j'avais compris.
Ben je ressens ça, en ce moment. Je me demande si je dois aller voir Minou, même s'il m'appelle en pleurant, même s'il est tout seul dans une foutue chambre avec trois autres monsieurs qui toussent et qui pètent, même si je suis fatiguée, fuck, tellement épuisée.
Je sais que je vais regretter amèrement de ne pas être aller.
Alors...
Ben, j'y vais, làlà.
Il y a une nouvelle voisine dans le semi-détâché gris où j'habite avec mes parents, juste à côté. Si je cogne dans le mur de ma chambre, elle m'entend chez elle. Elle joue avec ce qui semble être son frère et son cousin et god, ils ont l'air tellement cool. Je rêve, je meurs, je voudrais tellement être leur amie. Je suis assise sur la galerie et j'attends qu'ils viennent me voir. Mon grand-père arrive sur ses entrefaits, pour me proposer d'aller cueillir des fraises avec lui. J'adore viscéralement mon grand-père, et cueillir des fraises avec lui est sans doute mon moment préféré de la semaine. Mais je veux tellement, tellement être amie avec la voisine que je décline l'offre de mon grand-père, qui s'étonne un peu mais qui repart doucement.
Quelques minutes plus tard, pour la première fois de ma vie, je suis happée par le sentiment cruel de la...culpabilité.
J'entre en trombe dans la maison, en pleurant, et je supplie ma mère de venir me porter au champ de fraises, fuck les voisins, je veux être avec grand-papa maintenant, lala, tout de suite. Je me souviendrais toujours de ça. La culpabilité. Je savais pas encore c'était quoi réellement mais d'instinct, j'avais compris.
Ben je ressens ça, en ce moment. Je me demande si je dois aller voir Minou, même s'il m'appelle en pleurant, même s'il est tout seul dans une foutue chambre avec trois autres monsieurs qui toussent et qui pètent, même si je suis fatiguée, fuck, tellement épuisée.
Je sais que je vais regretter amèrement de ne pas être aller.
Alors...
Ben, j'y vais, làlà.
3 mai 2010
L'appendice de Minou
En fait, il en plus d'appendice, Minou.
Depuis aujourd'hui.
C'est immanquable : chaque fois que je suis acceptée dans un truc en art dram, Minou entre d'urgence à l'hôpital. La première fois, il s'est fait frapper par un char en traversant la rue. Là, son appendice éclate.
J'ai passé la soirée avec des amies à ruminer ma colère, il ne m'a même pas appelé pour me dire qu'il était fier de moi, fuck esti, il le sait tellement en plus que c'était important, c'est ça qui me fait chier, vous comprenez! Il sait que c'est IMPORTANT. Moi je lui ferai jamais ça, jamais jamias! et la soirée à envoyer des fuckin' messages textes haineux, sérieux Minou si tu avais voulu délibérément me faire chier et me blesser, ben tu aurais pas pu choisir une meilleure façon, fuck !
Vers 11hrs, j'arrive à la maison, la tête pleine de conseil des amies, et le coeur un peu en berne, le cellulaire muet et mon envie de tuer Minou intacte. Je me couche, le téléphone sonne chez moi. Pas sur mon cell, non non, à la maison. Ma mère entre dans ma chambre, Minou au téléphone. Il a l'air bizzare.
Et pour cause. Il venait juste de se réveiller, il sortait de la salle de réveil. Je suis à l'hôpital, j'ai fait une crise d'appendice, je suis correct là, j'avais juste le goût de te parler. (J'entends déjà Meilleur Ami Hétéro faire une crise de coeur en lisant ça.)(Et sacrer aussi.)
Une demie-heure plus tard j'étais dans sa chambre.
