30 janvier 2008

Ce matin

Ce matin, vers neuf heures, il pleuvait. Il faisait gris, presque brun, et les arbres s'étaient tus. Je sentais mon cœur glisser vers le sol comme les rigoles d'eau dans la grande fenêtre de la bibliothèque. Mes petits pieds accotés discrètement sur la causeuse devant moi, le Barbier de Séville entre les doigts, j'ai respiré.
*
Rien ne bougeait, l'horloge était arrêtée, j'étais gênée d'exister dans un lieu si silencieux, alors que moi, moi... je suis bruyante. J'entendais mes cheveux pousser et mes ongles aussi, et ça me gênait. Un silence accueillant, une odeur aseptisée, mais qui ne se débarrasse jamais de celle des livres usagés, qu'on a aimés, prêtés et trimballés.
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Damien Rice me priait de ne pas avoir d'enfants accidentellement et je trouvais ça charmant. De la musique, mais surtout, le silence ambiant, encore. Le silence de par les lèvres closes, les yeux rivés sur les pages et les pages et les pages qu'on tournait en un bruissement presque imperceptible.
*
Et moi, au milieu de tout ça, grand sourire et peine béante, j'avais envie de l'aimer, lui — mon homme. J'avais une envie pressante, puissante, et désarmante, de l'aimer. De le sentir en moi, avec moi, partout, sur chaque partie de ma peau recouverte de vêtements ou non, de l'emmener en odeurs et en souvenirs, qu'il me suive quand je vais m'asseoir tristement seule à la bibliothèque et qu'il pleut, comme ça, les larmes que je n'ai pas.
*
C'était un beau temps pour s'aimer; il faisait trop humide pour réellement songer à sortir, c'était trop mouillé partout pour avoir une autre idée que de s'aimer. La tête dans les nuages, le corps paisiblement étendu, j'aurai voulu, dans un élan étrange, qu'on vienne m'aimer. Qu'on s'approche de moi subtilement et qu'on pose ses mains sur mes épaules. J'aurai voulu rompre le silence en sursautant et rire un peu; j'aurai voulu sourire d'être si gentiment dérangé dans ma lecture qu'au fond, je ne lisais pas.
*
Ce matin, j'avais envie d'être solitaire à deux. Je n'avais pas envie de mots d'amour et de promesses éternelles, j'avais envie d'avoir quelqu'un à qui penser et qui penserait à moi. Quelqu'un à qui texter que le ciel s'est couvert d'un gris charbonneux me faisant penser au gris de ses yeux. Quelqu'un pour me répondre que je suis beaucoup trop romantique, mais que merci, c'était gentil. Quelqu'un à qui texter que le silence me parle bien plus que tout le reste du monde, ce matin.
*
Quelqu'un à qui dire de ne pas faire d'enfants accidentellement, pas parce que j'en mourrais, simplement parce que ça serait triste, et que les teintes sombres de la matinée n'évoqueraient plus de jolies phrases dans ma tête. L’entendre dire qu'effectivement, ce serait triste. Et que jamais, jamais il n’allait enfanter une autre femme que moi, tant que je serai partie présente de sa vie, l’unique amour du moment.
*
Quelqu'un avec qui s'asseoir devant les si grandes fenêtres de la bibliothèque, quelqu'un avec qui rire des bottes en fausse fourrure hideuse de la jeune fille qui vient de passer, quelqu'un avec qui être bien, tout simplement.
*
Je n'avais pas envie de baisers enflammés, de sexe interdit entre deux étagères, de cœurs et de roses et de bijoux, j'avais envie d'un ami, avant d'un amoureux.

Drôle de crépuscule

Ce soir, ça ne va pas.
Ça m'arrive, des mauvais moments, comme ça.
De moins en moins souvent, certes, mais ça arrive.

Et quand ça arrive, ça arrive plus fort qu'avant.
Moins prévu, moins facile de s'en relever.
J'ai plus mal et plus longtemps, mais ça arrive moins souvent.

Comme un poing au milieu de la poitrine.
Mon coeur se serre,serre,serre...
J'ai vraiment mal.
Et j'ai pas envie de pleurer.

Parce que ça dépasse ce stade-là. Si ce n'était que ça, des larmes.
Ça sèche vite, ça ne laisse pas de traces visibles.
Là je suis découragée, et fatiguée, et y'a personne pour m'aider. Je rame et je patine et je roule toute seule et je panique, j'angoisse et j'ai envie de bouder dans mon coin.

Je ne peux pas en parler, sait-on jamais, c'est une surprise pour quelqu'un qui m'est très cher, mais je ne peux pas tout faire toute seule. C'est physiquement et humainement impossible. Et je vis de grandes frustrations monétaires, par dessus le marché. Je suis pauvre. Mais du genre, très pauvre. Je ne sais pas comment je vais faire pour contribuer moi-même au cadeau que j'organise, alors ...