Là je suis fatiguée, fuck, tellement fatiguée. Il faisait tellement pitié à voir, coucher au milieu du trop grand lit, emmêlé dans des maudits draps d'hôpital bleus. Je déteste les hôpitaux. Viscéralement. Probablement moins que Minou qui a passé son enfance à se faire trimballer entre deux traitements de chimio, mais je n'ai jamais, jamais, jamais été heureuse dans un hôpital, et encore moins au 7ième étage de l'hôpital de notre ville, là où mon grand-père est mort, où mon père était quand il a eu le cancer, où ma mère a eu son empoisonnement sanguin...
Ça sent, tsé, une odeur de mort.
Anyway. Il était là et on a parlé, je l'ai fait boire, je l'ai aidé - gloups - à faire pipi, malgré son orgueil, avec des mots pas ben ben rassurants - Minou ton pénis je l'ai déjà vu arrête de faire ton prude, bonjour Monsieur Pénis, long time no see ! - et on riait parce que c'était absurde, en fait, totalement ridicule. Il a fini par me chasser le temps de pisser, et on a joué un peu à « je suis sur mon lit de mort alors je me confesse » .
Minou - Des fois là...
Amélie - Oui...
Minou - Des fois j'ai l'impression qu'on est comme le couple dans Le grand Départ.
Amélie, même si je comprends que trop bien - Comment ça ?
Minou - Ben, la femme tsé, elle accepte pas le départ de son mari, pis lui ben, finalement, il part mais il se rend compte que l'exotisme de la femme plus jeune, c'pas tant hot, parce qu'à la fin y'a des jumeaux pis il a pas l'air heureux. Dans le fond là, est-ce qu'on va finir par être heureux un jour ?
Amélie - J'sais pas, Minou. Des fois j'me dis que tu sais pas trop quel rôle je joue, la femme qui peut pas te laisser partir ou l'exotisme.
Minou - Des fois j'aimerais ça être la fille qui se suicide pis c'est ça, me...
Amélie - Eille! Je vais dire à l'infirmière de débrancher ta morphine toi, mon torrieux!
Minou - T'es gentille d'être venue me voir.
Amélie - Comme si j'allais te laisser tout seul quand tu viens juste de te réveiller d'une opération comme ça, tsé.
Minou - Mais non mais, tsé,...
Amélie - Ouais, je sais.
Minou, soupirant - Crisse que ça serait plus simple si on était capable d'être juste des amis.
Amélie, soupirant - Je serai jamais ton amie, Minou, ok. Et si tu me considères comme une amie je serai peut-être mieux de partir maintenant, parce qu'une amie, ça passe pas la nuit au chevet de son ex quand elle travaille à 8hrs le lendemain.
Minou - Ah....merci,merci,merci d'être là.
Amélie - Je vais vraiment arrêter d'être gentille un jour, je te jure.
Minou - Je vais t'appeler demain...ma mère a appelé Emilie...
Amélie - Salope.
Minou - Ça serait malaisant que tu te pointes ici et qu'elle soit là, fek...je vais t'appeler avant.
Amélie - Salope, salope, salope.
Minou - J'ai même pas la force de te dire d'arrêter.
Amélie - Tant mieux. Salopesalopesalopesalopesalope.
Minou - T'es conne, bébé.
Amélie - Toi tu gâches tout.
Minou - Ouin. Toi aussi, dans le fond.
Amélie - Ah..Minou, moi je veux juste être heureuse, tsé. Avec toi.
Minou - Mais moi aussi j'aimerais ça mais, mais, à la fin, j'étais pu heureux. C'est pour ça que les gens se séparent, Amélie. Parce qu'ils sont plus heureux.
Amélie - Pis là, tu l'es vraiment plus ?
Minou - Ben non.
J'ai pris mes trucs, premièrement parce qu'il commençait à tomber de fatigue et parce que fuck, moi aussi. J'ai flatté un peu ses cheveux, ses mains, ses paumes, ses tempes, ses cuisses. Il souriait, il était beau même pleins de bandages, le visage enflé par la morphine et la fatigue.
Tu sais quoi Minou ? Ça va te forcer à prendre du repos, ce mois-là de convalescence.Et ça va te permettre d'être tout seul, de penser juste à toi, à tes petis caprices, du prendre du temps. Bonne nouvelle, non ?
Il a souri, il m'a fait bye bye de la main.
En prenant l'ascenseur, une vieille infirmière s'est jointe à moi.
Nurse - Oh, tu es Amélie, n'est-ce pas ?
Amélie, étonnée - Oui, oui. Je suis désolée, j'avais pas le droit d'être là, hein?
Nurse - Non, tu avais pas le droit, mais quand ce sont nos nouveaux patients, on laisse passer bien souvent.
Amélie - Ohh. Ben, merci. Ça m'a fait du bien de le voir.
Nurse - Ça a du lui faire du bien aussi, il marmonne votre nom depuis son réveil.
Amélie sarcastique - Oh, attention, il marmonnait peut-être Emilie aussi...
Nurse - Non, non. Amé, Amé, Amé, c'est toi ça non, Amé ?
Amélie, émue - Oui oui, c'est moi.
Nurse - Ça fait 40 ans que j'accompagne des patients qui se réveillent après des opérations. Crois-moi, il disait Amélie. Pourquoi il aurait du dire Emilie ?
Amélie - Oh ben, des fois, il est mêlé...
En démarrant la voiture, il jouait Stairway to heaven de Led Zeppelin, j'ai compte cinq araignées-du-soir-espoir et là, je vais dormir, manne.
Depuis aujourd'hui.
C'est immanquable : chaque fois que je suis acceptée dans un truc en art dram, Minou entre d'urgence à l'hôpital. La première fois, il s'est fait frapper par un char en traversant la rue. Là, son appendice éclate.
J'ai passé la soirée avec des amies à ruminer ma colère, il ne m'a même pas appelé pour me dire qu'il était fier de moi, fuck esti, il le sait tellement en plus que c'était important, c'est ça qui me fait chier, vous comprenez! Il sait que c'est IMPORTANT. Moi je lui ferai jamais ça, jamais jamias! et la soirée à envoyer des fuckin' messages textes haineux, sérieux Minou si tu avais voulu délibérément me faire chier et me blesser, ben tu aurais pas pu choisir une meilleure façon, fuck !
Vers 11hrs, j'arrive à la maison, la tête pleine de conseil des amies, et le coeur un peu en berne, le cellulaire muet et mon envie de tuer Minou intacte. Je me couche, le téléphone sonne chez moi. Pas sur mon cell, non non, à la maison. Ma mère entre dans ma chambre, Minou au téléphone. Il a l'air bizzare.
Et pour cause. Il venait juste de se réveiller, il sortait de la salle de réveil. Je suis à l'hôpital, j'ai fait une crise d'appendice, je suis correct là, j'avais juste le goût de te parler. (J'entends déjà Meilleur Ami Hétéro faire une crise de coeur en lisant ça.)(Et sacrer aussi.)
Une demie-heure plus tard j'étais dans sa chambre.
Là je suis fatiguée, fuck, tellement fatiguée. Il faisait tellement pitié à voir, coucher au milieu du trop grand lit, emmêlé dans des maudits draps d'hôpital bleus. Je déteste les hôpitaux. Viscéralement. Probablement moins que Minou qui a passé son enfance à se faire trimballer entre deux traitements de chimio, mais je n'ai jamais, jamais, jamais été heureuse dans un hôpital, et encore moins au 7ième étage de l'hôpital de notre ville, là où mon grand-père est mort, où mon père était quand il a eu le cancer, où ma mère a eu son empoisonnement sanguin...
Ça sent, tsé, une odeur de mort.