Je suis irritable, irritée, et je ressemble étrangement à une poule pas de tête. Je dois me gérer! Me gérer ! Me gérer !

...C'est pas facile.

Le matin, j'ai pas envie de me lever, juste envie de m'asseoir, le chat sur mes genoux, toute nue au milieu de mes miliers de couvertures et le flatter. Attendre que ça passe. Attendre,attendre,attendre...

Ça fini toujours par passer, c'est plus long mais moins fréquent, se répéter que ça va passer, pour ne pas perdre de vue nos objectifs et nos rêves ; ils sont plus courts et moins atteignables, il me semble.

Juste envie de m'étendre par terre, pour attendre. Par terre. Communier par le sol froid et dur ; laisser tomber ma tête une et deux et trois et quatre et cinq et six et sept fois même, la fracasser contre le plancher de bois franc et trouver ça drôle.

Il faudrait peut-être que je m'exprime les petits anges trapis au fond de mon coeur, il faudrait peut-être que je laisse partir et les nuages et les soleils éteins, que j'arrête de m'en faire avec tout et surtout avec rien, il faudrait sans doute que je dorme et que je ne me réveille pas pour quelques jours, je crois...

29 janvier 2008

Ah, et , en passant.

Mika c'était É C O E U R A N T.
Tu ne peux pas ne pas être heureux après un spectacle comme ça !
Amazing.

Un peu trop tard

Le garçon qui m'a fait chavirer le coeur et l'esprit, cet automne, celui-là même avec qui j'ai dansé et qui m'a fait vivre des émotions plutôt rock'n'roll , oui, celui qui était en couple et que l'amoureuse m'a vertement enguirlandé devant tout le monde au Cégep - je le méritais - et que j'évite depuis l'incident...

Il remet son couple en question, ses fiançailles idylliques et sa cohabitation avec sa copine de longue date. Ouais, ils sont en break.

Je ne suis pas heureuse, ni plus ni moins que je l'étais tout à l'heure,avant de le savoir. Je suis plutôt indifférente. En fait, je ressens surtout un sentiment de frustration INTENSE, parce que tant qu'à me faire traiter de briseuse de couple par toute la faune étudiante amie de la copine en question alors que je me suis abstenue de, justement, briser leur couple...

Je l'aurai fait !

J'ai perdu l'amitié de ce garçon et maintenant, ils ne sont même plus ensemble ! Tabouère! C'est ce qu'on appelle s'être contenue pour rien !

Je ne veux plus m'attacher à lui d'aucune façon dans l'avenir, et je ne crois pas qu'il y songe lui non plus, mais...quand même...

C'est trop peu, trop tard, disons.

Avoir su, j'aurai tout pris, trop tôt.

Coudonc !

J'espère juste que je verrais sa bientôt ancienne amoureuse pleurer pathétiquement dans les corridors. Je crois que, malgré mon indifférence présente, ça me ferait bien plaisir, de la voir démunie, la bitch.

28 janvier 2008

JE-VAIS-VOIR-MIKA-CE-SOIR

JE VAIS VOIR MIKA CE SOIR !

27 janvier 2008

Juno

Parce que ça fait du bien.
La musique est si jolie.
L'histoire est toute simple.
Et je veux un amour comme le leur.

Un amour qui fait du bien.
Qui caresse, qui chérit.
Un amour qui joue de la guitare.
Qui mange des tics-tacs.

J'écoute cette chanson-là en boucle depuis tantôt.
Je souris stupidement.
Je veux un amoureux-heureux.
Je suis heureuse.

Juno, c'est bon, c'est beau, et malgré ce qu'en pense Andréane, c'est nominé aux Oscars et je comprends bien pourquoi. Je ne me souviens pas d'avoir vu un film récemment qui m'a rendu si heureuse et légère, depuis Hairspray, cet été.

Et ça, c'est la chanson de la fin. C'est le tout, c'est ce qui scelle le film, c'est des paroles jolies,presque banales, mais qui veulent tout dire. Ça s'appelle Anyone else but you et je comprends parfaitement pourquoi.