Anyway. Il était là et on a parlé, je l'ai fait boire, je l'ai aidé - gloups - à faire pipi, malgré son orgueil, avec des mots pas ben ben rassurants - Minou ton pénis je l'ai déjà vu arrête de faire ton prude, bonjour Monsieur Pénis, long time no see ! - et on riait parce que c'était absurde, en fait, totalement ridicule. Il a fini par me chasser le temps de pisser, et on a joué un peu à « je suis sur mon lit de mort alors je me confesse » .
Minou - Des fois là...
Amélie - Oui...
Minou - Des fois j'ai l'impression qu'on est comme le couple dans Le grand Départ.
Amélie, même si je comprends que trop bien - Comment ça ?
Minou - Ben, la femme tsé, elle accepte pas le départ de son mari, pis lui ben, finalement, il part mais il se rend compte que l'exotisme de la femme plus jeune, c'pas tant hot, parce qu'à la fin y'a des jumeaux pis il a pas l'air heureux. Dans le fond là, est-ce qu'on va finir par être heureux un jour ?
Amélie - J'sais pas, Minou. Des fois j'me dis que tu sais pas trop quel rôle je joue, la femme qui peut pas te laisser partir ou l'exotisme.
Minou - Des fois j'aimerais ça être la fille qui se suicide pis c'est ça, me...
Amélie - Eille! Je vais dire à l'infirmière de débrancher ta morphine toi, mon torrieux!
Minou - T'es gentille d'être venue me voir.
Amélie - Comme si j'allais te laisser tout seul quand tu viens juste de te réveiller d'une opération comme ça, tsé.
Minou - Mais non mais, tsé,...
Amélie - Ouais, je sais.
Minou, soupirant - Crisse que ça serait plus simple si on était capable d'être juste des amis.
Amélie, soupirant - Je serai jamais ton amie, Minou, ok. Et si tu me considères comme une amie je serai peut-être mieux de partir maintenant, parce qu'une amie, ça passe pas la nuit au chevet de son ex quand elle travaille à 8hrs le lendemain.
Minou - Ah....merci,merci,merci d'être là.
Amélie - Je vais vraiment arrêter d'être gentille un jour, je te jure.
Minou - Je vais t'appeler demain...ma mère a appelé Emilie...
Amélie - Salope.
Minou - Ça serait malaisant que tu te pointes ici et qu'elle soit là, fek...je vais t'appeler avant.
Amélie - Salope, salope, salope.
Minou - J'ai même pas la force de te dire d'arrêter.
Amélie - Tant mieux. Salopesalopesalopesalopesalope.
Minou - T'es conne, bébé.
Amélie - Toi tu gâches tout.
Minou - Ouin. Toi aussi, dans le fond.
Amélie - Ah..Minou, moi je veux juste être heureuse, tsé. Avec toi.
Minou - Mais moi aussi j'aimerais ça mais, mais, à la fin, j'étais pu heureux. C'est pour ça que les gens se séparent, Amélie. Parce qu'ils sont plus heureux.
Amélie - Pis là, tu l'es vraiment plus ?
Minou - Ben non.
J'ai pris mes trucs, premièrement parce qu'il commençait à tomber de fatigue et parce que fuck, moi aussi. J'ai flatté un peu ses cheveux, ses mains, ses paumes, ses tempes, ses cuisses. Il souriait, il était beau même pleins de bandages, le visage enflé par la morphine et la fatigue.
Tu sais quoi Minou ? Ça va te forcer à prendre du repos, ce mois-là de convalescence.Et ça va te permettre d'être tout seul, de penser juste à toi, à tes petis caprices, du prendre du temps. Bonne nouvelle, non ?
Il a souri, il m'a fait bye bye de la main.
En prenant l'ascenseur, une vieille infirmière s'est jointe à moi.
Nurse - Oh, tu es Amélie, n'est-ce pas ?
Amélie, étonnée - Oui, oui. Je suis désolée, j'avais pas le droit d'être là, hein?
Nurse - Non, tu avais pas le droit, mais quand ce sont nos nouveaux patients, on laisse passer bien souvent.
Amélie - Ohh. Ben, merci. Ça m'a fait du bien de le voir.
Nurse - Ça a du lui faire du bien aussi, il marmonne votre nom depuis son réveil.
Amélie sarcastique - Oh, attention, il marmonnait peut-être Emilie aussi...
Nurse - Non, non. Amé, Amé, Amé, c'est toi ça non, Amé ?
Amélie, émue - Oui oui, c'est moi.
Nurse - Ça fait 40 ans que j'accompagne des patients qui se réveillent après des opérations. Crois-moi, il disait Amélie. Pourquoi il aurait du dire Emilie ?
Amélie - Oh ben, des fois, il est mêlé...
En démarrant la voiture, il jouait Stairway to heaven de Led Zeppelin, j'ai compte cinq araignées-du-soir-espoir et là, je vais dormir, manne.
FUCKIN' SHIT DE BONHEUR DE JOIE !
JE SUIS ACCEPTÉE EN ÉTUDES THÉÂTRALES À L'UQAM.
AMEN.
Libellés :
Art dram' baby,
Arts,
Auditions 2010,
Crazy Amélie,
UQAM
Le téléphone a sonné très tard dans la nuit, je dormais pas encore, je papotais sur MSN, je regardais le film d'Hannah Montana, bref, j'étais insomniaque.
C'était Minou. Mon oncle vient d'avoir un ACV, ils viennent de nous appeler. Ma mère capote, tsé, il est à Vancouver, fuck, elle peut pas rien faire. J'avais besoin de te le dire...
J'aurai voulu le prendre doucement dans mes bras et le bercer, pleurer avec mon ancienne belle-mère doucement, ils ont tous si peur de la mort depuis le cancer de Minou, la mort et tout ce que ça implique.
Au lieu de ça, j'ai parlé à Marc de la dame à Tout le monde en parle, je suis sûre que si vous l'avez écouté vous savez qui j'évoque, cette dame en phase terminale, tellement courageuse, qui regardait avec une lucidité incroyable sa mort à venir et qui avait le goût, non, fuck, le besoin de vivre encore plus fort.
« La vie ne se compte pas en respirations, mais en moments qui coupent le souffle. »
Et vlan!
Finalement, on a eu des bonnes nouvelles. Il aura pas de séquelles, juste beaucoup, beaucoup d'effroi.
C'était Minou. Mon oncle vient d'avoir un ACV, ils viennent de nous appeler. Ma mère capote, tsé, il est à Vancouver, fuck, elle peut pas rien faire. J'avais besoin de te le dire...
J'aurai voulu le prendre doucement dans mes bras et le bercer, pleurer avec mon ancienne belle-mère doucement, ils ont tous si peur de la mort depuis le cancer de Minou, la mort et tout ce que ça implique.
Au lieu de ça, j'ai parlé à Marc de la dame à Tout le monde en parle, je suis sûre que si vous l'avez écouté vous savez qui j'évoque, cette dame en phase terminale, tellement courageuse, qui regardait avec une lucidité incroyable sa mort à venir et qui avait le goût, non, fuck, le besoin de vivre encore plus fort.
« La vie ne se compte pas en respirations, mais en moments qui coupent le souffle. »
Et vlan!
Finalement, on a eu des bonnes nouvelles. Il aura pas de séquelles, juste beaucoup, beaucoup d'effroi.
2 mai 2010
Je suis arrivée dans le Tim Horton comme une princesse.
Je sortais du théâtre, j'étais en robe, bien coiffée, bien maquillée.
Il était tout petit dans son manteau d'hiver même s'il faisait chaud, trop chaud pour un manteau d'hiver, mais je me suis pas aperçu qu'il faisait chaud, j'ai froid tout le temps.
On a commandé, un thé miel & citron pour moi, un grand café avec quelques beignes pour lui. J'ai souri.
Le toaster faisait crissement du bruit et c'était agressant mais comme Minou et moi on a un monde à part quand on est ensemble, ben, on s'en rendait pas vraiment compte.