Anyone else but you - Mody Peaches

You're a part time lover and a full time friend
The monkey on you're back is the latest trend
I don't see what anyone can see, in anyone else
But you

I kiss you on the brain in the shadow of a train
I kiss you all starry eyed, my body's swinging from side to side
I don't see what anyone can see, in anyone else
But you

Here is the church and here is the steeple
We sure are cute for two ugly people
I don't see what anyone can see, in anyone else
But you

The pebbles forgive me, the trees forgive me
So why can't, you forgive me?
I don't see what anyone can see, in anyone else
But you

I will find my nitch in your car
With my mp3 DVD rumple-packed guitar
I don't see what anyone can see, in anyone else
But you

Du du du du du du dudu
Du du du du du du dudu
Du du du du du du dudu du

Up up down down left right left right B A start
Just because we use cheats doesn't mean we're not smart
I don't see what anyone can see, in anyone else
But you

You are always trying to keep it real
I'm in love with how you feel
I don't see what anyone can see, in anyone else
But you

We both have shiny happy fits of rage
You want more fans, I want more stage
I don't see what anyone can see, in anyone else
But you

Don Quixote was a steel driving man
My name is Adam I'm your biggest fan
I don't see what anyone can see, in anyone else
But you

Squinched up your face and did a dance
You shook a little turd out of the bottom of your pants
I don't see what anyone can see, in anyone else
But you

Du du du du du du dudu
Du du du du du du dudu
Du du du du du du dudu du
But you.

L'horizon turquoise

Ça arrive, des soirées comme ça. Des soirées où je n'ai pas envie d'être forte,belle et fière. Des soirées où entendre les voix de mes meilleures amies me donnent terriblement mal à la tête. Je n'avais pas envie d'afficher mon éternelle froideur, ma perpétuelle bonne humeur et d'acquieser gentiment aux blablas - leurs souffrances, leurs peurs, leurs complexes.

Je me suis promis, devant l'océan si grand et si bleu, au Costa Rica, il y a un an, de ne plus jamais me laisser abattre par la vie et par ses hauts et ses trop nombreux bas. Les deux pieds dans le sable, les larmes vaguement aux yeux, la peau brûlée par le soleil et les cuisses effleurées par les vagues, je me suis promis de m'aimer, peu importe ma réalité. Les tresses au vent, seule, mais entourée, je me suis juré de ne plus jamais avoir envie de mourir. Je me suis promis de voir encore plus d'océans, de pays, de fruits et de petits lézards.

C'est émouvant, avoir envie de vivre. Ça surprend, ça monte à la gorge et ça emplie entièrement et d'un seul coup toute la place réservée aux autres émotions. Tout à coup, pour la première fois de toute ma si courte vie, je m'aimais. Je m'aimais. J'en aurai pleuré, j'en aurai ris, si je n'avais pas été si émue. Je m'aimais. C'était si simple, et ça m'avait pris tellement de temps, d'années avant d'y arriver.

C'est le déclic, à partir de ce jour, de cet instant, je n'ai plus jamais eu envie d'être quelqu'un d'autre, d'avoir une autre tête ou un autre tour de taille. J'ai apprécié chaque matin, dormi comme un bébé chaque nuit, pleuré chaque fois où j'en avais envie, et j'ai aimé, j'ai aimé en me disant que demain, je n'aimerais peut-être plus. J'ai laissé faire la vie en sachant que j'étais prête à combattre, que mes gants de boxeuse n'étaient pas rangés très loin et que je n'hésiterais pas à les ressortir, au besoin.

Je ne m'embarasse plus de complexes, d'idioties de gêne ou de peur. Je compte jusqu'à cinq, je suis effrayée, je pleurniche pendant cinq petites secondes. Je m'autorise à avoir peur, à ne pas vouloir, à rechigner et à faire l'enfant gâté. Et après, ça va. Je me calme. Je-me-calme. Je garde la tête haute, j'hausse les épaules et je continue. Je ne peux pas faire autrement. Et j'apprends à aimer ma seule et unique présence, j'apprends à flirter avec la solitude. Ce n'est pas parce que je reste seule, un soir, que je n'ai pas d'amies et personne sur qui compter. J'ai choisi mes amis, mes amours, et j'ai éliminé le reste. J'ai suivi mes passions, et je n'ai jamais, jamais regretté de l'avoir fait.

C'est peut-être pour ça que le poids de leur torture mentale m'afflige. Que leurs bébittes me touchent. Que je suis bête, merde, oui. Je suis bête. Et dure. Et je coupe la parole, et je sème ma zizanie. Parce que je ne veux plus jamais être sous l'emprise d'un complexe, d'une peur, d'une gêne gênante. Parce que je ne suis pas la plus belle, ni la plus mince, ni la plus talentueuse, mais je fais mon bout de chemin avec ce que j'ai, et souvent, c'est suffisant.

Voilà. Ce soir, c'était une belle soirée, malgré tout. Je n'ai pas réussi à verbaliser tout ça, parce que je ne sais pas, parce que ce n'était peut-être pas le bon moment, parce que j'ai du sourire et faire comme si tout ça me passait des mètres au dessus de la tête. Mais non. Je les comprends. C'était moi, ça. C'était mes peurs, mes angoisses, mes complexes.

Mais plus maintenant. On ne rompt pas une promesse faite à l'éternel moment,à l'horizon turquoise.

On ne peut pas.