On a parlé longtemps de tout et de rien. Il avait un stage de clown en fin de semaine, on badinait, je lui racontais la pièce que je venais de voir, lui celle qu'il avait vu hier, sans entrer dans le vif du sujet. Puis, tout d'un coup, fuck man, pourquoi t'es gentille avec moi ? Pourquoi t'es encore là ? J'agis toujours comme le pire des salauds pis toi tu restes là ?
Esti que je le sais pas pourquoi je reste là, comme si l'amour c'était pu un argument valable tout d'un coup. J'me suis sentie tellement...fatiguée. Et ça a du paraître, parce qu'il a mis sa tête entre ses mains et qu'il marmonnait des insultes à son égard. Je sais pas pourquoi je reste là, Minou. Je peux pas m'en empêcher. Tout le monde me dit que tu changeras jamais, que si tu m'as laissé une fois t'aurais pas de scrupule à le faire encore, et encore, et encore, pis fuck, moi, je comprends rien, je reste là, je peux pas m'empêcher de vouloir te rendre heureux parce que si t'es heureux, je suis heureuse, et là je le vois que t'es pas heureux, ça me brise le coeur, je suis crissement mal faite, hein ? J'aimerais mieux pouvoir m'en calisser, honnêtement.
Il secouait toujours la tête,toujours toujours la tête, tsé quand Emilie va partir en juillet, on va enfin avoir la paix, on va pouvoir être ensemble, on va...
J'ai levé la main. Stop. Il m'a regardé avec un drôle d'air. Si tu comptes être avec moi du 1er juillet au 23 août, jusqu'à ce qu'elle revienne, si tu comptes être avec moi pour ensuite retourner la voir aussitôt qu'elle va revenir, sous prétexte qu'elle est plus mince, ben oublie ça immédiatement. Je le supporterai pas, Minou, tu comprends ? Des fois j'ai peur de me briser complètement et je sais qu'avec ça, ça serait...tsé, le summum, là, fuck. Plus que ce que je peux endurer.
Il a haussé les épaules. Je sais pas ce qui va arriver à son retour, je peux rien promettre.
J'ai pris mon sac. C'est vraiment dommage, parce que c'est justement de ça dont j'ai besoin. Des promesses. Des véritables promesses. De la confiance, genre. De l'assurance.
Il a voulu me retenir, Mais toi, t'es parfaite, c'est ça ? Toi tu doutes jamais ?
J'ai souri. Je doute pas de moi. Je doute pas que je t'aime.
Il s'est refrogné. Dis pas ça, Amé...crisse.
Il comprend rien. Tu comprends rien.
Et je suis partie.
Oui, vraiment, ne pas le voir de l'été, c'est une excellente décision.
Je sortais du théâtre, j'étais en robe, bien coiffée, bien maquillée.
Il était tout petit dans son manteau d'hiver même s'il faisait chaud, trop chaud pour un manteau d'hiver, mais je me suis pas aperçu qu'il faisait chaud, j'ai froid tout le temps.
On a commandé, un thé miel & citron pour moi, un grand café avec quelques beignes pour lui. J'ai souri.
Le toaster faisait crissement du bruit et c'était agressant mais comme Minou et moi on a un monde à part quand on est ensemble, ben, on s'en rendait pas vraiment compte.
On a parlé longtemps de tout et de rien. Il avait un stage de clown en fin de semaine, on badinait, je lui racontais la pièce que je venais de voir, lui celle qu'il avait vu hier, sans entrer dans le vif du sujet. Puis, tout d'un coup, fuck man, pourquoi t'es gentille avec moi ? Pourquoi t'es encore là ? J'agis toujours comme le pire des salauds pis toi tu restes là ?
Esti que je le sais pas pourquoi je reste là, comme si l'amour c'était pu un argument valable tout d'un coup. J'me suis sentie tellement...fatiguée. Et ça a du paraître, parce qu'il a mis sa tête entre ses mains et qu'il marmonnait des insultes à son égard. Je sais pas pourquoi je reste là, Minou. Je peux pas m'en empêcher. Tout le monde me dit que tu changeras jamais, que si tu m'as laissé une fois t'aurais pas de scrupule à le faire encore, et encore, et encore, pis fuck, moi, je comprends rien, je reste là, je peux pas m'empêcher de vouloir te rendre heureux parce que si t'es heureux, je suis heureuse, et là je le vois que t'es pas heureux, ça me brise le coeur, je suis crissement mal faite, hein ? J'aimerais mieux pouvoir m'en calisser, honnêtement.
Il secouait toujours la tête,toujours toujours la tête, tsé quand Emilie va partir en juillet, on va enfin avoir la paix, on va pouvoir être ensemble, on va...
J'ai levé la main. Stop. Il m'a regardé avec un drôle d'air. Si tu comptes être avec moi du 1er juillet au 23 août, jusqu'à ce qu'elle revienne, si tu comptes être avec moi pour ensuite retourner la voir aussitôt qu'elle va revenir, sous prétexte qu'elle est plus mince, ben oublie ça immédiatement. Je le supporterai pas, Minou, tu comprends ? Des fois j'ai peur de me briser complètement et je sais qu'avec ça, ça serait...tsé, le summum, là, fuck. Plus que ce que je peux endurer.
Il a haussé les épaules. Je sais pas ce qui va arriver à son retour, je peux rien promettre.
J'ai pris mon sac. C'est vraiment dommage, parce que c'est justement de ça dont j'ai besoin. Des promesses. Des véritables promesses. De la confiance, genre. De l'assurance.
Il a voulu me retenir, Mais toi, t'es parfaite, c'est ça ? Toi tu doutes jamais ?
J'ai souri. Je doute pas de moi. Je doute pas que je t'aime.
Il s'est refrogné. Dis pas ça, Amé...crisse.
Il comprend rien. Tu comprends rien.
Et je suis partie.
Oui, vraiment, ne pas le voir de l'été, c'est une excellente décision.
1 mai 2010
Petits riens du tout
Mon chat a fait un saut vertigineux de mon lit à mon bureau pour se coucher près de mon ordinateur, en ronronnant. Il ferait tout pour être à mes côtés. J'ai vraiment une relation fusionnelle avec elle (c'est Madame mon Chat).
En l'espace d'un mois, deux de mes amies m'ont avoué avoir laissé sur un coup de tête leur chum respectif après avoir lu le texte que j'ai soumis à l'École Nationale de Théâtre pour le programme en Écriture Dramatique, parce que fuck, c'est vraiment ça, l'amour, manne. Minou est fou s'il refuse tout ça, pis moi ben, je me rends compte que c'est plate en crisse, mon couple, que c'pas ça, que je suis pas heureuse comme je devrais l'être.
Pis moi j'ai juste le goût de brailler, ou de boire des shooters de kamizake, pis de dire, yo, l'amour des fois c'est juste de pouvoir rester avec quelqu'un dans la même pièce sans se parler pendant deux heures pis être bien quand même, pis savoir que c'est pas grave. De boire encore, encore, encore, pis une fois très soule, d'avouer, des fois j'aimerais ça moi vivre un amour qui soit pas un amour de téléroman ou de pièce de théâtre, pourquoi toi tu veux scrapper ton p'tit bonheur?
Marc m'a rappelé hier, sans grande surprise. J'aimerais ça qu'on aille boire un café, pour s'expliquer... J'ai dis oui, je trouvais que je lui devais bien ça - sans entrer dans les détails, mais je crois qu'Amie-lumière-qui-lit-mon-blog serait d'accord avec moi.
Finalement, non. Finalement, sa pièce a fini trop tard, il avait une discussion avec la metteure en scène, il est allé boire une bière - et moi, je me suis endormi. Mon cellulaire a vibré ce matin, très tôt - Je m'excuse, j'étais coincé, je pouvais pas dire non...
Non, non, c'est pas grave, je dormais, je te dis. Tu es revenu chez toi à quelle heure?
...Silence.
Sacrament.
Mais, Amé! On s'était laissé vraiment en mauvais terme, elle pis moi. Je lui devais bien ça...
Je veux dire, je crois pas que ça pourrait être plus ridicule, comme situation.
T'es en train de t'excuser d'avoir fourré avec Emilie au lieu de venir me parler quand TU m'appeles pour me demander de briser ma résolution de prendre du temps pour ME parler ? Pis tu me chockes ? Tu vas avec Emilie ?
Crisse, t'es fâchée là, c'est ça ?
Je suis pas fâchée, je suis déçue.
C'est pire.
Je sais.
Ben là...je te dois rien...
Ah, check Minou ! Tes ostis d'excuse valent pas de la marde, I give fuckin' up! L'été, je veux l'été pour vivre autre chose, ok ? Toi tu t'es jamais privé, tu peux pas me reprocher ça...
...Je m'excuse, je m'excuse. J'agis toujours comme un con.
Crissement.
En l'espace d'un mois, deux de mes amies m'ont avoué avoir laissé sur un coup de tête leur chum respectif après avoir lu le texte que j'ai soumis à l'École Nationale de Théâtre pour le programme en Écriture Dramatique, parce que fuck, c'est vraiment ça, l'amour, manne. Minou est fou s'il refuse tout ça, pis moi ben, je me rends compte que c'est plate en crisse, mon couple, que c'pas ça, que je suis pas heureuse comme je devrais l'être.
Pis moi j'ai juste le goût de brailler, ou de boire des shooters de kamizake, pis de dire, yo, l'amour des fois c'est juste de pouvoir rester avec quelqu'un dans la même pièce sans se parler pendant deux heures pis être bien quand même, pis savoir que c'est pas grave. De boire encore, encore, encore, pis une fois très soule, d'avouer, des fois j'aimerais ça moi vivre un amour qui soit pas un amour de téléroman ou de pièce de théâtre, pourquoi toi tu veux scrapper ton p'tit bonheur?
Marc m'a rappelé hier, sans grande surprise. J'aimerais ça qu'on aille boire un café, pour s'expliquer... J'ai dis oui, je trouvais que je lui devais bien ça - sans entrer dans les détails, mais je crois qu'Amie-lumière-qui-lit-mon-blog serait d'accord avec moi.
Finalement, non. Finalement, sa pièce a fini trop tard, il avait une discussion avec la metteure en scène, il est allé boire une bière - et moi, je me suis endormi. Mon cellulaire a vibré ce matin, très tôt - Je m'excuse, j'étais coincé, je pouvais pas dire non...
Non, non, c'est pas grave, je dormais, je te dis. Tu es revenu chez toi à quelle heure?
...Silence.
Sacrament.
Mais, Amé! On s'était laissé vraiment en mauvais terme, elle pis moi. Je lui devais bien ça...
Je veux dire, je crois pas que ça pourrait être plus ridicule, comme situation.
T'es en train de t'excuser d'avoir fourré avec Emilie au lieu de venir me parler quand TU m'appeles pour me demander de briser ma résolution de prendre du temps pour ME parler ? Pis tu me chockes ? Tu vas avec Emilie ?
Crisse, t'es fâchée là, c'est ça ?
Je suis pas fâchée, je suis déçue.
C'est pire.
Je sais.
Ben là...je te dois rien...
Ah, check Minou ! Tes ostis d'excuse valent pas de la marde, I give fuckin' up! L'été, je veux l'été pour vivre autre chose, ok ? Toi tu t'es jamais privé, tu peux pas me reprocher ça...
...Je m'excuse, je m'excuse. J'agis toujours comme un con.
Crissement.
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